31 mars 2008

Réseaux sociaux : comment prendre le train en marche ?

Le lundi matin, c'est le moment de la mise à jour de sa "To-do-List" (comprenez "Choses à faire"). Certaines de ces fameuses "choses à faire" sont recopiées de semaine en semaine comme pour mieux repousser l'échéance, trop urgente et le contenu, trop difficile à attaquer.

Ainsi la ligne "Réseaux sociaux", revient chaque semaine mais comment prendre le train en marche ?


L'agence de communication Fallon vient de lancer ses "Fallon BrainFood", un déjeuner mensuel d'échange durant lequel les planneurs stratégiques du groupe explorent des tendances, des sujets économiques et des opportunités à saisir pour les marques.

Le dernier en date devrait vous faire gagner beaucoup de temps dans la compréhension des Réseaux sociaux ou les 10 choses à savoir !

Pour vous faire une idée, voici les deux slides de résumé : l'introduction et la conclusion.



Pour plonger directement dans le vif du sujet c'est ici sous slideshare.


Au-delà de leur Brain Food, je vous recommande vivement leur livre Juicing the Orange ! ou comment la réflexion créative devient un avantage compétitif.

28 mars 2008

E-bay : Vision ou Hallucination ?

Je n'ai pas pu résister à emprunter une des photos prises par Henri (Kaufman) durant son Geek Trip à San Francisco. Pour le suivre à la trace, c'est ici.

Hier, je parlais de la force de la visualisation...voici une preuve supplémentaire par l'exemple : ou comment l'une des entreprises les plus innovantes actuellement délivre sa vision en 1 slide, 18 mots et 5 concepts clés : Communautés / Commerce / Confiance / Inspiration / Occasions.

Est-ce de la Vision ou de l'Hallucination, à vous de juger ! On en reparle dans 3 ans, après leur prochain plan stratégique d'entreprise !

D'ici là, bon week-end !

27 mars 2008

Tout sur la visualisation en un clic

Visual Literacy est l'un des intervenants qui promeut activement la visualisation.

Quel est l'intérêt de la visualisation (déjà évoquée précédemment ici)? Partager un massage en simplifiant sa compréhension et son appropriation et capter l'attention en faisant émerger une information parmi la masse d'informations qui nous assaille quotidiennement.

Le poids des mots, le choc des...images en quelque sorte !

Après Toni Buzan (le pape des cartes mentales), Tom Wujec (Autodesk et membre de TED) a été l'un des premiers à faire passer le message "utiliser des images pour penser et innover".

Mais quand on a été "formatés" pour bien écrire, cela implique une vraie révolution de la pensée.

Voici l'outil qui peut vous aider à vous immerger dans cette nouvelle façon de penser. En cliquant, sur l'image en haut ou sur le lien ici, vous aurez ainsi le récapitulatif synthétique et remarquable des différentes visualisations possibles selon le type de contenu à présenter : des données, de l'information, un concept, une métaphore etc...

De plus, Visual Literacy a introduit des sous-segmentations pour vous aider à y voir vraiment très clair : selon qu'il s'agit de visualisations synthétiques ou détaillées, plutôt convergentes ou divergentes etc...

Avant de quitter leur site, jetez également un coup d'oeil à "The Stairs to Visual Excellence" ou la preuve par l'exemple tout simplement.

Si vous êtes déjà "accros", alors allez directement sur Vizthink pour suivre l'actualité de la visualisation et vous inscrire sur la communauté des VizThinkers.

Si vous n'êtes toujours pas convaincus, laissez-vous submerger par la vague en cliquant ici pour découvrir les 175 liens et meilleures ressources internet sur le sujet !


26 mars 2008

Grandir ensemble, c'est tout

J'avais déjà évoqué l'intention, courant janvier, du gouvernement anglais de constituer un Ministère à part entière dédié à la triade : Innovation - Universités et Compétences. La dénomination était déjà...innovante en tant que telle et bien signifiante du programme qui vient d'être publié.

Le programme complet de ce Ministère n'est pas uniquement ambitieux mais tout simplement brillant : clair, complet, précis et simple dans sa compréhension.

Ce livre ouvre la brèche vers la notion d'écosystème innovation : il traduit ainsi toute la complexité du sujet et de ses imbrications pour que l'écosystème vive... et grandisse aussi.

Voici l'ambition et les principaux engagements de ce projet qui aurait pu s'appeler "Grandir ensemble, c'est tout", le nouvel Humanisme économique (?) de ce début de siècle :
"L'innovation est une des plus grands défis à relever dans notre société, tout comme le réchauffement planétaire et le développement durable (...). Dans ce Livre Blanc, nous posons les fondations pour que l'Angleterre devienne le pays le plus innovant en matière de commerce et de services publics.(...) Le Gouvernement peut stimuler l'innovation mais seuls les hommes construiront cette Nation innovante que nous appelons de nos voeux."

Ensuite, vous avez le déroulé détaillé sur 100 pages et rien n'est laissé au hasard :
  • La prise en compte du nouveau visage de l'innovation : visible (la technologie...), invisible (process, le talent des hommes...), fluide et ouverte : de l'intérieur vers l'extérieur et inversement.
  • Le Gouvernement est là pour créer les conditions favorables au développement de l'innovation. Le document présente notamment des innovations réglementaires pour améliorer les flux entre les différentes parties prenantes.
  • Encourager l'anticipation des nouveaux besoins pour développer plus de produits/services innovants.
  • Soutenir l'innovation des entreprises avec des organisations-relais, des plates-formes collaboratives et des outils plus adaptés.
  • Se doter de base de données de gestion de l'information et de veille pour capter les nouvelles idées.
  • Conjuguer l'innovation à l'international car les savoirs, savoir-faires sont mobiles et fluides, il faut les partager et les attirer.
  • Etablir de nouveaux indicateurs d'innovation qui reflèteront mieux cette nouvelle réalité (prévus pour 2009).
Ce ne sont que les grandes lignes. Pour le corps du programme, vous avez différents niveaux de lecture possible selon votre profil :
  • Une synthèse de ce qu'est l'innovation aujourd'hui et de ses conditions (les hommes, les savoirs, les technologies, les process, les partenariats) au niveau d'une Nation mais l'analogie avec l'entreprise reste relativement aisée à faire.
  • Vous trouverez des pistes concrètes sur des sujets particuliers qui vous intéressent comme l'innovation à l'international ou comment adapter les universités/écoles...
  • Pour ceux qui travaillent en entreprise sur des projets innovants, ils pourront glaner ici et là des arguments imparables pour faire avancer leurs projets.

Bonne lecture !

Source : NESTEA.

24 mars 2008

L'innovation vue du ciel

L'essor fulgurant de Dubaï incarne à lui-seul une belle métaphore de la démarche innovation : diverger : voir autrement, imaginer l'impossible puis converger : exceller dans la concrétisation.

La partie "visible" pour tous touche à l'immobilier, pour la partie "invisible", la vidéo
ici - que je renommerai "l'innovation vue du ciel" - vous expliquera également toute la logique qui a sous-tendu la réflexion.

Une belle leçon simplifiée d'innovation de rupture !

Source image : dossier Dubaï, le JDN Management.

21 mars 2008

La laboïte aigüe

Laboïte aigüe : Nom féminin dérivé du mot "labo", lui-même dérivé du mot "laboratoire".

Symptôme développé par les marchés saturés et à la recherche éperdue de la voix du consommateur pour trouver de nouvelles idées...et ne plus se tromper.

La contagion est virale et s'attrape de préférence dans une conférence menée par un type qui vient de sortir un livre brillant avec des résultats probants.

Le signe visible pour savoir si vous êtes atteints : la mise en place d'une plateforme collaborative pour capter cette précieuse voix. Les dernières en date ?
Starbucks et Reuters (pour avoir une liste plus complète voir le billet Comment recueillir les idées de vos clients).

Au départ, il s'agit d'une excellente idée cette sorte de nouvel ERP de la créativité...qui permet d'intégrer le client final dans les étapes de développement produit/service mais le problème (depuis mes derniers commentaires sur ce sujet, cf supra) c'est que le concept est en train de devenir une fin en soi.

Comme toutes les fins en soi, l'entreprise se retrouve à collecter de nouvelles données, plus interactives, mieux personnalisées certes mais à collecter des données quand même. Le lab' ou le multicanal augmenté ?

Lost in translation ? Oui parce que ce que l'entreprise voulait au départ c'était discuter vraiment avec un client, l'écouter, se mettre à sa place, vivre un peu dans son univers et puis voilà les e-mails pour échange qui reviennent parce que cela fait trop de monde, trop de gens à écouter et pas le temps, trop de choses à faire.

Le traitement à suivre ? Si c'est viral, vous connaissez la réponse. Alors, laissez-vous séduire bien sûr parce que cela permettra à votre entreprise d'aller de toute façon un peu plus dans sa réflexion innovation.

Après, les lois de la pesanteur reviendront inévitablement et vous aurez envie de revoir un client, un vrai, d'entendre ses silences, ses hésitations et ses idées reçues.

Eh oui, mauvaise nouvelle, l'intelligence émotionnelle sera le prochain concept dans lequel vous devrez vous plonger pour vous soigner.

Bon week-end !

Source image : fotograph

20 mars 2008

L'innovation d'intérêt général, une goutte d'eau dans l'océan de la valeur ajoutée ?

20 mars : journée mondiale de l'eau et plus particulièrement journée de sensibilisation sur l'assainissement de l'eau.

L'accès à l'eau potable, pourtant source de vie, est loin d'être à la portée de tous, même en Europe. Au niveau mondial, ce sont 2,6 milliards de personnes (soit la moitié des humains) qui n'ont pas accès à l'eau potable (voir la synthèse UNESCO des
enjeux).

Cette journée révèle également...cruellement deux réalités :

  • L'une économique et sociale : l'eau, symbole de la fracture sociale et d'une vision différente de la rareté : espoir de vie d'un côté et miroir d'une société du désir de l'autre.


  • L'autre plus technique : l'innovation qui doit être soutenue par des organisations mondiales pour émerger, et l'autre qui émerge grâce à la publicité et à notre fameuse appétence insatiable.
Mais il ne s'agit pas de culpabiliser qui que ce soit mais de changer un peu de point de vue : deux réalités, deux contextes a priori ? Il subsiste pourtant une question essentielle de fond : quid de l'innovation d'intérêt général ?

  • Les Etats uniquement ? On a vu ce que donnait la taxe de solidarité sur les billets d'avion !

  • Les ONG ? Elles sortent du discours moralisateur mais quelles sont leurs capacités réelles de mise en oeuvre ?

  • Les fondations d'entreprise ? Que peuvent-elles à elles-seules ? Une goutte dans l'eau ?

  • Les nouveaux philanthropes comme Bill Gates ? dont l'apport financier est loin d'être négligeable mais soulage peut être trop facilement nos propres engagements ?
Moi, je suis un peu comme vous j'imagine, pas vraiment engagée mais fortement sensibilisée. J'ai regardé rapidement les fondations d'entreprise en France (que celles que j'ai oubliées se manifestent)... Beaucoup de projets autour du Co2...un peu du côté de chez Véolia, voir ici. La fondation Altran, quant à elle, propose vraiment une innovation au service de l'intérêt général. Et les marques qui nous vantent la jeunesse du corps et la vitalité ? RAS.

En résumé, l'innovation d'intérêt général sera l'enjeu du XXIème siècle tout court.
Avant que l'idée ne fasse son chemin, on finit par se dire "qu'est-ce qu'on peut faire" tellement le problème est énorme et inaccessible...et en général on ne fait rien dans ces cas-là.

Vous avez quand même envie de faire "bouger les lignes" ? Voici deux sites collaboratifs que cette journée aurait pû promouvoir :

Ideas That Can Change the World
Virgin Unite, pour vous faire une idée neuve du Charity Business
LifeSigns Network Bar du Claridge Hôtel à Londres

19 mars 2008

A quand les tests de personnalité pour les consommateurs ?

"Le Temps c'est de l'argent" dit l'adage. Les distributeurs et fabricants de tous bords savent très bien s'appliquer ce précepte à eux-mêmes (optimisation des process et regard rivé sur la marge) et essaient également de le diffuser à leurs clients en simplifiant les connexions grâce au multicanal et aux informations produits ou services simplifiées et interactives.

Il semblerait que le Temps, déjà bien employé en marketing pour accroître l'attractivité prix d'un produit : "les prix de lancement", "les prix dernières minutes", "les prix heures creuses" etc... se pare de nouveaux atours.

Le Temps ne relève pas que de la perception externe mais aussi de l'interne, la fameuse Horloge interne ou biologique sur laquelle surfent depuis quelques temps les fabricants de cosmétiques (crème pour le jour différente de celle pour la nuit) et vendeurs de programmes minceur avec le chrono régime et la
chrono nutrition.

John Rosen et Anna Maria Turano, dirigeants de l'agence MCAWorks, livrent leur expertise accumulée au fil des ans sur la sensibilité client au Temps et propose un nouveau concept le "Stopwatch marketing" que je traduirais (assez mal) par "le marketing chronobiologique" ou l'art d'adapter ses messages au client selon son rapport au Temps.

Ils démontrent que les entreprises qui ne se contentent pas d'appliquer le Temps aux caractéristiques de leurs produits mais les réintégrent dans l'analyse du comportement client sont plus rentables.


La méthodologie "chrono marketing" qu'ils préconisent peut se résumer en 3 points :
  1. Définir le style d'acheteur : commencer par recueillir des informations sur combien de temps et d'énergie votre client passe à prendre sa décision puis à acheter.

  2. Déterminer ensuite quel est votre style d'acheteur idéal pour votre marque/enseigne...

  3. Enfin, aligner la stratégie marketing et opérationnelle sur la mise en perspective externe et interne pour capter l'attention du client au moment où il a le plus de chances d'acheter : le bon message au bon moment et à la personne (différent de la notion de client).
Concrètement, les deux auteurs ont défini 4 profils d'acheteurs "les impatients", "les hésitants" (qui achètent quand ils le doivent vraiment), "ceux qui se donnent du mal" (ils rechercheront jusqu'à ce qu'ils trouvent la meilleure offre qui leur correspond), "les récréationnels" (ils aiment prendre leur temps et s'amuser).

Ensuite, ils ont croisé leur typologie avec les marchés. La conclusion ? Un client n'a pas le même comportement d'un univers à l'autre (NDLR : on pouvait s'en douter!). C'est un peu plus subtil en réalité.

Néanmoins, l'étude comporte quelques limites : les études Usages et Attitudes peuvent offrir ce genre d'informations ou des données approchantes en termes de comportement d'achat...il est parfois difficile pour les entreprises de réellement les exploiter.

Les bonnes raisons de lire ce livre :

  1. Une bonne occasion de se mettre à la place du client et de mieux comprendre :
    - qu'il n'est évidemment pas monolithique et surtout qu'il est une personne (!) Comment je m'adresse à une personne par rapport à un client ?
    - que la sur-information auquelle vous soumettiez peut-être vos clients, même consentants (marketing de la permission)...tue la bonne information.
    - qu'il y a une vie avant le client et que l'enjeu consiste aussi à savoir mieux servir ses prospects !

  2. Grâce aux exemples concrets fournis, vous y trouverez de bonnes idées à...adapter !

Dans la logique des tests de personnalité utilisés en entreprise (styles de leaderhip etc...), à quand tout simplement le vrai test de personnalité pour les clients (pas uniquement l'étude quantitative classique), en toute transparence ?
Vous rendriez service à vos clients en leur offrant leur "profil acheteur" et à votre entreprise aussi.

Vous pourriez même l'utiliser comme une charte d'engagement et de confiance...pour mieux les servir.

Après le règne de "c'est moi qui l'ai fait", bienvenu dans le "connais-toi toi-même pour mieux acheter" ! Sans oublier qu'acheter, c'est acheter trois fois : avant, pendant et après !

18 mars 2008

L'amour (du) gratuit

Trendwatching sort ce mois-ci une analyse au titre volontairement raccoleur "Free Love".

Après la menace des MDD (Marques de Distributeurs), du "pour 1€ de plus, vous avez tel accessoire complémentaire", puis des "Low-Costs", c'est le non-prix qui devient le gros point d'interrogation de bon nombre d'entreprises : comment lutter contre le gratuit ? Comment faire du gratuit en restant rentable ?...

Quelles sont les raisons de cet engouement ? Trendwatching nous a sélectionné les 6 raisons suivantes ainsi qu'un panel des dernières libertés que se permettent certaines marques. Vous pouvez les visionner gratuitement (!) dans le dossier Free Love. :
  • La guerre des marques pour capter à tout instant l'attention du consommateur, qui en devient saturé, avec les techniques d'échantillonnage par exemple pour tester gratuitement.
  • Internet et ce qu'il ouvre comme possibles : créer, copier, distribuer...gratuitement. La contrepartie des business modèles issus de l'internet c'est le besoin grandissant de publicité pour financer cette gratuité.
  • La diminution des coûts de production ( selon l'étude des données du travail aux Etats Unis, les prix des téléviseurs ont baissé de 9% chaque année depuis 1998) qui permet de proposer des prix bas.
  • L'avalanche de contenus gratuits par la génération C (la génération du contenu) qui échange au lieu de vendre et rend l'échange neutre.
  • L'émergence de la culture du recyclage : pourquoi acheter si je peux réutiliser ?
  • Et, par dessus tout, des consommateurs de plus en plus exigeants, très informés et cherchant la meilleure offre...gratuite.

Le concept de "gratuit" ou "utilisation libre" induit de nouvelles subtilités de langage sur lesquelles les marketeurs de tous bords n'ont pas manqué de plancher : "gratuit", ce n'est pas "illimité", ça l'est jusqu'à un certain point car il y a des contraintes visibles (plus de publicités, le "soft" est gratuit mais le "hard" est payant ou inversement selon les secteurs, ) ou moins visibles (je consulte gratuitement mais j'accepte de rentrer dans une communauté, n'est-ce pas une autre forme d'aliénation ?)...

Tout est là, le gratuit encourage d'autres formes de pratique, de consommation mais surtout de perception.

Et sur la notion de perception (qui, à mon avis, est l'un des vrais éléments de réponse à la problématique du gratuit), on touche un peu le néant : c'est bien uniquement si c'est gratuit ? ou qu'est-ce qui doit être gratuit dans l'offre, à quel moment, pour qu'elle soit attractive ?

Pour éviter les raccourcis, inévitables face à ce genre de raz de marée, je vous invite à lire ou relire l'article de l'INRA : "le goût du vin...dans nos têtes".

L'article cite différentes études menées autour du vin et de sa perception par un dégustateur en fonction de la marque. Le résultat ? L'origine, si elle est précisée, affecte la perception.

Cette expérience, déjà réalisée dans d'autres univers de consommation (Mac Do l'a récemment expérimentée pour se rassurer sur le goût incomparable de ses frites), est particulièrement intéressante dans l'univers du vin puisque ce breuvage incarne à lui seul toutes les expériences sensorielles.

Elle vous semble déjà bien galvaudée l'expérience consommateur ? Peut-être parce que, pour l'instant, elle reste souvent bidirectionnelle et peu dynamique. Par exemple, je rentre dans un point de vente qui me plonge dans un univers particulier ou j'achète en ligne plus simplement ou je construis mon offre sur un référentiel pré-défini.
Mais cette expérience est construite au préalable (via co-création avec consommateurs), elle n'évolue pas en direct.

Au-delà du gratuit, il faudra repenser la chaîne de valeur expérience : ce qui doit être gratuit ou non et à quel moment ou pour quelles utilisations. Quant à ce qui sera payant, il relèvera désormais de l'alchimie propre au vin comme l'explique ci-dessous l'INRA :

" La première idée à accepter est que le goût ou l'odeur du vin, ou de n'importe quel produit, n'existent pas en eux-mêmes mais ne résultent que de l'interaction de certaines molécules présentes dans le vin avec nos récepteurs sensoriels, gustatifs ou olfactifs.

Cette constatation a pour conséquence que le goût et l'odeur perçus sont fonction de notre équipement personnel en récepteurs sensoriels. Cet équipement, génétiquement déterminé, varie d'une personne à l'autre. Son activation engendrera donc des signaux différents suivant les individus, y compris les dégustateurs les plus avertis."

Lancer des nouveaux produits ou services demain obligera les entreprises à aller plus loin dans l'analyse de la dynamique : expérience attendue/perçue/construite par le client à mettre en perspective avec l'expérience voulue/réalisée en interne ou en co-création.

Cette analyse comprendra du "gratuit" mais bien d'autres nouveaux éléments de valeur ajoutée !

14 mars 2008

C'est tout

Cela s'appelle-t-il du néo-fordisme ou l'effet Tata Nano , la voiture la moins chère du monde fabriquée en Inde pour les pays dits "émergents"?

A coup sûr, l'expression "c'est tout" va rythmer au moins les cinq prochaines années. Soyons plus précis :

Ce n'est que le début de la liste.

C'est tout et c'est beaucoup parce que, malgré leur aspect basique", ces produits restent à la pointe de l'innovation en matière de ressources ou de business modèles.

Dans le cas du Spice, il est équipé des dernières technologies mais ne dispose ni de clapet, ni d'écran, pas de choix de couleurs, de grosses touches.
Pour ce qui concerne la Tata Nano, pas d'air conditionné, ni radio (ni préoccupation environnementale !) mais un design modulaire, une sorte de voiture-kit, qui lui permet d'être assemblée en différents endroits du pays (l'Inde).


Plusieurs analyses peuvent être faites...
  • Les nouveaux marchés sont les pays dits "émergents" mais au prix du gratuit ou presque. Au lieu de bannir une tendance inéluctable, utilisons la comme contrainte d'innovation pour trouver des alternatives ou comme le prédit Chris Anderson, "au-delà du gratuit, le payant" inéluctablement. Même si cette notion de payant doit désormais être réinventée.

  • La valeur ajoutée consiste aussi à savoir faire plus avec moins.

  • Repassez par la case "contexte" avant d'être "centré consommateurs" pour être sûr de ne pas râter quelque chose que vous ne voyiez/cherchiez pas, comme le dit très métaphoriquement la dernière campagne des transport londoniens afin d'inciter les automobilistes à faire attention aux cyclistes. A visionner ici (ou en cliquant sur l'image à droite).
Mais elles mènent toutes à une même conclusion : il est temps de fluidifier le passage d'un hémisphère à l'autre, droit et gauche, nord et sud...c'est tout !

13 mars 2008

SAP diversifie...trop tôt ?


Qui ne connaît pas SAP, le leader mondial des progiciels applicatifs pour les entreprises ?

On peut citer cette entreprise comme l'exemple de l'innovation continue même si on la trouve rarement dans les classements "en vue" car ses produits s'adressent à une cible BtoB (les entreprises).

Pourtant, depuis plus de 30 ans la petite start up allemande a parcouru bien du chemin...qui mérite un petit détour :
  1. Au début : tout part d'un constat...pragmatique.

    Cinq cadres d'IBM constatent que toutes les entreprises clientes des sociétés informatiques leur faisaient développer des logiciels complets qui se ressemblaient.

    Ils imaginent alors la conception d'un outil de gestion standard adaptable à toutes les entreprises.

    Mais IBM ne croit pas en leur projet car dans le contexte informatique de l'époque, l'entreprise cliente cherche d'abord les meilleurs ordinateurs avant de penser aux logiciels.

  2. Mais ils croient en leur projet et cherchent un premier client intéressé pour donner corps à leur idée de départ :

    Le client sera ICI et ils développent un premier progiciel de gestion des immobilisations pour celui-ci.

  3. Ils élargissent leur gamme de services aux autres besoins des entreprises :
    En priorité vers leur savoir-faire, le "back office" avec des progiciels de gestion des achats, stocks, factures. C'est la naissance de l'ERP ou PGI (
    Progiciel de Gestion Intégré).
    Puis SAP s'intéressent aux autres besoins complémentaires des entreprises, le "front office", ils font alors évoluer leur offre vers des offres de type CRM (Gestion de la Relation Client).

  4. Fort de son savoir-faire, SAP commence à s'internationaliser (Pays-Bas, France, Etats-Unis).

  5. SAP développe tout un réseau de partenaires en amont et en aval, créant un véritable écosystème SAP : pour traiter notamment l'intégration de leurs progiciels (cabinets de conseils, SSII etc...), pour anticiper l'évolution de l'environnement de leurs clients (un exemple récent avec le partenariat SAP et Business Objects).
    Pour en savoir plus sur leur programme de partenariats, c'est ici.

  6. Leur problématique actuelle : développer leur savoir-faire sur de nouveaux marchés et de nouvelles cibles, changer leur image de "partenaire pour les grands comptes".

    Ils commencent à s'implanter sur le médical par exemple et viennent de présenter au CEBIT 2008 une innovation intéressante, le logiciel HELP (via Australian IT).

Pour simplifier, ce logiciel est dédié aux consommateurs (nouvelle cible pour SAP) et, téléchargé sur un téléphone portable, il permet au client d'un supermarché de rentrer sa liste de courses et ensuite de choisir parmi les modalités suivantes :

  • repérer visuellement sur son écran où se trouve le produit souhaité dans le magasin
  • déterminer les marques disponibles et les prix

L'objectif consiste à rendre Madame Michu aussi efficace et productive que Monsieur Durand dans son entreprise.

Qu'ont dit les distributeurs en voyant ce nouveau progiciel ? Trop cher et irréaliste car ce progiciel suppose que le magasin soit équipé complètement (produits, allées etc...) de puces RFID.

Irréaliste jusqu'à quand : deux ans, cinq ans ? C'est un peu la question que l'on peut se poser et pour voir les avancées (à pas de géant) en matière de RFID, cliquez ici.

Je vous laisse deviner la suite...reprenez au début de l'histoire !

12 mars 2008

Chindôgu ou l'Art d'innover inutilement

On sait la méditation silencieuse profondément ancrée dans la culture japonaise. Celle-ci a été largement vulgarisée depuis via le concept de "zen", ce détachement de toute agitation du monde.

Plus récemment, sous l'impulsion de l'alter consommation, le concept zen est même devenu synonyme de "simplicité" dans les esprits : se transformant en véritable art de vivre et de penser.


Mais qui sait qu'au pays du Kaizen on a aussi le sens du pied de nez ?

Pour dénoncer la tyrannie de la société de consommation qui encourage à acheter des gadgets inutiles, utilisables mais pas toujours utiles, Kenji Kawakami, une sorte de Naomi Klein japonais, a créé le
Chindôgu dans les années 80. Il dirigeait alors un magazine de consommation à Tokyo, Tshuhan Seikatsu. C'est dans les pages de ce magazine que le chindôgu est né.

Le Chindogû, en résumé, c'est l'art de créer des gadgets absurdes et inutiles pour simplifier la vie de tous les jours : «Il s'agit d'un gag visuel au-delà du langage. Un objet dramatiquement drôle, car il résout un problème mais en engendre un autre plus compliqué», explique Dan Papia, président de la Société internationale de chindôgu.

Vous voulez être étonné, rire ou vous interrogez ? Pour voir plus d'exemples de réalisations chindogoiesques, cliquez
ici.

Pour bien comprendre le concept et l'art subtil et très sérieux du chindôgu, voici les 10 préceptes edictés par son association internationale :
  1. L'inutilité tu rechercheras : un chindôgu ne peut être utilisé , l'invention doit être (presque) complètement inutile. Si un chindogu devient utile et employé par tous, vous avez échoué: allez faire breveter votre produit!

  2. Lui donner une existence tu t'évertueras : un chindôgu doit exister, vous ne pouvez l'employer mais vous devez le construire. Pour être inutile, il doit d'abord exister physiquement et vous devez imaginer les gens en train de l'utiliser.

  3. L'anarchie tu cultiveras : les chindogus sont des objets manufacturés qui échappent au dogme de l'utilité. Ils représentent une liberté de l'esprit et de l'action: le droit d'être (presque) inutile.

  4. Universel et simple Un chindogu est fait pour un usage quotidien : il doit être compris par tous, sans devenir technique ou complexe et donc réservé à des initiés.

  5. Chindôgu tu ne vendras point .

  6. Dans l'humour, tu ne t'enfermeras pas : l'humour ne doit pas être la seule raison de créer un chindogu: il s'agit avant tout de trouver une solution à un problème. L'humour est le fruit d'une solution élaborée ou non conventionnelle à un problème qui ne nous apparaissait pas directement.

  7. De la propagande, tu t'éloigneras : un chindôgu est innocent, créé pour être utilisé, même s'il ne peut être utilisé.

  8. Les tabous, tu banniras : un chindôgu n'est jamais vulgaire, sexuel, cruel ou irrespectueux de la société.

  9. Le Chindôgu tu partagereas : un chindôgu ne peut être breveté, il doit être offert au monde, il est pour tous et ne peut être protégé par des brevets.

  10. Des préjugés tu feras table rase : un chindogu ne favorise ni une race, un sexe ou une classe, il doit pouvoir être apprécié par tous.


En résumé, pour tous ceux qui travaillent sur des innovations incrémentales ou non, le Chindôgu peut être pris à la lettre :

  • comme garde-fou pour éviter la sur-innovation et comme technique pour éviter la fausse bonne idée (reprenez les 10 préceptes et inversez),
  • pour préparer votre argumentaire de vente d'une nouvelle idée (idem ci-dessus),
  • comme état d'esprit créatif au moins 10 minutes par jour...car l'inutilité, ce concept en est la preuve, est pavé de...bon sens !

Je réserve la conclusion à Kenji Kawakami :
"Chindogu is the symbol of freedom, a free soul is needed to think of chindogu, to think of stupid, crazy things. You can never do it with common sense alone."

11 mars 2008

Le portage, statut de l'entreprise 2.0

On parle beaucoup d'entreprise 2.0, de collaboratif, de réseaux réels (formels) et virtuels (informels), et cela implique évidemment des modes de fonctionnement nouveaux qui posent des problèmes juridiques dont on parle assez peu en revanche : quels contrats pour partager des bonnes pratiques et jusqu'où les partager ? Comment permettre à un collaborateur de s'immerger dans une autre entreprise pour un benchmark ? Comment faire "travailler" ses clients et mieux les intégrer en interne ? etc...

Si le concept de "société de confiance" (le gagnant-gagnant, la solidarité, la responsabilité sociale...) prend de l'ampleur, pour l'instant elle bouleverse essentiellement les états d'esprit (comment faire confiance dans une société basée sur la défiance ?) et le business modèle de certains marchés (Radiohead et la mise en vente de son dernier album sur internet laissant libre choix à l'acheteur de payer le prix qu'il pense être juste ou de ne rien payer).

Est-ce que la confiance peut s'insérer dans un cadre juridique ? Avec des accords de confidentialité ou de non-divulgation comme disent les anglo-saxons peut-être.

Pourtant, la confiance devra s'intégrer demain dans l'entreprise et il reste encore beaucoup de chemin à faire. Pourquoi ? Parce que les nouveaux modes de fonctionnement cités plus haut et nécessaires au maintien des entreprises dans des contextes ultra concurrentiels ne peuvent pas être greffés sur le modèle actuel.

Le modèle actuel repose, en effet, sur un postulat bidirectionnel : l'entreprise et le salarié, chacun étant lié à l'autre par des obligations, des avantages et aussi des contraintes.
Or nous vivons désormais dans un monde transversal.

J'en viens à un exemple concret pour illustrer mes propos : l'accord de modernisation du marché du travail et le "crépage de chignon" entre les sociétés d'interim et de portage salarial (voir l'article des Echos ici).

Pour résumer l'enjeu, les deux systèmes "mettent à disposition des entreprises des travailleurs (interimaires pour le premier, professionnels autonomes), qu'elles emploient via un contrat de travail. La différence, c'est que le "porté" doit trouver lui même ses missions, mais peut aussi effectuer différentes missions en même temps (dans la limite horaire mensuelle légale).

Les sociétés d'interim veulent en quelque sorte réintégrer dans leur giron l'activité qu'elles n'ont pas su ou voulu développer (le portage serait hors la loi), mais qui leur occasionne une forte concurrence sur une cible dont les émolluments permettent de toucher de bonnes commissions.

Interim ou Portage, le fond du débat consiste déjà à se demander "comment revaloriser ces parcours" jugés négativement par les salariés et entreprises alors que l'avenir du travail ne prédispose plus à "une entreprise pour toute la vie professionnelle".

Sur le portage plus particulièrement. Bien sûr, le système du portage mériterait de nettes améliorations (notamment sur la gestion des profils et la sécurisation des parcours) et pourtant, c'est le système 2.0 par excellence ! Le "porté" doit être transverse et agile par essence :

  • il définit ses compétences et apprend à les vendre,
  • il travaille pour différentes entreprises et il élargit son expertise et sa connaissance de nouveaux marchés (plutôt que de travailler 10 ans sur un même univers),
  • il est lié par des accords de confidentialité,
  • il produit du résultat...s'il veut trouver de nouveaux clients,
  • il choisit avec qui se lier...

Demain, je crois que les entreprises et les instances politiques devront réflechir beaucoup plus sérieusement à ce vivier d'expertises et à cette notion de flux de connaissances. La compétitivité 2.0 se jouera sur ce point.

Je ne suis pas en train de dire qu'il faut supprimer les CDI, mais qu'il faut préparer le terrain de demain et créer un volet plus important en interne de "ressources mobiles".

Pour preuve, à plus petite échelle, des personnes de ma génération cherchent aujourd'hui des modalités juridiques autres que celles que l'on veut encore nous imposer : pour travailler autrement en mutualisant des moyens et des connaissances, en se faisant confiance tout en gardant nos autonomies, en collaborant sans nous enfermer.

Le portage ouvre une brèche ...dans le monde du travail : le système n'est pas parfait mais il sous-tend les aspirations à venir...Voilà un concept qui ne mérite pas d'être tué pour de fausses barbes et autres idées reçues mais d'être largement amélioré et adapté. Vite, très vite.

10 mars 2008

L'innovation a deux têtes...mais un seul objectif : être concrète !

En matière d'innovation (comme dans bien d'autres domaines), on aime bien les dichotomies (qui perdurent) et surtout celle de l'innovation radicale versus l'innovation incrémentale.

La première s'attachant à créer de nouveaux marchés, nouveaux process et nouveaux modes de consommation tandis que la seconde permettrait d'améliorer en continu les produits ou services rendus et les process de l'entreprise.

Jusqu'à présent, l'innovation radicale faisait plus couler d'encre (et plus vendre ?) parce qu'elle était associée à l'effet "nouveau-nouveau", à savoir le "produit" sorti de nulle part ou ayant bénéficié de 15 ans de recherches. Alors que l'innovation d'amélioration était souvent rangée dans l'appellation mercatique de "nouveauté" qui sert à amortir les efforts d'innovation et autres investissements sur une gamme de produits.

Et si on se plaçait du point de vue du client et/ou du non-client, qu'est-ce qu'on verrait ?

Que Toyota, le champion de l'amélioration continue (méthode Kaizen et Six Sigma) est l'une des entreprises les plus innovantes alors qu'elle investit moins en R&D que ces concurrents directs mais surtout qu'elle est le leader du marché automobile.

Que les vendeurs à la criée sont de retour dans les gares : pour relancer les ventes des quotidiens face au succès des journaux gratuits et parce que "les lecteurs ne font pas de détour de leur chemin habituel pour acheter un quotidien".

Que les cafés où l'on aime bien prendre son petit "noir" proposent désormais le premier expresso à emporter, le "Lavazza Go".

Qu'en Asie, sur les 10 best-sellers édités en 2007, 5 ont été écrits... sur mobiles et que les "portablécrivains" sont de plus en plus nombreux .

Cherchez le rapport entre ces exemples ? Radicales, incrémentales ces stratégies ? Personnellement, je dirais "élégantes" pour reprendre l'expression de Matthew E. May de Toyota et auteur de “The Elegant Solution: Toyota's Formula for Mastering Innovation".

Qu'est-ce que cela signifie "élégance", quand on parle innovation ? Créativité, simplicité, intelligence, subtilité, approche économique et qualité.

En plus détaillé, voici les 10 principes Toyota pour rendre l'innovation concrète...de façon radicale et incrémentale :

1. Apprenez en permanence.

2. Apprenez à voir : les solutions "élégantes" viennent souvent des clients (NDLR : des non clients aussi) : "sortez plus et allez voir comment ils vivent dans leur univers, pour détecter les besoin latents et émergents".

3. Adaptez votre idée au moment présent (la bonne idée au bon moment).

4. Pensez avec des images :“Transformez visuellement vos intentions vous serez surpris de la force de vos idées". A ce titre, j'en profite pour vous recommandez vivement la lecture de "The back of the napkin : solving problems and selling ideas with pictures".

5. Capturez l'intangible : “Les solutions les plus fortes relèvent souvent du domaine de la perception et de l'émotion.” C'est la raison pour laquelle les marketeurs doivent être dotés d'intuition et de capacité à lire dans l'esprit de leurs clients.

6. Donnez-vous des limites : les contraintes obligent à l'ingéniosité.

7. Sachez reconnaître et comprendre vos erreurs pour innover.

8. Appuyez-vous sur des faits et des chiffres : sachez calculer les risques, les probabilités de succès, d'erreurs et sachez tirer les leçons des précédents projets.

9. Pensez à la fois Rigueur et Intuition.

10. Pensez "simplicité" : l'innovation vient plus facilement quand les process et applications sont simples à utiliser.


Source image : fotograph.