30 mai 2008

Bienvenus dans l'E-futur !

Comment s'écrira le futur de vos marchés ? Avec un "E" sans aucun doute : E-Futur !

Pour vous offrir la dernière balade exploratoire de la semaine, il n'y a qu'un clic pour découvrir le dernier rapport de l'
OFCOM (Office of Communications).

Le rapport délivre une synthèse des domaines investigués en 2007 et 2008 par l'organisme.

D'une vision panoramique ("le spectre") sur le monde e-connecté, l'OFCOM décrit les applications possibles dans deux domaines spécifiques : les e-transports et la e-santé, vous lirez le détail des technologies en jeu : les DSA, les Wireless Sensor Networks, RFID etc...pour finir avec quelques recommandations d'usages.

Le sujet reste parfois un peu technique mais si vous consultez les parties consacrées aux futurs e-secteurs, les informations vous seront plus accessibles.

Restez e-connectés sur leur site car l'OFCOM devrait introduire de nouvelles analyses de e-secteurs l'année prochaine !


PS : A noter l'objectivité de l'étude : ce rapport résulte de l'aggrégation et de la synthèse d'études commanditées auprès d'organismes extérieurs et vers des cibles très diversifiées en ligne avec les objectifs de recherche de l'OFCOM.


29 mai 2008

24 outils stratégiques pour explorer le futur

Toujours un pied dans le futur aujourd'hui avec un site qui intéressera vivement tous ceux qui cherchent à "dessiner" le futur.

Le
Foresight Department of the UK Government Office for Science vient de mettre à jour sa boîte à outils pour scanner le futur et c'est remarquablement bien fait.

Vous y trouverez non seulement les explications très simples sur chacune des méthodes possibles, ainsi que des conseils d'applications mais aussi des études de cas très opérationnelles.


Bon futur !

28 mai 2008

Le futur ne recule jamais

En matière d'inspiration prospective (au sens générique du terme), on vous recommendera souvent de lire des romans ou d'aller voir des films de Science-Fiction.

Le film "
Minority Report", sorti en 2002, ne présentait-il pas déjà l'utilisation tactile des écrans que nous retrouvons aujourd'hui sur l'I-Phone d'Apple ou avec le Surface de Microsoft ? (A noter que l'écran tactile était déjà commercialisé en 2002 par la société Redwood City).

On pourra encore vous recommander des "cahiers de tendances" qui vous présenteront les modes de consommation, les technologies, les comportements etc...à venir.

Je vous propose aujourd'hui de jeter un coup d'oeil à une autre source d'inspiration plus inattendue évidemment, l'humour via les bandes dessinées de
Voutch.
Je ne cite que les deux dernières : "
le futur ne recule jamais" (2006) et "le doute est partout" (2008).

Vous pouvez utiliser "le futur ne recule jamais" comme source d'inspiration prospective.

A la première lecture, vous trouverez ça amusant, drôle ou hilarant selon votre sens de l'humour et/ou votre réceptivité à son sens de l'humour et à sa façon de croquer "la vie quotidienne".

Les sujets sont traités comme des hyperboles...à regarder de près. Voici l'une des techniques possibles :
  • Sélectionner l'un des dessins qui vous a fait le plus rire (parce qu'inconsciemment il vous a fait penser à une situation personnelle ou professionnelle que vous connaissez bien).

  • Lister ce qui vous a semblé drôle...et "décortiquer" le mécanisme très simplement avec la méthode des "pourquoi ?"

  • Si je prends l'exemple du dessin ci-dessus, ce qui peut me faire rire surtout si j'exerce dans l'univers de la santé, c'est :
    "le fait que le médecin demande à Google le diagnostic à établir".
    - Pourquoi ?
    "Parce que Google n'a pas de liens avec la médecine ou les médecins"
    - Pourquoi ?
    "Parce que Google est un moteur de recherche d'informations générales pas spécifiquement liées à l'univers de la santé, ni au diagnostic"
    -
    Pourquoi Google ne ferait-il pas du diagnostic puisque le moteur sait trouver les informations sur requêtes ?
    Et oui, pourquoi pas ?

L'autre utilisation envisageable, notamment pour les autres albums de Voutch, consiste à sélectionner également le dessin qui vous a fait le plus rire.

Après, vous prenez du recul (l'humour ça sert aussi et surtout à ça !).

Et alors ? Vous trouverez peut-être une nouvelle façon de résoudre des problèmes quotidiens personnels ou professionnels comme la réunionite aiguë à droite.

Dernier usage possible, pensez également à recruter un Voutch pour vous faciliter la compréhension de votre marché !


Source images : Voutch

27 mai 2008

De nouvelles conversations de marques à inventer

Après avoir proposé une autre approche des connections entre marques (ici), voici également une autre façon d'interroger le sens d'une marque proposée par Jane (pour voir la journée au complet, cliquez sur l'image ou sur le lien).

Jane s'est, en effet, amusée à mettre en perspective les marques qu'elle utilise tout au long de la journée et/ou simultanément selon les moments.

La question qui se pose au regard de ce "listing" : une marque peut-elle continuer à vivre sa vie seule dans un monde d'expériences de marques ?

Alors que les marques s'interrogent sur ce que veulent vraiment leurs clients, peut-être devraient-elles aussi considérer, de façon plus générique, ce que leurs clients veulent vraiment à un moment donné...ou comment faire émerger les "conversations" possibles entre marques et pas uniquement les interactions de contexte expérientiel.

Si les marques n'ont de cesse d'écouter les conversations, c'est aussi à elles d'en créer de nouvelles en transformant leurs concurrents directs ou indirects comme des "enamis" (frenemies en anglais) à un instant donné de consommation.

Jusqu'à présent les rapprochements de marques ne sont pas des conversations (Nike + Apple par exemple ou les promotions croisées entre marques d'un même groupe ou d'un même univers).

Les conversations de marques consisteraient à proposer des solutions communes ou des solutions qui s'enchaînent plus facilement.

Que peuvent raconter Nescafé & Kellogg's ou Casio et Lancôme ? A vous, marques, de l'imaginer !

26 mai 2008

La pensée de Warhol revisitée

Un billet qui se passe de commentaires, juste pour illustrer comment les idées de demain peuvent paraître aujourd'hui saugrenues, voire inimaginables.

Source :
Gapingvoid

21 mai 2008

Bugaboo réinvente les poussettes

C'est l'histoire de deux demi-frères, l'un designer qui avait des idées un peu nouvelles sur la poussette et l'autre médecin.

De leur point de vue, les poussettes semblaient souvent conçues pour le confort des enfants mais au détriment de la praticité et de la mobilité pour les parents.

Leur différence : créer des poussettes vraiment confortables, simples, pratiques et ludiques pour se balader en famille.

Leur design ayant été jugé trop révolutionnaire par les fabricants établis, ils décident en 1999 de lancer leur projet eux-mêmes.

Bugaboo (monstre imaginaire qui fait peur aux enfants) était né.

Pour découvrir leur différence, le plus simple consiste à plonger dans leur univers de marque, je vous recommande vraiment le parcours suivant :
  1. Cliquez sur l'image en haut pour voir la vidéo de présentation de leurs produits sous un angle comédie musicale version poussettes, une communication plutôt décalée et efficace !

  2. Baladez-vous sur le site Bugaboo pour vous faire une idée plus précise de leurs produits, des services associés : ne passez pas à côté des Bugaboo daytrips ou comment allier mobilité, poussette et art, enfin un petit clic sur leur onglet recrutement "work at Bugaboo" ou comment raconter l'expérience d'une journée chez Bugaboo.

    Si Bigaboo pouvait inspirer les fabricants de chaises roulantes ! Cela ne changerait pas le problème de fond pour les patients mais apporterait certainement une vraie valeur ajoutée d'usage.

    Roulez, les idées !

20 mai 2008

160 mots pour parler couramment français/client

Ce week-end, j'ai été attirée sur un étalage surchargé d'ouvrages généralistes par un livre assez étonnant pour plusieurs raisons.

La première concerne le titre "
mini dictionnaire bilingue français-chien ou les 160 mots pour apprendre à parler chien couramment " (plutôt amusant).

La seconde tient au tampon caution (cher aux acteurs des produits de grande consommation ou PGC) : "lu et approuvé par les chiens".

La troisième tient au contenu (que j'ai feuilleté rapidement je l'avoue) mais très pédagogique pour tout propriétaire d'un chien (je ne le suis pas).

"Premier dictionnaire bilingue qui parle à la fois chien et à la fois maître, cet ouvrage décode tous les comportements et situations de la vie quotidienne passés en revue "côté humain" et "côté chien", à travers 160 mots-clés classés de A à z : aboiement, agression, bain, caresse, dépression, fugue, mais aussi bébé, chômage, fauteuil, facteur, voiture. En plus, une centaine de dessins savoureux illustrent avec humour la relation tendre et parfois conflictuelle entre ces deux éternels compagnons."

Evidemment, vous devez penser que je ne devais pas être complètement dans mon état normal ce jour-là. Possible.

Ensuite, j'ai pensé que ce genre d'ouvrage pourrait fort bien être utile pour les entreprises (de pire en pire !). Pourquoi ?

Il s'agit juste d'un petit jeu d'analogie simpliste pour les entreprises centrées/orientées/arqueboutées clients : et si celles-ci rédigeaient en interne leur dictionnaire "français-client" ou les 160 mots pour apprendre à parler clients ? Lu et approuvé bien sûr par ceux-là mêmes.

Pour en finir avec les analogies, ne dit-on pas qu'il n'y a pas de relation client mais que des preuves de relation ?

19 mai 2008

Changer de paradigme

Innover, c'est changer de paradigme ou changer de façon durable les règles du jeu établies, acceptées et suivies par tous les acteurs d'un marché, d'un projet, d'un produit, d'un service, d'un événement...

Pour repenser ces règles du jeu, il faut, en priorité, les comprendre. Pour les comprendre, il faut avoir une vision objective de qui sont les parties prenantes (dont vous), quelles sont leurs interactions, leurs forces et faiblesses, comment elles s'inscrivent dans une chaîne de valeur ou non, quelles sont leurs attentes évidentes et tacites, quelles sont les différentes micro et macro tendances à venir qui peuvent influer sur ce jeu.

Après avoir analysé et visualisé la/les logiques dominantes, vous reprenez votre liste et vous cherchez de nouvelles solutions avec la méthode
SCAMPER mais il en existe bien d'autres.

Vous allez découvrir de nouvelles façons d'aborder votre marché, projet...il vous restera à passer à la construction et validation des meilleures idées retenues.


Prenons l'exemple des soirées de fin d'année pour fêter un examen.

Voici une liste non exhaustive de "faits" admis par tous les participants pour que la fête organisée ressemble à une fête réussie (Liste 1) :

  • Cela se passe le soir
  • Avec une musique de préférence très forte, qui invite à danser
  • Avec de l'alcool (attention ne pas abuser!)
  • Avec des petites choses à grignoter
  • Le bruit va, en général, déranger tout le quartier ou au moins les voisins proches qu'il faut prévenir du désagrément exceptionnel occasionné.
  • etc...
A partir de cette liste 1 (très simplifiée évidemment), vous imaginez que l'idée qui pourrait modifier le paradigme de la fête serait "faire la fête sans faire de bruit avec de la musique...qui ne s'entend pas"

A quoi cela pourrait ressembler ?

Une soirée I-Pod ou soirée casque...où chacun téléchargerait le même programme musical (ou non), pourrait écouter de la musique à fond, tout en étant capable de se parler sans difficulté et sans déranger les voisins !


C'est tout simplement le concept du Silent disco - qui existe déjà depuis 2002 !

Le raisonnement vous a paru facile ? A vous de jouer !

Source image : fotosearch.

16 mai 2008

Pour ne plus réinventer la roue

Réinventer la roue fait partie des risques les plus fréquents en phase de recherche de solutions pour la concrétisation d'un projet d'innovation.

Cela s'explique pour 3 raisons :

1/ La solution générée semble tellement originale et nouvelle dans le contexte de l'entreprise qu'elle semble s'imposer d'elle-même.

2/ Après avoir scanné rapidement internet et quelques sources d'informations a priori pertinentes (comme les brevets par exemple), rien ne semble obstruer la voie de développement.

3/ Des solutions similaires existent dans d'autres marchés....mais ce sont d'autres marchés.

En fait, toute la subtilité de la solution vraiment innovante tient à la connaissance de ce qui existe déjà : pour gagner du temps, pour savoir quel est le cadre de référence en quelque sorte afin de choisir d'en sortir ou d'y rester en améliorant, en adaptant, en reconfigurant.

C'est même tellement évident (comme la roue !) que l'on peut s'interroger sur l'intérêt du questionnement. Pourtant, si vous avez déjà mené des projets innovants (hors des 10 entreprises les plus innovantes...et encore), vous aurez certainement constaté que :

  • les études clients qualitatives ou quantitatives qui ont été réalisées sur d'autres sujets dans votre division sont accessibles, au choix dans des placards différents ou sous différents dossiers de l'intranet,
  • l'historique sur les solutions recherchées dans le cadre d'autres projets innovation est au mieux disponible en discutant à la cafétéria avec l'une des personnes concernées, en consultant chacun des dossiers projets ou en feuilletant l'annuaire pour contacter l'ancien responsable qui aurait pû vous éclairer mais qui a quitté l'entreprise,
  • cela va vous prendre X jours pour faire un benchmark même rapide et surtout incomplet sur des pratiques déjà existantes ou des fournisseurs qui pourraient apporter des premiers éléments de réponse ou vous avez un benchmark mais qui n'est pas ciblé.

Je ne veux pas dire qu'il faut tout mettre sous Excel, ce que je veux dire, c'est que la disponibilité des bonnes informations au bon moment permet de ne pas réinventer la roue justement. Par exemple, si vous travaillez dans la santé, vous aimeriez certainement connaître la plateforme AHRQ qui pourrait être un des éléments de réflexion à prendre en compte.

Comment faire très simple ? A posteriori, si vous êtes dans une démarche qualité (ou non), rajouter une fiche de synthèse à remplir par mots clés, la liste doit être élaborée et partagée par les parties prenantes au préalable. Puis créer un espace de recherche sur l'intranet pour y accéder directement et, si possible, consolidé par division.

Un exemple concret un peu caricatural ?
Imaginons que vous ayez cerné une attente de la part des personnes qui utilisent un sèche-cheveux (soit environ 80% de la population) : un petit sèche cheveux rechargeable pour les déplacements en week-end etc...

L'idée plaît à tout le monde en interne parce qu'elle permettrait de créer un marché de double équipement (sur un marché mature, c'est le genre d'opportunité qu'il ne faut pas rater) mais malheureusement elle a déjà été testée et les prototypes avaient été jugés peu ergonomiques : la pile rechargeable à l'intérieur obligeait l'utilisateur à se sécher les cheveux allongé à cause du poids de l'appareil.

Pourtant, votre sens de l'observation vous indique que l'industrie des batteries rechargeables a fait beaucoup d'efforts depuis en matière de puissance et de miniaturisation.

Vous demander donc à ressortir le dossier qui, même s'il est bien classé, peut ne pas comporter toutes les pistes de réflexion internes et externes. Vous allez devoir tout reprendre depuis le début...

En conclusion, un projet innovation, même râté, ne doit jamais être refermé complètement, il doit suivre la même logique que celle de notre environnement actuel : ouvert (open) pour permettre d'apprendre, de comprendre et de trouver plus vite, mieux ou différemment.

Bon week-end !

Image : fotosearch

15 mai 2008

Les outils d'analyse stratégique ont de l'avenir

La WFS vient de publier une synthèse des 55 tendances de demain (?).

En fait, il s'agit surtout d'une bon résumé de ce qui émerge déjà aujourd'hui et sera vraisemblablement prédominant demain.

Je reviens sur l'un des 55 aspects étudiés : l'accélération des changements technologiques et son implication sur le cycle marketing (idée - invention - innovation - imitation).

WFS nous explique que ce cycle se réduit considérablement et que les entreprises doivent trouver encore plus rapidement leur marché pour exploiter les bénéfices d'un nouveau produit avant que celui-ci ne soit très vite copié.

Pour exemple, ils mettent en perspective l'évolution du cycle de (sur)vie d'un produit en 1940, soit 30 à 40 ans et aujourd'hui entre 30 et 40 mois (on peut néanmoins se demander si l'on a à faire à la sérendipidité des chiffres ou à une étude fiable, en tout cas l'unité de durée actuelle est globalement dans la moyenne, mais ne s'explique pas uniquement par la technologie mais aussi par une nouvelle donnée appelée la durée de vie du consommateur ou la capacité d'une entreprise à garder ses clients zappeurs).

L'idée générique qui est proposée tient en une phrase : presque tout nouveau produit peut être dupliqué en Chine et vendu sur e-Bay après seulement quelques semaines d'introduction sur le marché.

En découlent les conséquences suivantes : tout le savoir technique qu'utilisent les entreprises aujourd'hui ne représentera que 1% du savoir utilisé en 2050.

L'organisme prévoit donc une bataille de plus en plus rude autour des nouvelles technologies et de la qualité comme avantage concurrentiel. Les premiers à se lancer dans cette course seront les gagnants, pour les autres...la Date Limite de Consommation (DLC) risque de stopper net quelques business plans.

Tout ça pour dire que les outils de l'analyse stratégique, parfois décriés :
  • parce qu'ils reposent sur une vision d'analyse très top-down : de l'entreprise vers le marché, alors qu'à l'heure des conversations, la logique s'inverse.
  • parce que les synthèses sont réalisées par une personne ou quelques Happy Penseurs et qu' ensuite vient le difficile exercice du partage de la vision avec toute l'entreprise.
  • parce qu'ils sont vite... obsolètes

vont également revenir sur le devant de la scène, notamment l'analyse de la capacité stratégique d'une entreprise et l'évaluation de sa position concurrentielle (chaîne de valeur, ressources-compétences, analyse VRIO des Ressources - Values, Rareness, Imitability, Organization...) parfois vite passées en revue car le SWOT et les Facteurs Clés de Succès restent les outils de synthèse les plus communiqués (et communicants) ?

En période de guerre commerciale intense, les barrières à l'entrée et l'inimitabilité devront être regardées avec encore plus d'attention.

Pour les inconvénients liés aux outils d'analyse stratégique en tant que tels, il existe néanmoins différents remèdes d'usages : faire plus pertinent (dans l'analyse) donc plus court, élaborer en collaboratif, permettre de visualiser l'analyse stratégique pour faciliter le partage ou mettre en place de nouveaux process d'analyse.

Pour en savoir plus sur ce dernier sujet, lire l'analytique, le nouvel outil stratégique, récemment traduit en français...où vous comprendrez que les process peuvent se partager, mais que la capacité d'analyse reste une donnée qui, elle, n'est pas encore automatisée !

14 mai 2008

Des distributeurs automatiques intelligents ?

"Le changement est inévitable - sauf pour un distributeur automatique" disait Robert C. Gallagher.

Cette expression vient peut-être de tomber en désuétude si l'on en croit la revue NewScientist.

En effet, les distributeurs automatiques japonais de cigarette seront bientôt capables d'évaluer si le client à l'âge ou non de s'acheter des cigarettes.

Pourquoi ? L'innovation est due à une évolution réglementaire au Japon qui stipule, depuis juillet dernier, que seules les personnes âgées de plus de 20 ans (âge de la majorité) ont le droit d'acheter des cigarettes.

Pour ce faire, les distributeurs automatiques seront désormais équipés de caméra de détection qui vont photographier le visage de l'acheteur et le comparer à une base recensant 100 000 caractéristiques morphologiques (poches sous les yeux, structure des os, aspect de la peau...).
L'enjeu ? Il existe plus de 570 000 distributeurs automatiques de cigarettes au Japon.

L'inventeur du système, la société Fujitaka Co, explique qu'il peut y avoir quelques erreurs : puisque la fiabilité du résultat s'élève à 90%, dans les 10% restant on retrouve ceux qui vont regretter (?) de faire plus jeune que leur âge ou ceux qui n'ont pas d'âge.

Les opportunités de développement du nouveau système sont déjà trouvées. Le gouvernement a donné son accord pour la mise en place d'une petite carte d'identification, appelée taspo, qui permet de déterminer l'âge selon le même processus que précédemment (notamment pour vérifier si un conducteur automobile a également l'âge légal).

Les prochaines idées ne tarderont certainement pas à voir le jour car le cocktail "identification + sécurité" est porteur d'avenir et fait partie de la catégorie "signal fort".

Après les seniors qui recherchent l'éternelle jeunesse, les jeunes vont-ils vraiment vouloir paraître plus âgés ?

Rappel du message sanitaire légal : la cigarette peut tuer

13 mai 2008

De la nécessité d'avoir une vision marché

"Si tu ne sais pas où tu veux aller, alors le chemin que tu prends n'a aucune importance" Lewis Caroll - Alice au pays des merveilles.

C'est ma phrase "fétiche", je l'avoue. Mais elle semble prendre chaque jour plus de sens : à l'heure de la recherche, a priori facile, d'informations et de chiffres sur internet, il reste une question trop souvent zappée : qu'est-ce que je cherche et pourquoi je cherche ?

Voici un exemple concret déjà détaillé par Paul Millier dans son livre "l'étude des marchés qui n'existent pas encore", mais applicable à bon nombre de projets de nouveaux produits ou services.


Voici l'un des exemples qu'il détaille, celui de la filière de renforcement des bétons :

"
La société Fontranfor veut lancer une fibre métallique souple et résistante qui peut servir entre autres autres choses à renforcer les bétons. Mon marché, c'est le marché du renforcement des bétons !
Partant de ce postulat et sachant qu'il faut 3% de fibre par rapport à la masse de ciment, on se livre à une recherche rapide sur internet pour trouver :
  • les quantités de ciment fabriquées par les plus grands cimentiers européens
  • les quantités de ciment importées ou exportées entre l'europe et le reste du monde
  • Résultat, on trouve 150 millions de tonnes de ciment
  • 150 millions de tonnes multipliées par 3%, cela fait 4,5 millions de tonnes de fibres par an.
  • Comme on est raisonnable, on se fixe par exemple 10% de ce marché et, du coup, notre estimation tombe à 250 000 tonnes.

Et voilà, il n'y a plus qu'à lancer le produit que tous les maçons attendent."

Certains reconnaîtront aisément la technique qui rassurent toute une équipe et ne coûte pas très chère en matière d'étude...quant à la pertinence du résultat, c'est une autre affaire.

Le problème ? Fontranfor a basé son analyse sur le marché de l'offre et pas sur celui de la demande : qu'en pensent les fabricants du BTP, les maçons, les architectes ?
De plus, ce que l'on oublie parfois, c'est que tout nouveau produit nécessite de réexaminer son marché voire des marchés et la chaîne de valeur des filières concernées car plus rien n'est figé...dans le béton !

La solution ? Se faire une "vraie" idée de son marché à un instant T, en toute objectivité, en confrontant l'analyse interne et les attentes externes.

L'analyse interne commence par poser la vision de façon très basique : quel est mon marché principal, quel est le marché générique, quel est le marché support et quel est le marché environnant par rapport à mon coeur de métier. Et ceci, doit être mis à jour régulièrement (comme les autres outils stratégiques qui vont de pairs).

Si chaque marché est bien analysé et compris (filières, évolutions, nouveaux entrants, niveau de maturité, clients etc...), les recherches externes deviennent presque évidentes : qui interroger notamment pour développer de nouvelles offres ?

En un mot, les raccourcis peuvent parfois marcher mais dans le cas d'un nouveau produit, il est fortement recommandé de repasser un peu de temps sur la phase amont de compréhension...avant de cliquer !

7 mai 2008

Après le retailtainment, le retailtainight

Après le retailtainment ou l'art de transformer un lieu/centre d'achat en lieu de divertissement, bienvenu au "retailtainight" ou l'art de prolonger l'expérience client après la tombée de la nuit.

Si l'univers de la nuit était originellement un espace réservé aux activités festives, il a été récemment également investi comme nouveau temps de consommation par certaines marques sportives (voir ici le
Virtual Park de Nike) et sera bientôt aussi un nouveau temps fort pour faire ses courses ?

En effet, Ikea proposera ainsi, entre les 23 et 27 juillet prochains, à quelques clients privilégiés de venir la nuit dans leur magasin d'Oslo.

Coup de communication ? A suivre de très très près...les nuits à venir.

Source : we love new

6 mai 2008

L'entreprise du futur selon IBM

Comment les 1000 dirigeants d'entreprises les plus influents dans le monde voient-ils le futur de l'entreprise ? C'est la réponse qu'apporte la dernière enquête IBM.

Les résultats sont quelque peu étonnants car la projection demandée semble déjà correspondre à un besoin actuel vital.

En résumé, l'entreprise de demain devra être dotée des sur-qualités suivantes : elle devra être avide de changements, sauvagement imaginative, rupturiste par nature, complètement connectée aux personnes et aux organisations les plus influentes.

A prendre donc comme une synthèse de bonnes pratiques... manquent alors seulement quelques petits exemples concrets pour aider les autres à furieusement changer !

Source image : fotosearch.

5 mai 2008

Une autre vision du Storytelling : conserver et partager le savoir

Le Storytelling, ou l'Art de raconter des histoires, a été encore très récemment décrié par Christian Salmon dans son livre...Storytelling ou quand l'art de raconter les histoires devient l'art de formater les esprits.

Certes, les politiques et publicitaires ont depuis longtemps compris l'intérêt de savoir raconter une histoire pour mieux vendre ce qu'ils voulaient.

Au-delà de certaines dérives ou de dérives certaines, raconter des histoires est l'un des plus ancien processus de création et de transmission de sens : les contes et histoires ont forgé notre enfance, nos cultures, nos civilisations, notre mémoire collective.

Ce qui étonne peut-être le plus, c'est que l'Art de raconter des histoires réapparaisse à l'ère de la e-communication, ce qui l'est peut-être moins, et ce qui fait aussi sa force, tient à l'aspect tout simplement expérientiel de cette technique.

S'il est une mémoire collective, c'est aussi celle de l'entreprise. A l'heure du partage des bonnes pratiques et des informations pour plus de performance, le Storytelling apparaît comme un autre moyen de transmettre la mémoire des projets d'une entreprise.

Ainsi la NASA utilise-t-elle la technique du Storytelling pour conserver un certain type de savoir, souvent tacite.

Depuis 1999, des sessions mensuelles se tiennent dans la bibliothèque du laboratoire. Les anciens de la NASA participent à ces rencontres qui sont filmées. Ils racontent la façon dont se sont déroulés leurs projets.

Cette démarche a été formalisée sous l'acronyme ASK (Academy Sharing Knowledge), un des éléments constitutifs de la Nasa APPL (Academy of Programme and Project Leadership), centre de formation et de partage des connaissances.

ASK se décline désormais sur site Web sans restriction d'accès.

Cette démarche permet de socialiser plus rapidement les nouveaux collaborateurs, de transmettre la culture de la NASA et sa mission : « faire ce que personne n’a encore fait ».
Elle permet aussi de poser les premiers pas concrets vers la fameuse "entreprise apprenante".

  • Pour en savoir plus, sur ASK, lire ici

  • Pour décrypter la technique du Storytelling appliquée à une station de ski française, c'est ici ou à une célèbre chaîne d'hôtellerie très haut de gamme, ici.

  • Enfin, ce sont peut-être les plus grands raconteurs d'histoires actuelles qui en parlent le mieux : "Storytelling that moves people".

2 mai 2008

Une autre vision du service : le service vraiment utile

Dans un monde où le service devient l'un des principaux éléments de différenciation pour les entreprises, où même celles qui vendent des produits doivent désormais vendre des solutions (produits + services associés), où la satisfaction clients se juge sur la qualité du service rendu, le livre de Bill Price et David Jaffe "The best service is no service" a quelque chose de très provocateur.

Les deux auteurs, Bill Price, un ancien vice président de la relation client chez Amazon et désormais CIO de Driva Solutions, solutions de management de la relation client et David Jaffe, consultant, cherchent à dépasser le paradigme actuel du service : plus de service ne signifie pas plus de satisfaction ; en tant que clients, nous recherchons un service de la part d'une entreprise parce que quelque chose ne va pas : le produit ne fonctionne pas, il n'a pas été livré à temps, la facture est erronée etc...

Si les entreprises établissaient dès le départ les bons "process" et la bonne qualité opérationnelle, le client n'aurait pas besoin de faire appel au service client.

Les deux auteurs prennent l'exemple de Google - qu'ils connaissent bien - Amazon se focalise sur une donnée que peu d'entreprises utilisent : le Nombre de Contacts par Commande client (ou Contacts Per customer Order,CPO).

En travaillant ce ratio, Amazon a fait en sorte d'éliminer le besoin qu'avait le client de rentrer en contact avec l'entreprise et a ainsi réduit de 90% cette donnée en quelques années. Ce que l'on peut appeler "rendre service", sans service ajouté.

Selon les études menées par les deux auteurs, les contacts clients sont dus à 4 raisons principales :
  1. Dans environ 15% des cas, le contact est provoqué par un problème de qualité : "Ca ne marche pas.
  2. Pour 25%, il s'agit de répondre aux questions du type "Comment faire pour ?" Ce qui signifie que l'entreprise n'a pas bien communiqué sur son produit notamment.
  3. Environ 40% des clients cherchent à contacter une entreprise pour savoir où se procurer un produit. Les clients devraient pouvoir trouver eux-mêmes la solution sur un site ou autre point de contact simple à utiliser.
  4. Les 20% restant, concernent ceux qui veulent acheter le produit.

L'idée derrière tout ça, c'est d'aborder le service différemment : plus une entreprise réduit le "besoin inutile" de service, plus elle peut se concentrer sur le service "utile" et réduire ses coûts tout en augmentant la qualité de service rendu.

Voici leurs 7 recommandations pour développer du service utile :

  1. Eliminer les contacts inutiles (ou qui peuvent être éviter) pour diminuer les coûts.
  2. Constuire un système de self-service qui fonctionne bien.
  3. Mettre en place des solutions proactives plutôt que réactives, qui coûtent souvent moins chères.
  4. Impliquer les réels dépositaires des problèmes clients pour lister les problèmes rencontrés avec le service client.
  5. Simplifier les contacts avec votre organisation.
  6. Utiliser les contacts pour mieux écouter les clients et agir en fonction de la règle du QDLC (Que Disent Les Clients) ou WOCAS,What Our Customers Are Saying.
  7. Etablir des ratios et processus qui permettent de délivrer un meilleur contact et expérience client.

Le point de départ cette démarche repose donc sur l'écoute du point de vue client et de sa démarche commerciale. Cette de cette écoute que l'entreprise pourra revoir ou réajuster efficacement ses différents process internes.

Pourtant il existe une réponse que bon nombre d'entreprises utilisent aujourd'hui pour optimiser ces fameux contacts clients avec le CRM (outil de Gestion de la relation Client).

Les auteurs mettent également en garde sur l'utilisation de cet outil comme panacée à l'amélioration du service rendu. Selon eux, l'outil est source d'amélioration si :

  • le CRM a pour objectif d'aligner l'entreprise avec la façon de penser du client,
  • le CRM est pensé pour comprendre comment le client interagit avec l'entreprise et d'écouter vraiment ce que dit le client,
  • le CRM permet de développer plus de proactivité,
  • le CRM permet de transformer 3 contacts en 1.

Mais le CRM serait souvent utilisé par le marketing pour mener des opérations de "cross-selling" ou pour segmenter de façon complexe une base clients ou segmenter des services difficiles à gérer, et rarement pour améliorer vraiment le service "tout court".

La conclusion ? Que ce soit pour améliorer ou innover sur les services ou produits ou pour mieux impliquer vos clients ou partenaires ... penser valeur ajoutée utile (créer une valeur supérieure aux solutions précédentes/existantes pour l’entreprise et ses clients) !

Pour lire l'interview réalisée par Guy Kawasaki, c'est ici.
Pour se refaire une idée du service en France, (re)lire
Service (in)compris de Jean-Paul Guedj