30 juin 2008

41 nouveaux business pour vous inspirer

Voici un dossier très "rafraichissant", proposé par Trendwatching, à emporter sans faute dans sa valise : "41 nouvelles idées de business".

Le parti pris de l'agence est très simple : faire le lien entre les nouveaux concepts de business et les grandes tendances actuelles et vous donner un petit coup d'inspiration pour innover (Ca tombe bien parce que c'est leur business à Trendwatching !).

Vous découvrirez petites et grandes idées de business, regroupées autour de 11 thèmes :

D(I)ESIGN,
HYPERLOCAL,
THE CROWD EXPRESS,
ENDURING FREE LOVE,
ITGREDIENTS,
TRYVERTISING,
CARRYING IS THE NEW TAKING,
MECONOMY,
THE CONVENIENCE ECONOMY,
ECO-ICONIC,
ON=OFF.

Mes 5 coups de coeur :
  • Le Red Expresso, pourquoi ? Parce que, contre toute attente, le rouge sera la couleur de demain.

  • Mac Donald's Cycle Center ou la preuve que les "entreprises commencent à faire ce qu'elles disent"? Autre présage pour demain avec des Vélibs sponsorisés par les marques ?

  • Eye Majic ou comment transférer un savoir-faire (décalcomanies et transfert) sur un nouveau marché en offrant une vraie valeur d'usage : la qualité du maquillage professionnel pour les yeux.

  • La chocolaterie TCHO ou comment fabriquer du chocolat en version béta en s'appuyant à la fois sur les derniers systèmes de production combinés à des équipements recyclés.

  • Les consomm'hackers ou l'ère des métaconsommateurs, ceux d'Ikea ou de Bemz . Et vous, comment vos clients détournent-ils vos produits ou services ?

27 juin 2008

Quand les carnets inspirent aussi le Web

Un site communautaire où l'on se raconte comme dans un carnet ? Voilà la nouvelle expérience proposée par Quo Vadis, spécialiste de l'agenda.

Qui disait que l'internet allait sonner la fin du papier ? Quo Vadis relève le défi en surfant sur 3 mouvements : l'explosion des communautés, le pouvoir des histoires (storytelling), identité et conserver la mémoire dans un espace temps zappeur.

My Memoriae, le site lancé par Quo Vadis, permet de conserver, transmettre et partager les histoires de votre vie autour de 12 thématiques : Mes Joies, Mes Peines, Mes Rêves, Mes Enfants, Mes Amours, Mes Amis, Mes Week-ends, Mes Voyages, Ma Culture, Ma Cuisine, Mes Vins, Mes Randonnées.

En feuilletant les différents sujets, on en arrive à penser que ce serait finalement plus joli d'ouvrir toujours des onglets de cette façon sur son ordinateur ! A quand la customisation complète de son espace de travail ?

La question que l'on peut néanmois se poser, c'est Quo Vadis ne se serait-il pas un peu inspiré du légendaire carnet
Moleskine...qui en matière d'imaginaire, d'innovation et d'expérience reste la Référence !

Si vous ne connaissez pas, lisez
l'histoire de tous ces célèbres artistes qui ont esquissé leurs premiers mots ou croquis sur un carnet Moleskine puis partez voyager dans Moleskinecity, Moleskinestories et Mydetour...je suis sûre que cela vous donnera des idées pour votre week-end comme de faire un saut à l'exposition Détour au Centre Pompidou !

26 juin 2008

Le Changement, l'Aptitude des entreprises innovantes



Pas d'innovation sans changement, pas de nouvelles idées qui ne modifient pas notre perception des choses, pas de projet qui ne bouscule pas les organisations !

Le motto innovation de ce siècle : "être apte au changement...permanent"

Les 3 qualités associées :


  1. Etre à l'écoute : de soi, des autres, de ses marchés, être ouvert à ce qui se passe en dehors de mon univers pour capter les signaux faibles et décrypter ce que cela signifie pour moi ou mon contexte professionnel.

  2. Développer une vision partagée : échanger les idées, les partager pour mobiliser et progresser ensemble ; les pousser le plus loin possible pour réinventer.

  3. Faire émerger les nouvelles idées et les concrétiser.

Source image : theinnovationdiaries.

25 juin 2008

Marketing Book 2008 TNS-SOFRES : la Grande Convergence

TNS SOFRES présentait en primeur, ce matin, son nouveau Marketing Book 2008.

Pour celles ou ceux qui ne connaissent pas, il s'agit en quelque sorte du guide référent qui nourrit la réflexion de bon nombre d'acteurs de la Grande Consommation.

En effet, le principal objectif du Marketing Book consiste à ausculter et décrypter les enjeux stratégiques, les tendances et les relais de croissance liés aux secteurs de la Grande Consommation.

Cette introduction faite, et tandis que les magasins entamaient aujourd'hui, plein d'espoir, leur période de soldes, TNS SOFRES ouvrait le bal en nous annonçant un moral particulièrement en berne des Français et une très nette crispation du côté du porte-monnaie...

Si le prix reste une problématique centrale et la montée en puissance de l'économie du "gratuit" le point d'achoppement de nombreuses réflexions stratégiques, le reste de la présentation démontrait clairement de nouveaux enjeux...à ne pas rater.

On retiendra donc deux grands messages de ce nouvel opus :

  1. La Grande convergence :

    Celle-ci se traduit concrètement par l'intégration de nouveaux secteurs - jusqu'à présent non traités - dans le Book : comme le numérique, la banque-assurance et bientôt l'énergie, les transports etc....

    Voir dans cette démarche un simple "complément d'informations" serait franchement réducteur, en revanche c'est bel et bien de changement de posture dont il s'agit.

    Le message porté par Dominique Levy, Directrice Associée et Directrice du Planning Stratégique TNS SOFRES tient en une phrase (que je retraduis à ma façon) "Comprendre son marché ne peut plus se faire uniquement en vertical, en analysant sa chaîne de valeur et son pré-carré, la lecture doit désormais être transverse et généraliste avant de se refocaliser sur son univers." Pourquoi ?

    L'effet de convergence joue à plein. Celle-ci s'illustre visiblement au travers de produits emblématiques tels que l'Iphone d'Apple, par exemple, qui permet de téléphoner, d'écouter de la musique, d'avoir son appareil photo et ses albums de photos à portée de main, de travailler, de regarder des vidéos etc...

    Il s'agit de la partie visible de l'iceberg, si je puis dire. Pour la partie invisible (que je rajoute), l'Etude menée par Accenture en 2007 sur la Relation clients révèle une convergence plus problématique pour les entreprises, celle des univers de consommation :
    "Le consommateur ne compare pas les services client dans une même industrie, mais ceux des entreprises dont il est client«.

    De façon plus large, la comparaison et l'arbitrage se font désormais entre des domaines qui n'ont, a priori, rien à voir : est-ce que je m'achète un écran plat ou est-ce que je pars une semaine en club de vacances ? est-ce que je commande par internet avec ma carte qui me fait gagner des points ou est-ce que je vais dans un Centre commercial pour faire aussi une balade avec la famille ? etc...

    Au-delà des nouveaux questionnements que pose la convergence, il en est un que TNS-SOFRES aurait également pu soulever : qu'est-ce qu'un Produit ou Service de Grande Consommation aujourd'hui ? Facebook, Google, des céréales vendues dans un hypermarché, une assurance-vie ?

  2. Le grand chambardement et de la nécessité d'être responsable.

    La situation de "Grand Chambardement" des marchés décrite par Babette Leforestier pose le cadre à venir : un "gâteau" qui a muté et s'éloigne des repères connus avec comme acteurs, des consommateurs bientôt homologués 3.0 qui prennent de plus en plus le pouvoir.

    Le tableau peut sembler peu rassurant de prime abord mais il a le mérite d'être honnête.

    Des recommandations ? Il vous faudra lire le Book, mais en tant qu'entreprise vous pouvez dores et déjà retenir deux choses :

    - il faudra faire ce que vous dites et dire ce que vous faites ("Walk the Talk" comme disent les anglosaxons).
    - il faudra certainement aussi apprendre à tester de nouvelles choses et façons de faire pour passer le cap de cette phase d'expérimentation collective.

Enfin, gardez en mémoire les mots de Nietzche "C'est du chaos que naissent les étoiles dansantes" !

Pour en savoir plus sur le contenu et les conditions d'achat du book, contactez Le Planning Stratégique de TNS SOFRES.

Source : Présentation Marketing Book 2008 TNS Sofres du 25 juin à l'atelier Barok
Intervenants :
- Dominique Lévy, Directrice Associée et Directrice du Planning Stratégique de TNS Sofres,
- Babette Leforestier, Directrice des études documentaires de TNS Sofres,
- Rémi Sansaloni, Responsable des études documentaires de TNS Sofres

24 juin 2008

Les 10 leçons d'innovation de Pixar

La revue trimestrielle de MacKinsey a réalisé récemment une interview passionnante avec Brad Bird, directeur de Pixar depuis 2000 et qui a gagné deux Oscars avec Ratatouille et Les Indestructibles.

La question posée était la suivante : quel est le rapport entre stimuler la créativité de dessinateurs/animateurs et le développement de nouvelles idées de produits ou d'idées rupturistes ?

Apparemment, beaucoup.

  • Lecon n°1 : Refuser l'autosatisfaction
    Quand Steve Jobs recruta Brad Bird, ce dernier rapporte que, malgré les 3 derniers succès que Pixar venait de remporter (Toy Story, A bug's life et Toy Story 2), Jobs lui dit "la seule chose dont nous ayons peur c'est de devenir autosatisfaits, comme si nous avions tout vu et tout fait. Nous voulons que tu nous secoues."

  • Leçon n°2 : Recruter des "moutons noirs".
    Pour réaliser le film Les Indestructibles, j'ai dit "Donnez-nous les moutons noirs. Je veux des artistes frustrés. Je veux des gens qui font les choses autrement que nous et que personne n'écoute."
    J'ai donné une chance à ces "moutons noirs" de prouver leur théorie et cela nous a amené à changer notre façon de faire un certain nombre de choses chez Pixar bien que la façon de procéder en cours fonctionnait très bien."

  • Leçon n°3 : Ne pas chercher la perfection à tout prix.
    Pixar avait l'habitude de sur-élaborer les storyboards. Toutes les images créées n'ont pas besoin d'être du même niveau de qualité : quelques une doivent être parfaites, d'autres doivent être bonnes et enfin certaines doivent être assez bonnes, tout dépend de l'angle de vue, de la durée de passage à l'écran etc...

  • Leçon n°4 : Des collaborateurs impliqués et passionnés sont de bons innovateurs.
    Des collaborateurs n'innovent pas mieux parce qu'ils sont heureux au travail, ils innovent parce parce qu'ils sont centrés sur des questions telles que "je veux résoudre ce problème".

  • Lecon n° 5 : Manager les équipes de façon collaborative et ouverte.
    "Pendant la réalisation du film The Iron Giant, j'ai invité toute l'équipe dans une pièce. Précédemment, l'équipe avait l'habitude d'être convoquée individuellement en face à face dans un bureau."
    "J'ai dit : c'est une équipe jeune, en tant qu'individus, nous avons tous nos forces et nos faiblesses, mais si nous interconnectons toutes nos forces, nous sommes collectivement les plus grands dessinateurs/animateurs de la planète.
    Nous allons donc regarder ta scène devant tout le monde. Tout le monde sera humilié et encouragé à la fois. S'il y a une solution, je veux que tout le monde l'entende afin que chacun puisse la rajouter à sa boîte à outils.
    Je vais donner mon point de vue sur la scène, mais si quelqu'un n'est pas d'accord et voit différemment les choses, qu'il le dise et soyez en désaccord !"

  • Leçon n°6 : Accepter de changer
    Quand Pixar m'a demandé de reprendre la réalisation du film Ratatouille, le projet avait été lancé depuis plus de 5 ans déjà. A ce moment du projet, les rats avaient des pattes articulées et ne marchaient que sur 2 pattes pour ne pas effrayer les futurs spectateurs, j'ai pensé que c'était une erreur.
    "Ils doivent marcher avec leur quatre pattes. Toute l'équipe était écoeurée car ils avaient travaillé un an sur la conception des membres articulés.
    Un des dessinateurs m'a dit "pourquoi devons-nous faire ça" ? J'étais à deux doigts de lui répondre "Parce que je suis le boss". Mais je me suis arrêté et j'ai réfléchi, voilà ce que j'ai expliqué " Ce film, c'est l'histoire d'un rat qui veut entrer dans le monde des humains. Nous devons faire ressortir ce choix visuellement. Si vous avez tous les rats qui marchent sur 2 pattes, il n'y a aucune différence entre Ratatouille et les autres rats. Si nous proposons ce truc visuel, nous pouvons alors laisser le personnage opérer sa propre transformation selon son état émotionnel et choisir d'être sur 2 pattes quand il veut être rat ou sur 4 quand il veut se rapprocher des humains." Et petit à petit toute l'équipe a dit, OK nous avons enfin une direction claire.

  • Leçon n°7 : Avoir l'esprit d'équipe.

  • Leçon n°8 : Penser que l'impossible est accessible

  • Leçon n°9 : Développer des nouveautés que l'on aurait envie d'acheter pour soi
    Chez Pixar, nous n'écoutons pas les spectateurs pour savoir ce qu'ils auraient envie de voir. Mon objectif consiste à faire des films que j'ai envie de voir. Si je fais mon métier assez sincèrement - si je suis exigeant avec moi-même et pas complètement coupé de la base, c'est-à-dire pas foncièrement différent du reste de l'humanité - d'autres auront aussi envie de voir mes films et s'amuseront en les regardant.

  • Leçon n°10 : Culture Innovation = espace + émotions + interconnections + formation
    Les gens sont autorisés à créer ce qu'ils veulent comme décor pour leur bureau. Ensuite, le bâtiment est construit autour d'un atrium qui ressemble initialement à une perte d'espace, en fait Steve y a mis les boîtes aux lettres, les salles de réunion, la cafétéria, les toilettes pour que tout le monde ait l'occasion de se croiser dans une journée.
    Steve pense que c'est quand on se croise qu'il peut se passer des choses.
    Enfin, nous avons mis en place la Pixar University. Si vous travaillez sur l'éclairage et que vous avez envie de vous initiez à l'animation alors vous pouvez suivre des cours. Pixar encourage fortement ses collaborateurs à apprendre en dehors de leur domaine de compétence, ce qui les rend plus "complets" dans leur approche et plus créatifs.
    Nous incitons aussi nos collaborateurs à exprimer leur choix ou leur décision de façon posée car ce qui mine l'innovation ce sont les gens passifs ou agressifs qui dénigrent tout dans leur coin dès que les dos sont tournés.

La conclusion ?
"Cela peut sembler paradoxal mais pour les entreprises ancrées dans le métier de l'imagination, pour réussir sur le long terme, faire de l'argent n'est pas la priorité. Nous ne faisons pas des films pour faire de l'argent. Nous cherchons à faire de l'argent pour faire d'autres films !"

23 juin 2008

La boîte à erreurs, le nouveau pendant de la boîte à idées !

Ses erreurs, on n'aime pas trop les claironner en général , qu'elles soient d'ordre privé ou professionnel. Preuve d'un égarement du jugement à un instant donné, on préfère - comme les moutons de poussière - les ranger sous le tapis.

Mais l'idée commence à faire son chemin - fortement influencée par la philosophie de Toyota et du principe d'amélioration permanente.

Savoir reconnaître ses erreurs, écouter celles des autres, les analyser pour ne plus les reproduire s'impose comme un comportement modèle pour atteindre le succès.

Tel est l'objectif du nouveau site,
The Mistake Bank, lancé par John Cardell (un bloggeur qui en avait lourd sur la conscience ?). Il s'agit d'une sorte de grand confessionnal à Web ouvert, où tout un chacun peut profiter des erreurs des autres et faire partager les siennes.
Pas de voyeurisme néanmoins, puisqu'il vous faudra vous inscrire pour consulter ou alimenter les thématiques qui vous intéressent.

C'est tout simplement une excellente idée...il y a fort à parier qu'après l'épidémie de boîte à idées dans les entreprises, son pendant (la boîte à erreurs) soit tout aussi bénéfique pour le futur de celles-ci !

A bonne entreprise apprenante, salut !

Source : ning blog.

21 juin 2008

Quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs ?

Aujourd'hui, on s'attendrait plutôt à un sujet portant sur la musique. Pour en parler quand même, mais en images et sans le son, je vous propose de parcourir le diaporama proposé par 01 Net : "comment l'industrie de la musique se réinvente" ou les nouvelles façons de "distribuer" la musique.

Maintenant, j'en viens à un livre que je vous recommande vivement "
Vers le KM 2.0 : quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis du futur".
Les auteurs le présentaient hier soir à la Maison des Centraliens et je l'ai tout simplement "dévoré" ce matin.

Je commence par le résumé proposé par
Aurélie Dudezert (coordinatrice de l'ouvrage) sur son blog MACIS (Management des Connaissances et des Systèmes d'informations) pour poser le cadre et ensuite je vous donne toutes les bonnes raisons de vous procurer cet ouvrage :

"Cet ouvrage coordonné par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala met l'accent sur les nouvelles tendances du management des connaissances et son évolution dans la mouvance du Web 2.0 et des transformations organisationnelles et managériales de l'entreprise d'aujourd'hui et de demain. Il reflète les avis et travaux de chercheurs et profesionnels d'entreprise, qui sont, pour la plupart reconnus comme des acteurs dynamiques en France dans le domaine du KM. Son contenu correspond de ce fait aux grandes préoccupations des entreprises qui s'engagent dans le KM à l'avenir.Il rassemble les échanges nés d'un travail en commun mené au mois d’Avril 2007 dans le cadre d'un Workshop sur le sujet autour de trois grandes parties :

- KM et Collaboration : Quels apports de l’ingénierie de la collaboration, des communautés de pratique, du travail virtuel, des nouveaux modes de collaboration libre (Weblogs, Wikies, etc.) et du Web 2.0 pour le KM ?

- KM et relations inter-organisationnelles : Quels apports du KM à l’heure de l’entreprise- réseau ?

- KM et Competitive Strategy : Quel KM imaginer pour faire face aux évolutions de l’environnement économique et social ?"

  1. La conception du livre :

    Il a été co-écrit par des chercheurs (notamment Centraliens, voir liste détaillée sur site lié) et des acteurs industriels (Total, Radio France, Ernst & Young etc...).
    Cette alternance d'éclairages rend la lecture dynamique et passionnante grâce aux liens permanents entre analyses théoriques et applications pratiques.
    De plus, vous ne serez pas "rebutés" par les parties d'apports théoriques car elles sont écrites dans un style clair, synthétique, même s'il faudra vous habituer aux multiples acronymes qui ponctuent l'ouvrage (mais aussi l'univers du KM!).

  2. Le contenu :
    La conception-même du livre oriente le contenu et la vision portée par les auteurs révèle toute la nouvelle dimension stratégique et manageuriale de la gestion des connaissances collaboratives (par opposition à l'approche précédente, plus linéaire, de "gestion collaborative des connaissances"), dynamique, organique (prise en compte du KM comme écosystème) et opérationnelle.

    A ne pas rater :
    - Comment Wal-Wart a adopté la théorie militaire C4ISR à sa chaîne logistique pour en faire un réel avantage compétitif,
    - Mais aussi le système de compagnonnage mis en place chez Radio France pour les métiers du son afin de transférer et capitaliser les connaissances,
    - Ou encore les premiers jalons d'évaluation de connaissances produites dans le cas du centre Mir Cen, centre de recherche intégré en imagerie médicale préclinique du CEA.

  3. La portée :

    Si l'ouvrage n'apporte pas de méthodologie d'application en tant que tel, il provoque un réél "éveil" : à l'environnement KM, au sens que doivent créer les flux d'informations" et à la vraie dimension managériale de celui-ci.

    De plus, il pose des questions auxquelles les entreprises devront rapidement répondre comme "A qui revient la responsabilité juridique dans le cas d'une mauvaise exploitation de ces connaissances ? Quels droits de propriété de l'information partagée et capitalisée etc...?"

    A l'heure où la supériorité informationnelle s'impose comme l'Outil compétitif par excellence, l'ouvrage KM 2.0 rappelle que les facteurs-clés de succès ne relèvent pas tant de la quantité des données collectées mais du défi posé par la nouvelle posture obligée "d'entreprise apprenante" et de l'accompagnement RH nécessaire pour créer les conditions d'adoption de nouvelles pratiques.
Le bémol de l'ouvrage ?

La partie dédiée à l'innovation stricto sensu m'a semblé vraiment trop restreinte.

En effet, alors que les auteurs proposent, en préambule du livre, la définition de l'innovation suivante : "désormais la valeur ajoutée de l'innovation d'un produit ou d'un service est essentiellement fondée sur l'information et les connaissances mobilisées dans sa conception", le passage traitant du KM 2.0 et de l'innovation se concentre sur le département R&D exclusivement et pas du tout sur l'émergence de la co-innovation inter-organisationnelle (ou très rapidement avec la présentation du C-KM).

Or de nombreuses pratiques déjà bien installées dans le paysage de l'innovation auraient mérité d'être intégrées car elles s'inscrivent complètement dans le concept de IKM (Knowledge Mangement Interorganisationnel, préalablement développé dans l'ouvrage) : plates-formes collaboratives, co-développement des nouveaux produits et services, place de marchés d'idées, pôles de compétitivité etc...

Ce chapître aurait été l'occasion de refaire un lien global justement entre management de l'innovation et gestion informationnelle au sens large.

Le KM 2.0 ouvre la voie de nouvelles organisations collectives informationnelles pour plus de compétitivité et de performance. Il induira, de fait, de nouvelles pratiques sociales telles que des salariés rémunérés pour leur capacité à partager l'information, au-delà de leur fonction-métier.

Tout cela ne vous rappelle rien ce collectivisme ? Changement d'ère oblige, ce ne sont plus les terres qui sont mises en partage mais l'information, avec toutes les limites que l'on peut déjà imaginer et qu'il faudra surmonter !

En attendant les prochaines étapes, lisez le préambule !

19 juin 2008

Pour tout savoir sur l'innovation collaborative

Pour prolonger le billet d'hier, "la co-innovation" fait également partie des nouveaux mots avec lesquels il faudra compter.

C'est quoi finalement la co-innovation, une fois qu'on a parlé des wikis, des labs montés par les entreprises avec leurs lead-users ou leurs consommateurs, du partage de connaissance intra-entreprise et des plates-formes R&D ?

Tous ces exemples restent réducteurs et je vous invite vivement à découvrir les communautés de réflexion indépendantes AMI@Work (AMbient Innovation AT Work), un réseau de spécialistes européens impliqués dans l'innovation collaborative.

L'intérêt des recherches menées par ces communautés tient à la largeur du spectre qu'elles recouvrent. En effet, ces réflexions reposent sur 4 principaux domaines liés aux environnements de travail collaboratifs : Well-being Services, Media, Logistics, Rural.

A côté desquels se sont rajoutés 5 autres espaces de recherche :
Collaboration, Knowledge, Mobility, Engineering et SEEM (Single European Electronic Market).

Pour l'accès direct aux différentes communautés, cliquez ici.

Pour plus de détails, voir leur brochure, ici, sinon n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil à leur différentes Newsletters :

Concrètement, ces communautés vous apporteront de nouveaux éclairages et des réponses autour des sujets suivants (et brûlants) :

  • Nourrir les environnements pour accrître la créativité et l'innovation
  • Co-creation, Co-Innovation et Open Innovation
  • Environnements collaboratifs et Problem Solving
  • Technologies mobiles collaboratives
  • Valeurs collaboratives et Clusters
  • Environnement Web collaboratifs
  • Education, Apects sociaux et Sciences Humaines au sein de l'Europe collaborative
  • Knowledge Management, Représentation and Visualisation
  • Productivité et créativité des "Knowledge Workers"
  • Aspects juridiques posés par les réseaux collaboratifs d'entreprise
  • Management du cycle de vie du produit
  • Outils et méthodologies pour mettre en oeuvre l'innovation collaborative
  • Entreprises virtuelles et augmentées
  • E-learning
  • Jeux de simulation, communautés virtuelles etc...

Pour celles ou ceux qui n'ont rien de prévu les 23, 24 et 25 juin prochains, prenez vos places pour le colloque "une nouvelle vague d'innovation dans les réseaux collaboratifs" à Lisbonne.

Si vous devez vaquer à d'autres occupations quotidiennes à ces dates, soyez quand même curieux et consultez l'intégralité du programme...une vraie mine d'informations !

18 juin 2008

Mots innovants...attention au jargon bingo !

IBM en a fait une publicité il y a quelques mois, appelée le "Buzzword Bingo", la BBC nous donne 50 exemples concrets de comment le langage pour se prévaloir d'être innovant devient jargon...ridicule.

En voici 5 exemples savoureux :

"Les problèmes n'en sont plus...ils se sont métamorphosés en challenges".

ou "quand la pensée devient forcément...une pensée 360°"

ou "être vraiment motivé à 500%"

ou encore une petite overdose de "2.0 mis à toutes les sauces".

Pour vous faire vous aussi votre "bingo buzzword" (voir image en haut à gauche), inspirez-vous du modèle pdf proposé par la BBC.

Le langage "à la mode", ça pose quelqu'un ou une entreprise, c'est bien connu. Toute la difficulté réside toujours dans la limite entre "en parler à temps", "ne pas se cacher derrière parce que l'on a rien à dire de plus de toute façon" et enclencher le "mode perroquet" dès que l'on croise un nouvel interlocuteur.

Les frontières sont souvent subtiles...les mots aussi. Les mots nouveaux ou définissant de nouveaux modes de fonctionnement (au sens large) doivent suivre la même logique d'utilisation que les friandises ou autres addictions... à consommer avec modération pour préserver tout leur sens.

Personnellement, je suis assez épuisée du mot "2.0", voire "3.0", et vous quel est le mot ou la phrase que vous ne pouvez plus entendre sans sentir naître en vous des instincts meutriers ?

17 juin 2008

Les hyperjobs de demain ?

The Futurist publiait récemment un rapport sur l'avenir des métiers, hypers...forcément hypers métiers !

Pourquoi ? Parce que la technologie tue par nature les métiers puisque son utilisation permet d'automatiser, d'accélérer et de simplifier les tâches courantes.

Quelques exemples ? la montée en puissance du self-service, l'assistance par téléphone basée sur la reconnaissance vocale, les nouveaux systèmes d'émission de billets d'avion via kiosques ou directement sur téléphone portable et un middle management dépassé par les applications de plus en plus en plus nombreuses pour "processiser" les tâches. La liste serait également longue dans le domaine de la production intellectuelle ou de l'enseignement.

A quoi ressembleront donc ces hypers-travailleurs de demain ? Ils devront décupler leurs 5 qualités non-processisables (automatisables).
  1. L'esprit de découverte : s'interroger et comprendre le "pourquoi?" des choses en science, business et dans la vie quotidienne.
  2. La créativité : être capable de penser "nouveau".
  3. La capacité à réaliser : transformer les idées et ne pas se contenter de les imaginer.
  4. L'influence : communiquer et interagir avec les autres en permanence pour les inspirer.
  5. Développer son action physico-mental : rien ne sera purement physique ou mental mais lier les deux sera nécessaire.

qui reposeront sur 3 qualités essentielles :

  1. un état d'esprit émotionnel : la perception, la classification et la capacité à délivrer des émotions
  2. la pensée symbolique : l'interprétation
  3. la responsabilité incluant une prise de conscience globale, l'éthique et le sens religieux.

Pour compléter cet hyper portrait, le travailleur de demain aura plusieurs métiers en simultané, sera indépendant, avec un but clair et doté des compétences citées ci-dessus.


Qu'exercera-t-il donc comme métier, cet hyper-homme ? Des métiers qui n'existent pas encore ou commencent à peine à émerger sous l'effet des grandes tendances (sociétales, technologiques, environnementales...) : Manager de la diversité, Coordinateur d'externalisation offshore, le Conseiller en entreprise spécialisé en gestion de l'âge, le conseiller pour la "prise de retraite", l'Historien d'entreprise, le Manager Santé en entreprise, le Manager en charge des Eco-Relations mais encore les techniciens en télémédecine, le Vice Président des Expériences responsable de créer des expériences positives en interne comme à l'extérieur de l'entreprise avec les clients par exemple, le Directeur de l'influence, le Directeur Alumni qui animera la communauté des anciens d'une entreprise etc....

On peut en retenir deux choses qui vont enfoncer des portes ouvertes mais qui auront aussi le mérite de démythifier l'avenir du travail...et de l'homme : les métiers reflètent les évolutions de leur époque, ce nouveau siècle nous réapprendra-t-il que nous sommes humains...et sujets pensants ?

On peut regretter que The Futurist ne nous en dise pas plus sur notre aptitude au changement, à moins que celle-ci ne soit un pré-requis à leurs prévisions ou, au contraire, une hyper aptitude à configurer et automatiser pour les années à venir ?

16 juin 2008

La perception peut-elle s'éduquer ?

C'est tout simplement un des sujets de philosophie proposé aux séries L ce matin pour le bac philo.

Un sujet sur lequel les entreprises pourraient aussi être amenées à plancher sérieusement.

En effet, la perception questionne fondamentalement notre lecture du monde et ce, à un moment où celui-ci devient de plus en plus difficile à décrypter. L'arrêt sur les mots arrive à propos.

Pour le corrigé presque détaillé, je vous invite à découvrir ici sur Sciences Humaines les premiers éléments de réponse avec les 3 étapes de la perception : sensorielle, perceptive et cognitive.

En résumé, notre lecture du monde resterait intimement liée à nos expériences antérieures et à notre propre cadre de référence que nous avons construit au fil de nos expériences...notre perception est donc en quelque sorte éduquée, voire figée.

Dans un monde de changement permanent, la vraie question qui se pose aujourd'hui pour les entreprises, c'est comment "rééduquer" cette perception ? Comment retrouver un regard neuf sans jugement inconscient pour percevoir autrement notre environnement (marché, clients etc...), pour capter l'essentiel au-delà de ce que notre perception nous a habitués à envisager et réinventer cet environnement !

Tel est bien l'enjeu concurrentiel actuel qui devrait inciter les entreprises à plus de questionnement...de là à parler d'entrée de la philosophie en entreprise, il reste encore quelques plans stratégiques à remplir !

Image : fotosearch

12 juin 2008

J'en ai rêvé...Andrew Pek and Jeannine McGlade l'ont fait

Comment réveiller sa capacité à s'étonner au quotidien et à re-questionner les évidences ?

J'imaginais que Claire Fay pourrait être l'auteur idéal d'un petit "
Cahier d'étonnement pour les adultes qui
s'ennuient au bureau"....eh bien Andrew Pek and Jeannine McGlade (consultants en créativité et innovation) vous proposent quant à eux la version plus classique mais néanmoins très efficace "Stimulated !"

Vous apprendrez :
  • comment trouver l'inspiration et de nouvelles idées dans votre environnement usuel
  • comment développer un environnement qui vous permette d'accroître votre créaCtivité
  • comment faire du travail un jeu...
  • comment utiliser vos succès et vos échecs pour rebondir sur de nouvelles idées !

Deux bonnes raisons pour vous convaincre de le lire ?

  1. A votre avis quel sera le prochain avantage compétitif des entreprises ?....
    La capacité à capter, à comprendre au-delà du visible et à donner une nouvelle interprétation de son environnement...eh oui une capacité humaine à réactiver de toute urgence !
  2. Vous êtes payés pour résoudre des problèmes au quotidien ?
    Ce livre vous permettra de comprendre aussi qu'avant de résoudre le problème, c'est mieux de passer plus de temps à questionner ce problème et à l'imaginer sous différents aspects...vous serez sûrs de répondre ensuite au bon problème.
    "Les plus grosses erreurs ne proviennent pas de mauvaises réponses. Le vrai danger, c'est quand on se pose les mauvaises questions au départ." Peter Drucker

11 juin 2008

Renverser les idées !

Avez-vous déjà bien regardé une crème renversée au caramel ? Je veux dire regarder avec vos sens puis avec votre cerveau ? Qui a eu l'idée de retourner la crème pour la napper de caramel ? Un heureux hasard pour notre plus grand plaisir gustatif ? Une idée saugrenue ?

Renverser ("retourner, inverser le sens par rapport au sens normal") fait partie des gestes et postures inhabituels ? Renversez-vous la tête souvent ? Prenez-vous souvent une rue à contre sens avec votre voiture (fortement déconseillé évidemment) ? Avez-vous déjà essayé de retourner un livre pour le lire ?

Désagrable, inconfortable seraient les deux adjectifs qui pourraient le mieux qualifier, a priori, ce mouvement.

"La nature a horreur du vide" selon l'aphorisme d'Aristote : notre monde trouve son équilibre et ses repères en construisant des oppositions ou des complémentarités : Nord-Sud, Yin et Yang, Hommes et Femmes. Celles-ci, mêmes simplistes, nous fournissent des grilles de lecture rassurantes.

Pourtant, une fois que nous avons "choisi notre camp", il nous est difficile de se mettre à la place de son complément ou de son opposé. Comme si une force invisible nous en empêchait.

Voici une petite liste pour démontrer tout l'intérêt de renverser les idées :



  • Vous avez l'habitude de lire des résultats de recherche par titre, ici.
    Addic-o-matic vous propose une lecture visuelle et par source.

  • Votre entreprise traque sa part de bruit sur internet, ici.
    Tandis que d'autres recherche la part de silence,
    .

  • Vous pensiez tomber sur un centre d'appels en Tunisie ou en Inde, ici ?
    C'est Christelle qui vous répond de chez elle grâce au
    Homeshoring.

    etc...
Pour utiliser plus souvent la technique de questionnement, suivez aussi le guide méthodologique des 7R's proposé par Stephen Shipiro.


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10 juin 2008

Les places de marché à idées font désormais du conseil stratégique

Ca y est le pas est franchi ! Jusqu'à présent les plus prestigieuses entreprises soumettaient des briefs (sur des places de marchés virtuels d'idées) liés à des problématiques de communication, de design, de développement opérationnel de nouveau produit ou service ou de recherche de nouvelles technologies...désormais vous pouvez aussi demander de :
  • définir la mission d'une entreprise (en donnant trois lignes de précision sur son activité) ou
  • faire une petite étude qualitative du style "quels derniers concepts d'entrepreunariat collaboratif avez-vous vu récemment ? Dans quels industries ou domaines ces nouvelles formes de business pourraient-elles s'appliquer à l'avenir ?"

Ce que l'on peut retenir de cela :

  1. C'est la suite logique d'un marché qui devient déjà mature (les "places aux idées ont été lancées il y a un peu plus de deux ans) et qui doit élargir son champ d'action : des idées aux plans d'action en revenant au plan stratégique, puis des métiers liés à la communication vers de nouveaux univers plus stratégiques et back-office en quelque sorte : aujourd'hui le conseil stratégique, demain les Ressources Humaines et les process.

  2. Après les produits et services, on peut imaginer que la construction d'un plan stratégique pourra se faire collaborativement en interne (pratique actuelle) mais aussi avec "l'externe" (la dichotomie entre "intérieur" et "extérieur" sera de plus en plus une vue de l'esprit dépassée !).

  3. Après avoir clamé le "tous chefs de produits" les clients ou non clients participant à l'engouement de la génération d'idées collective, demain nous dirons certainement "tous managers et stratèges", voir "tous DRH".

  4. L'évolution du concept "marché aux idées" remet évidemment en cause la notion de "veille" classique d'entreprise (c'est moins cher et peut être aussi efficace en termes d'anticipation et de décryptage) mais aussi de conseil stratégique classique. Tout comme les agences de publicité ont dû intégrer ce e-paramètre (exemple : Publicis et le conseil assisté par les internautes), les autres acteurs du conseil vont devoir suivre au moins le mouvement.
    Vous demandiez à vos fidèles clients qui ils aimeraient recruter (Le Printemps pour ne pas les nommer), eh bien demandez aussi à l'international et à vos non clients ! Faites passer les vidéos des postulants sur YouTube et comptez les votes !
Pour ou contre ? Personnellement, je pense que le système s'autorégulera de lui-même comme un complément et non comme un remplaçant.

Ces foules sont-elles éclairées (pour reprendre l'opposition du siècle des Lumières entre l’« homme éclairé » et la masse de ceux "restés dans les ténèbres") ? Il semblerait que oui si l'on en juge par les résultats des outils de collecte d'idées externes aux entreprises.

Que valent-elles ? Attendons encore un peu... Le projet collaboratif Dell IdeaStorm a enregistré 9 000 idées à ce stade, ce qui corespond à un an de travail jour/hommes en considérant un rendement exceptionnel avec des critères de sélection simples...et pendant ce temps-là de nouvelles idées arrivent tous les jours...

Pour aller un peu plus loin sur ces analyses de l'opinion, je vous recommande de relire l'article du Monde paru récemment "l'opinion maladie infantile ou sénile de la démocratie ? " ou de lire directement les deux derniers livres de Regis Debray et Jacques Julliard sur ce sujet.

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9 juin 2008

Le tour des dernières innovations "Grand Age"

Le Grand Age fait partie des marchés que certaines entreprises aimeraient bien attaquer (en 2000, les plus de 60 ans étaient 12,6 millions en France, ils seront 25 millions en 2050 pour une population estimée à 70 millions).

2050, ce n'est pas demain, pourtant certaines entreprises sont déjà bien positionnées et ont bien compris les besoins spécifiques de cette cible.

Souvent mis en lumière via les services à la personne et l'assistance médicale, le Grand Age est majoritairement traité comme un sujet grave et sérieux et jugé peu captivant pour nous, jeunes et moins jeunes, qui ne voulont pas trop regarder de ce côté-là du chemin.

Ce lundi, coup de chapeau à
Trendhunter pour son "Grey Power Tour" !

Le site de tendances propose en effet un tour d'horizon un peu différent qui recence le dernières innovations dédiées au Grand Age.

Où vous découvrirez les Seniors Geeks, les téléphones Grand Age, les chaussettes de Grand-Mère livrée par internet, les dernières communautés, You Tube version "Old Age", la mode et les acteurs qui revendiquent leur âge et connaissent le succès...et bien sûr les derniers robots assistants.

Et pour bientôt ? On imagine que bon nombre d'expressions et de citations liées à la vieillesse seront à revoir et à adapter !

5 juin 2008

De l'intérêt de savoir écouter et décrypter

La métaphore est également valable pour toute forme d'écoute externe (marchés) ou interne (collaborateurs).

4 juin 2008

Cultivons la curiosité !

Tout nous pousse à la curiosité ("désir de savoir") aujourd'hui : l'information est instantanément accessible, large, sans frontière. Pourtant, assez paradoxalement, c'est le savoir, être au courant en premier, qui prédomine sur le désir.

La boulime d'informations ne rassasie jamais assez le savoir mais, de plus, éteint le désir ...de curiosité. Pourquoi ?

Demandez à un spécialiste ou une personne travaillant dans un domaine particulier si elle a le temps de s'intéresser à autre chose qu'à son domaine de prédilection ?

Or la curiosité constitue une posture essentielle à encourager pour toute entreprise à la recherche de nouvelles sources d'inspiration, de nouvelles idées, de nouvelles solutions, voire même de nouvelles interrogations.

Voici deux pistes en exemple qui peuvent être adaptées à votre cas :
  1. Le projet "Ideo eyes open", lancé il y a très peu de temps par l'agence éponyme mondialement connue pour son livre "The Art of innovation".
    Il s'agit de saynètes de la vie quotidienne, des "expériences de vie", classées par thème : seniors, communautés etc...sélectionnées parce qu'elles sont en apparence anecdotiques (hors du flux d'information) et pourtant sources d'inspiration "sensibles".

    Pourquoi ne pas développer votre propre programme de curiosités ? Une sorte d'adaptation contemporaine des anciens cabinets de curiosités, miroirs du monde, chargés entre autres de rassembler des choses, des expériences, des objets à mémoriser.

  2. Le grand retour...à venir des cahiers d'étonnement
    Un cahier d'étonnement, c'est tout simplement...un cahier dans lequel on note des images des mots, des moments qui nous ont étonnés en bien ou en moins bien.
    "J'ai trouvé ce livre original parce que c'est la première fois qu'un auteur rédige un livre dans le deux sens, avec l'histoire racontée par l'un des personnages d'un côté et la même histoire racontée par l'autre personnage dans l'autre sens (il suffit de tourner le livre de sens)..."
    Ensuite, on partage en équipe ces étonnements qui servent de matière première pour des idées nouvelles plus générales à exploiter dans son univers professionnel : pourquoi est-ce étonnant ? et si ? comment ? etc...

    Demandez à Claire Fay, auteur des fameux "Cahiers de Gribouillages", de vous compulser un "Cahier d'étonnement pour les adultes qui s'ennuient au bureau"...

    Vous réveillerez plus facilement et avec humour les curieux les plus endormis !

Vous êtes étonnés, interloqués ? Tant mieux !
Ce billet ne vous inspire rien de nouveau ? Tant mieux si vous vous demandez pourquoi ? En vous questionnant vous trouverez aussi une nouvelle idée !

Source image : fotosearch

PS : le titre est bien sûr inspiré de l'ouvrage édité par la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération) "Cultivons l'innovation", à l'occasion de son programme Carrefour des Possibles 500ème projet"

3 juin 2008

Pour en finir avec le clivage "voix du client" et "vision stratégique"

Tout le monde connaît la célèbre phrase d'Henry Ford : "Si j'avais demandé à mes clients ce qu'ils voulaient, ils auraient répondu des chevaux plus rapides".

Prônant ainsi la vision innovante et disruptive plutôt que l'écoute client, considérée ici comme une amélioration.

De l'autre côté, vous avez l'approche "écoute du client", notamment largement développée par le management de la qualité et la notion d'amélioration continue, relayée aujourd"hui par les normes ISO ( ex : Norme ISO 9001 version 2000 - chapitres 5.2, 7.2 etc..).
Celle-ci serait alors la voie royale pour bien innover.

Ce qui contribue à maintenir cette vision dichotomique de l'innovation, c'est que les acteurs conseil se sont eux-mêmes spécialisés et/ou positionnés selon l'une ou l'autre approche, appelons-les "innovation stratégique" ou "innovation client" pour simplifier.

Pourtant les deux sont complémentaires et nécessaires, pourquoi ?

  1. Les entreprises japonaises sont jugées parmi les plus innovantes grâce à leur méthodologie "de l'amélioration continue" ou PDCA (Plan-Do-Check-Act) : j'améliore sans cesse l'existant en écoutant mes clients et mes employés (voir billet avec étude Booz et Allen ici)
    Ce que personne ne dit c'est qu'elles utilisent aussi d'autres méthodologies dites de "vision stratégique" pour approcher de façon plus disruptive les marchés.
  2. 3M qui prônait le Six-Sigma comme religion d'entreprise remet quelque peu en question cette approche et cherche à réintroduire plus de "créativité stratégique".
  3. Procter que l'on connaît pour avoir institué le "Consumer is the boss" est avant tout le champion de l'écoute marché, capable de capter les idées de partout en interne et en externe, puis de les transformer en produits.

Dans tous les cas de figure, que faut-il retenir ?

Qu'innover, c'est se connecter vers différentes sources et provoquer de nouvelles conversations. Ces conversations reposent sur des questionnements bien différents de ceux que nous utilisons au quotidien.

Ces questionnements doivent être plus larges et plus profonds pour aller au-delà de ce qui est dit (dans le cas du client) et au-delà de ce qui est visible (dans le cas de réflexion marchés), pour rendre visible...l'invisible ou audible, l'inaudible.

Prenons deux exemples :

  1. Si vous posez une question comme celle imaginée par Ford, il y a effectivement de grandes chances pour que vous ayez une réponse qui soit une solution et non une attente insatisfaite.
    - "Que voulez-vous de mieux ?"
    - "Un cheval plus rapide"
    - "Pourquoi voulez-vous un cheval plus rapide ?"
    - "Pour me rendre à mon travail plus rapidement"
    - "Pourquoi avez-vous besoin de vous rendre à votre travail plus rapidement?"
    - "Pour travailler plus et gagner plus d'argent"
    Le client veut-il un cheval plus rapide ? Non, il veut faire son travail.
    A Ford d'imaginer le moyen de locomotion le plus rapide !

  2. Ensuite prenons l'exemple de Laurence d'Arabie (The Imagination Challenge, Manu Alexander):
    "Ils ont soif et très chaud et c'est à peine s'ils aperçoivent un point à l'horizon. Alors qu'ils s'assoient, le point grossit, se rapprochant d'eux et grandissant au fur et à mesure de son avancée.
    On pouvait à peine distinguer une forme : était-ce seulement un chameau ou un homme sur un chameau ?
    Et Laurence et son compagnon comprirent indéniablement qu'il s'agissait d'un homme, sur un chameau avec un pistolet."
    "Ils attendent. Ils regardent. Ils attendent. Deux hommes assis là, ne sachant pas quoi faire face à cette chose incertaine qui approche. Cela prend du temps avant que le signal ne devienne précis pour le compagnon de Laurence. Il est juste en train de dégainer son revolver qu'il est déjà tué par le cavalier qui approche."

    Et si Laurence d'Arabie et son guide était Sony et son compagnon Sony Music Entertainment et si le point à l'horizon était l'Ipod ?"

D'où l'interêt de visualiser :

  1. les phénomènes principaux sur un marché (sociaux, technologiques...), par exemple le phénomène "de plate-formes de réseaux",
  2. puis les tendances associées, par exemple la "R&D citoyenne", du labo de R&D au communautés de R&D,
  3. enfin les signaux liés : Innocentive, Folding@home de Stanford etc...
  4. A vous d'écrire votre conversation dans ce paysage pour passer de spectateur à acteur ! Comment commencer ? Par "et si ?"
    Lire ici en complément, la dernière interview de Prahalad sur l'innovation : "Learn to innovate, the CK Prahalad way".

En conclusion, l'utilisation de l'une au l'autre méthode doit surtout être reliée au contexte de l'entreprise (marché mature ou non, stratégie d'innovation claire ou non etc...).
Ensuite se focaliser uniquement sur l'une ou l'autre, c'est risquer la myopie ou la surdité : c'est bien là que réside la difficulté de l'innovation : trouver sa stratégie et ne pas oublier de regarder tous les "cadrans" !

Pour une approche synthétique des réflexions théoriques autour de la "voix du client", inscrivez-vous sur le site de Strategyn et lisez le rapport de thèse : "Outcome-driven innovation, a critical review".

Sinon, pour mieux comprendre la voix du client, lire "
what customers want" de Ulwick (Strategyn)

Et pour rappel le livre,
Innovation to the core, dédié au Total Innovation Management (à l'inverse évidemment du Total Quality Management) et "The New Age of Innovation : driving co-created value through global networks" de CK Prahalad.

2 juin 2008

Lexmark demande à ses clients d'imprimer moins

"Imprimez moins, gagnez plus", tel est le slogan de la dernière campagne Lexmark à l'attention de ses clients.

A première vue, on peut se dire "Ils sont fous !" Comment peuvent-ils tuer leur beau business modèle inspiré par Gillette : je vends du hardware et je fidélise le client avec les consommables, recharges et accessoires, sur lesquels je réalise des marges à faire pâlir bon nombre d'industriels ?"

Voici en tout cas un bel exemple d'approche innovation.
Pourquoi ? Ils ont étudié chacune des 4 dimensions (TMEC : Tendances, Marché, Entreprise, Client) et ont appliqué ce que j'appelle le "ECCA" : Ecouter, Capter, Choisir pour Agir.

  1. T : Prise en compte de multiples tendances de fond :
    - Forte montée de la responsabilité des entreprises en matière de développement durable ou quand écologie rime avec économie.
    - Imprimer, c'est gaspiller...du temps, du papier alors que la communication est rendue instantanée via internet.
    - Les produits deviennent des solutions

  2. M : Analyse de mon marché BtoB (puisque dans ce cas on est sur une cible BtoB):
    - Suis-je toujours dans un marché d'imprimantes ?
    - Suis-je sur un marché plus large des flux d'information ? de mémoire de l'information ?

  3. E : Analyse de mes atouts et de mes limites actuelles

  4. C : Ecoute des attentes clients (implicites ou non) :
    - Faire des économies sur des coûts fixes
    - Des produits optimisés : multifonctions
    - Développer des comportements responsables des collaborateurs : imprimer quand c'est nécessaire...
    - De nouveaux besoins dans la chaîne de valeur : au lieu d'imprimer pour envoyer et faire signer, envoyer pour faire signer directement etc...

  5. Mise en perspective de ces 4 dimensions pour développer la stratégie d'offre adaptée :
    - quelle offre service, avec quels partenaires et à quel prix acceptable pour le client BtoB ?

Le résultat "Imprimez moins pour gagnez plus" et découvrez la nouvelle gamme Lexmark de conseil en optimisation d'impression de documents ou de solutions de flux di'nformation .

Pour aller plus loin ?

- Lexmark pourrait monter un partenariat avec Locarchives qui a développé toute une gamme de nouveaux services d'archivage électronique.

- Autre question : ce qui est valable pour le BtoB, ne peut-il être proposé au BtoC ?

Ces formulations oxymoriennes sont très à la mode pour capter l'attention (Orange avec "Sortez dedans, rentrez dehors" par exemple).

En matière de réflexion stratégique, elle permettent de dépasser les paradigmes existants et de trouver de nouvelles voies de développement.

Maintenant, à vous d'imaginer les offres qui iraient avec les slogans :
Renault : "Utilisez-moi votre voiture, bougez plus"
Nokia : "Appelez-moins, communiquez plus"
Philips : "Regardez-moins la télé, sortez plus" (peut-être le prochain slogan de France Télévision).