30 oct. 2008

Les 10 entrepreneurs sociaux innovants en 2008

"La crise actuelle rend plus nécessaire que jamais l’invention de nouveaux modèles pour résoudre les problèmes sociaux et environnementaux", estime Arnaud Mourot, Directeur d’Ashoka pour la France, la Belgique et la Suisse.

Le 9 octobre dernier l'association Ashoka, qui soutient et aide les entrepreneurs sociaux innovants récompensait, pour la 3ème année consécutive, les 10 plus innovants d'entre eux.

Leur particularité ? Il s'agit de personnes qui mettent leurs qualités entrepreneuriales au service de projets novateurs capables, en se développant, de résoudre des problèmes majeurs de la société.

Découvrons ci-dessous les heureux élus :

  • Jérôme Deconinck - Terre de Liens (France) : Sauvegarder une agriculture à taille humaine et écologique pour redynamiser les zones rurales.

  • Allaoui Guenni - Emergence (France) : Conjuguer sport, insertion professionnelle et médiation sociale pour désenclaver les habitants des "quartiers".

  • Simon Houriez - Signes de Sens (France) : Donner aux sourds des outils pour accéder à la culture et à la connaissance, et briser préjugés et barrières.

  • François Marty – Chênelet (France) : Un habitat social écologique, valorisant pour les populations à bas revenus.

  • Didier Ketels - Droits Quotidiens (Belgique) : Permettre aux personnes fragilisées et exclues de connaître et faire valoir leurs droits .

  • Ignace Schops - Regionaal Landschap Kempen en Maasland (RLKM) (Belgique) : L’investissement public et privé pour protéger les espaces naturels, selon un modèle de développement concerté.
Les quatre autres ont été sélectionnés en référence à leur développement déjà important et au rôle "d’inspirateurs" qu’ils peuvent jouer au sein du réseau Ashoka :
  • Jean-Marc Borello – Groupe SOS (France) : Il démontre l’utilité voire la nécessité d’une consolidation/professionnalisation du secteur associatif.

  • Jean-Guy Henkel – Réseau Cocagne (France) : Dans toute la France, des Jardins maraîchers biologiques permettent la réinsertion de personnes en très grande difficulté.

  • Christine Theodoloz Walker - Intégration pour Tous (Suisse) : Un modèle révolutionnaire permettant aux personnes atteintes de problèmes de santé de (re)trouver durablement un emploi.

  • Reza Deghati – Aina (France - Afghanistan) : Reconstruire la société civile dans les pays sortant de conflits, en développant avec les habitants des médias indépendants et éducatifs.

Le problème avec la dénomination "entrepreneuriat social", c'est que les bons vieux clichés se mettent en place : on imagine un "DG" idéaliste, prêt à sauver le monde et travaillant gratuitement ("but non lucratif") . En résumé : un entrepreneur social ne peut être un vrai entrepreneur.


Selon le baromètre de l'entrepreneuriat social en France récemment réalisé par Opinion Way pour Ashoka, un mouvement commence à s'amorcer puisque s'ils sont "aujourd’hui majoritairement en statut d’association à but non lucratif, 4 sur 10 ont déjà pensé à changer de statut, pour des raisons assez claires : faciliter la collecte de fonds privés, se mettre en correspondance avec des activités ‘marchandes’, affirmer l’engagement démocratique. Par ailleurs, ils manquent de beaucoup de choses, principalement de moyens financiers et d’un accompagnement adéquat des pouvoirs publics et des entreprises."

L'heure de la grande convergence a également sonné pour l'innovation sociale : où le "non lucratif" doit passer à un statut "lucratif" et inversement où les entreprises classiques doivent intégrer cette nouvelle donne. (Voir le billet déjà paru "quand le non-marchand et le marchand convergent").


De façon plus générale, la terminologie utilisée brouille les pistes : l'innovation doit être responsable et ce sera ainsi qu'elle démontrera sa vraie valeur ajoutée. Une innovation responsable, c'est celle qui intégrera toutes les dimensions de réflexion, à savoir : business, scientifique, design et impact social au sens large. L'impact social n'est plus la "cerise sur le gâteau" pour faire joli mais une vraie dimension de fond.


La notion d'innovation responsable recèle une variété de démarches : comme ces entreprises tout à fait "normales" qui évoluent déjà dans la sphère d'innovation...à haute technologie responsable : Sios, Projet Enabled ....et d'autres comme British Telecoms,
ici, qui explique pourquoi la responsabilité sociale d'une entreprise n'est pas antinomique avec la rentabilité.

Tout comme le modèle économique du "gratuit' a bouleversé les repères économiques des entreprises et les a obligées à repenser leur business modèle, tout en ébranlant la notion de "valeur marchande" ; celui du "social" suit la même voie inexorable : quel nouveau business modèle ? quelle nouvelle valeur d'échange ?


Quelques liens pour en savoir plus sur "innovation sociale et le changement durable" :

Change Makers
University Network for social entrepreneurship
Stanford Social innovation Review
Next Billion
IMS Entreprendre pour la Cité


Si vous souhaitez compléter cette liste, n'hésitez pas à nous faire partager vos sources !

29 oct. 2008

Les hypermarchés de demain






Le groupe Metro (Classé 5ème au niveau international en 2008 par l'étude Deloitte "Les champions de la Distribution") nous invite à une balade dans le temps pour découvrir le futur du commerce.

Ce document provient des réflexions communes menées entre Metro, des fabricants de produits grand public et les fournisseurs de technologies au sein de The Metro Group Future Store Initiative (clic sur l'image ci-dessus pour accéder directement à l'étude).

L'idée derrière cette démarche repose sur la volonté de développer les nouveaux standards technologiques pour la distribution de demain, tout en engageant une démarche responsable.


Les grands thèmes (innovants?
la traçabilité on en parle depuis 10 ans) présentés visent à procurer une expérience client inoubliable (simple, authentique, agréable, rapide et optimisée).

Peu d'informations sont données sur les engagements durables fournisseurs etc... Or le défi pour les distributeurs de demain s'appellera eco-retailtainment ou comment allier l'attractivité, les prix, la proximité et la responsabilité sociale.
  • le Mobile Shopping Assistant qui, bien sûr, est capable de donner toutes les informations nécesaires sur le produit que vous cherchez mais qui vous accompagne aussi dans le management de votre alimentation et santé par exemple.
  • Les posters promotionnels interactifs
  • Le Sol interactif
  • Le Distributeur Automatique Inversé (pour tout recycler et calculervotre bonus recyclage) mais aussi doté d'un système pour se laver les mains.
  • Des moyens de pré-tester certains achats : votre équipement sportif, votre film etc...
  • Des ambiances plus vraies que nature : pour la poissonnerie et les fruits et légumes..
  • La supra qualité grâce au RFID dont seront truffées les produits finis ou bruts.
  • Mais qui permettront aussi d'optimiser les flux de circulation (petit programme également intégré dans votre MDA).
Pour en savoir plus sur l'avenir de la distribution et du commerce, je vous recommande deux temps forts (si vous venez de râter EquipMag) :

Le Retail Innovation Summit à Singapour, les 2 et 4 décembre prochains.
The World Retail Congress les 6 et 8 mai 2009 à Barcelone.

Pour avoir un aperçu synthétique des technologies-clés associées à la distribution, c'est
ici.

Enfin, une lecture oblique peut s'avérer intéressante :


Si vous n'êtes pas dans le commerce mais sur des sujets de concepts de transit, d'architecture plus classiques, vous trouverez quelques idées à piocher.


Si vous êtes dans le tourisme, intérrogez-vous quand même sur ces futurs lieux d'escapade !

28 oct. 2008

La récession rime aussi avec innovation

Les premiers réflexes liés à un contexte économique morose sont l'attentisme, les réductions de coûts et, de façon générale, le repli.

Les informations commencent déjà à nous abreuver du flot de ces mauvaises nouvelles.


Pourtant, la récession peut aussi être vue sous un autre angle, plus optimiste : celui de l'innovation.

Ideo (dans ses publications de septembre 2008) nous rappelle ainsi comment la pomme de terre est arrivée dans nos assiettes à la fin du XVIIIème siècle alors que le marché des céréales connaissait une crise sans précédent.

Les familles avaient toujours le même besoin de nourrir leurs familles mais les céréales ne pouvaient plus répondre à cette demande de base. Ce qu'Ideo ne précise pas c'est qu'en France Parmentier a largement contribué à sa promotion comme alternative.

Parmentier publie en 1781 une thèse sous le titre "Recherches sur les végétaux nourissants qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires, avec de nouvelles observations sur la culture des pommes de terre".

La pomme de terre devint ainsi l'un des aliments principaux et le resta même après la "regain" du marché des céréales.

Le message délivré par Idéo est simple : la récession peut permettre à une entreprise de déceler de petits ou grands changements de comportements de consommation qui ouvrentl a voie à de nouvelles idées de produits ou de services... durables.

Les 5 recommandations finales à méditer :

  1. Restez connectés à vos clients...et à leurs attentes. Puisque les clients vont cherche à satisfaire leurs besoins de façon différente, et notamment d'abaisser le niveau de leurs dépenses. Passez du temps à comprendre leurs attentes.

  2. Regardez de nouveaux espaces de marché. Tout comme la pomme de terre remplaça les céréales, vos clients risquent de se tourner vers des solutions inédites et certainement éloignées de vos produits ou services.

  3. Inspirez-vous des modèles qui fournissent plus de valeur pour moins d'investissement. Et cela sur n'importe quel marché.

  4. Trouvez des opportunités qui répondent à des besoins essentiels mais restent aujourd'hui trop complexes pour le client. Cherchez la simplicité à tout prix !

  5. Ne craignez pas de tester vos idées. Testez les même si elles ne sont pas finalisées!

En conclusion : Ne réagissez pas à la récession en cessant tout développement car peut-être votre produit sera-t-il la pomme de terre de demain !

23 oct. 2008

Ceci n'est pas une chaussure

Ou comment les tribus Masaï d'Afrique ont inspiré l'une des chaussures les plus révolutionnaires.

Des scientifiques ont en effet remarqué que bien que les Masaï marchent pieds nus sur le sol, ils ne souffrent pas de maux de dos.

En menant de plus amples recherches, ils se sont aperçus que marcher pied nus sur des sols irréguliers activait des muscles qui ne le sont jamais quand on porte des chaussures normales sur un sol normal.

Le résultat ? La première chaussure "MBT inside", c'est-à-dire dotée de la technologie "pieds-nus Maisaï".

La cible ? Pour l'instant thérapeutique, mais certainement pas pour longtemps.


A noter :
  • Une innovation basée sur l'observation contextuelle
  • et inspirée par la nature en quelque sorte (bio-innovation).
  • L'innovation thérapeutique va devenir de plus en plus récurrente et diffuser dans différents secteurs, vieillissement de la population oblige mais aussi avec le Management Personnel de Sa santé. Le design a de beaux jours devant lui pour rendre ces nouveaux équipements...portables !
Vous voulez garder une longueur d'avance sur le sujet ?
C'est ici avec BioMimicry ou là avec le Top30 des chaussures.

Source : TrendOriginal

22 oct. 2008

Tribus et chefs post-modernes selon Seth Godin

Le dernier livre de Seth Godin (sorti officiellement cette semaine) s'intéresse aux Tribus post-modernes, qui ne sont finalement pas si différentes de celles d'hier.

Les deux principales différences viennent :

  1. de l'outil utilisé pour créer ses tribus, à savoir Internet. Le réseau virtuel a éliminé toutes les barrières géographiques, de coûts éventuels associés pour adhérer à une tribu et de temps.Tout le monde peut créer immédiatement sa tribu sur n'importe quel thème.

  2. du terme "communauté" généralement employé pour désigner ce rassemblement de personnes autour d'une thématique. Or la communauté, si elle repose sur un esprit collaboratif, n'en n'est pas moins une tribu qui se doit d'avoir un chef.
Ce que Seth Godin veut faire passer comme message ? Le marketing est désormais une affaire de leadership, de capacité à faire avancer, évoluer, rassembler, comprendre et connecter une tribu.

Les nouveaux outils des réseaux sociaux ne resteront donc que des outils s'il n'y a personne ,à leur tête, pour insuffler le mouvement et la passion (sous réserve d'avoir un produit ou service différencié à proposer).

La portée du livre est bien sûr plus large que la simple communauté de marketeurs, tout manager pourra en retirer une approche éclairante dans un contexte d'entreprise 2.0.

Avant de lire le livre, découvrez des cas concrets : comment naissent les tribus, comment les manager, comment peuvent-elles s'inscrire dans la durée ? Tous ces thèmes sont abordés dans une initiative d'écriture collaborative, lancée en parallèle de son livre, par Seth Godin.

Les mérites du livre ?
  • Inciter le lecteur à ne pas utiliser ses raisonnements usuels pour appréhender un nouveau contexte : le tribalisme post-moderne (loin des notions classiques de marché) n'est pas qu'un état d'esprit mais une réalité que les marketeurs doivent aborder autrement.

  • Utiliser un langage non verbeux et toujours simple.

  • Seth Godin fait toujours très fort dans sa façon de commercialiser ses nouveaux livres. A noter la carte Akoha (jeu social) glissée à l'intérieur du livre pour faire découvrir "Tribes" à quelqu'un.

  • Les "cas" proposés (voir lien image à droite), car je pense que certains lecteurs assidus de Seth Godin cherchent toujours comment développer des vaches pourpres !

21 oct. 2008

Les 5 tendances qui vont changer notre conception du futur


Notre monde sera non plus pensé mais designé, ça s'est la méga tendance qui induit une toute nouvelle posture empathique, pluridisciplinaire, ethnographique, de requestionnement intelligent (car volontairement naîf et simple) dans un environnement désormais reconnu comme véritable écosystème.

Le design qui s'était laissé enfermé dans la forme, s'attaque au fond et à la recherche de cohérence des deux. David Report, célèbre designer-tendanceur, nous livre sa vision du futur déroulée en 5 macro-tendances (voir-ci-dessus). A lire d'urgence ici.

Pour ceux qui auraient également zappé le dernier ouvrage prospectif du Blog des Marchés du futur (Ordre des Experts comptables) sur l'entreprise de demain, voir aussi l'entreprise 2018.

16 oct. 2008

Quand Lego vend de l'imagination...

Les dernières campagnes Lego valent le coup d'oeil : simples, efficaces, avec une proposition unique : "jouer avec votre imagination".

Elles auraient presque pu illustrer en leur temps les propos d'Einstein "la logique vous conduira de A à B, l'imagination vous emmènera partout".

Coup de chapeau à cette marque que l'on voulait enterrer il y a plus de 10 ans et dont la démarche innovation inspire d'autres industriels (voir ici l'article de FUJITSU).

Pourquoi ? Parce que Lego vend désormais des expériences créatives et de l'imagination (et non plus des blocs de plastique) en impliquant ses clients actuels mais aussi en accédant à de nouvelles cibles. Comment les petits cubes ont-ils réussi à séduire ados et adultes, voire geeks ? En s'attaquant à de nouveaux univers très porteurs à l'heure actuelle, les robots (voir Lego Mindstorm).

Autant dire que l'avenir de Lego reste ouvert car quand on se met à vendre de l'imagination, on peut tout vendre ou presque !

Source publicités Lego : AdverBox

15 oct. 2008

Ford MyKey : l'innovation à côté de la plaque

"MyKey", c'est la dernière innovation chez Ford. Il s'agit d'une idée a priori pertinente : une clé intelligente pour éviter que les jeunes conducteurs ne se "lâchent" au volant.

Quand l'adolescent introduit la clé au démarrage, le véhicule reconnaît immédiatement le profil du conducteur, à savoir "novice et prêt à en découdre parfois avec la route".


Concrètement, la petite clé peut contrôler automatiquement (après pré-programmation de celle-ci par les parents) la vitesse de conduite (pas plus de 130 km maximum par exemple et la moyenne kilométrique par heure), mais aussi le son de la radio, ou encore prévenir par un signal sonore si le réservoir atteint un seuil critique etc...


Le système MyKey a tout pour lui :
  • Les parents (acheteurs et décideurs) adorent : les études de marché réalisées par Ford montrent que 75% des parents apprécient le contrôle de la vitesse et de la radio, tandis que 67% des adolescents-conducteurs détestent.

  • Le concept surfe sur le renforcement de la sécurité routière (les accidents de la route sont la 1ère cause de décès chez les adolescents aux Etats-Unis et en France). Ford se révèle ainsi sous un aspect "entreprise responsable".

  • MyKey devrait être disponible en 2010.
Il semble difficile d'émettre quelques doutes sur une clé destinée à faire le bien public. Pourtant, cette innovation arrive, selon moi, trop tard et elle est complètement à côté de la plaque :
  • Est-ce que cela fera vendre plus de voitures dans un contexte déjà peu favorable ?

  • Le futur des jeunes conducteurs et leur responsabilité ne passerait-elle pas plutôt par une éducation à se déplacer autrement au lieu d'apprendre à mieux conduire.
On peut ainsi s'interroger sur les méthodes employées pour innover, d'une part, et la notion d'évolution de métier d'autre part.

MyKey est le fruit d'une écoute attentive des préoccupations de ses clients (jusque-là tout va bien), en revanche le résultat tient à une mise en perspective entre "attentes clients" avec ce que sait faire l'entreprise ou ce qu'elle a dans les tiroirs comme on dit.

Or, dans certains cas, l'entreprise doit se projeter vers ce qu'elle ne sait pas faire non plus pour imaginer de vraies nouvelles solutions. Enfin, qui achètera vraiment le concept en 2010 ? Entre les études qui affirment que le client approuve à 80% et la réalité qui révèle qu'ils ne seront que 10% à passer à l'acte...l'histoire de l'innovation des marques est longue de cet amalgame rapide entre "intention = achat".

Ensuite, si l'histoire et l'aménagement du territoire américain ont rendu la voiture indispensable, il est temps d'être vraiment responsables : quels nouveaux systèmes de mobilité pour préserver non pas uniquement la vie des jeunes mais tout notre écosystème : "le maintien d'un emploi éloigné", "les courses à faire", "sortir se divertir"...et, bien sûr, l'environnement.

Alors, qui seront les fournisseurs des systèmes de mobilité demain ? pour Ford, cela ne semble pas encore évident, la SNCF (qui diversifie et ramifie son territoire avec son annonce, fortement décriée, d'achat de 200 licences de taxis) ? Air France (et ses futurs Train à grande Vitesse) ? Les loueurs de véhicules qui auront inversé le rapport de force avec les constructeurs automobile ? Les constructeurs automobiles qui seront devenus des loueurs de mobilité ? Toyota et ses robots... pour bouger et vivre libres?

Les jeux sont ouverts...mais plus pour longtemps !

Source : BusinessWeek - octobre 2008.
Pour en savoir plus sur l'innovation chez Ford, c'est ici.

14 oct. 2008

Pour tout savoir sur l'Open Innovation ou Innovation ouverte

L'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) vient d'éditer une étude à ne pas râter si vous vous interrogez sur l'innovation ouverte (open innovation). L'investissement demandé de 16€ est largement amorti à l'arrivée.

L'innovation ouverte, c'est quoi ? L'ouverture d'une entreprise à des partenaires extérieurs (fournissseurs, clients, universités, pôles de recherche, institutions publiques ou privées...) pour innover.

L'intérêt, l'entreprise bénéficie ainsi d'expertises complémentaires, mutualise des moyens, partage éventuellement les risques liés à des développements lourds.


C'est Procter & Gamble et son désormais célèbre "Connect and Develop" qui a convaincu d'autres industriels.


La nouveauté tient à la fois :

  • à l'organisation de cette innovation ouverte,
  • au fait qu'elle touche tous les secteurs d'activité (technologiques ou non),
  • au rééquilibrage entre l'interne et l'externe (l'externe ayant été précédemment sur-valorisé ?)
  • à l'évolution de la définition-même du terme "ouverte" qui ne signifie pas/plus "gratuite".
Si certaines conclusions enfoncent un peu des portes ouvertes, comme "les grandes entreprises innovent de façon plus ouverte que les plus petites. Les données marché révèlent que les grandes entreprises sont 4 fois plus enclines à innover avec des partenaires extérieurs", d'autres démontrent qu'à l'heure de la virtualité "la proximité géographique compte dans les partenariats" et que des différences significatives existent dans les modèles "innovation ouverte" au sein d'une même industrie, et de pays.

De nombreux schémas, définitions et exemples inédits rendent l'ensemble extrêmement dynamique, instructif et opérationnel.



Voici la table des matières ci-dessous :



Chapter 1. Open Innovation in Global Networks
-The Concept of Open Innovation
-Applications of Open Innovation, Lead Markets, and Open Source
-Open Innovation in Innovation Literature
-Drivers of Open Innovation: Demand and Supply Factors
-Global Networks and Innovation Ecosystems
-Open Innovation across Industries
-Modes of Open Innovation
-The Advantages and Disadvantages of Global Innovation Networks
-Global Innovation Networks and Intellectual Property

Chapter 2. Empirical Measures of Open Innovation
-Case Studies and Surveys
-Trends in R&D Collaboration
-Innovation Surveys: the Role of Networks and Collaboration
-Patents: Co-Inventions and Co-Applications
-Trends in Licensing
-Some Tentative Conclusions

Chapter 3. Insights from the Company Case Studies
-General Overview
-Quantitative Findings on the Globalisation of Innovation
-Qualitative Findings: Open Innovation on a Global Scale
-Towards an Integrated Model of Open Innovation

Chapter 4. Policy Implications
-Policy Issues Related to Globalisation and Open Innovation
-Policy Responses
-Towards a Different Innovation Policy?

Enfin, si vous ne connaissiez pas la librairie de l'OCDE, vous constaterez qu'elle regorge d'études et d'ouvrages fort intéressants !

13 oct. 2008

A quoi ressemblera l'éclairage du futur ?

"Changer une ampoule" appartiendra bientôt au passé, en effet la prochaine expression appropriée risque plutôt de ressembler à "tu as roulé la lumière ?", voire "où as-tu accroché la lumière ?" si l'on en croit les dernières recherches menées notamment par GE (voir vidéo ci-dessous).

En effet, la nouvelle technologie de l'OLED (Organic Light-Emitting Diodes) pourraient donner naissance à de nouveaux usages lumineux (!!!) et ringardiser nos vieilles ampoules.

Jusqu'à présent, cette technologie était principalement le sujet de recherches et d'applications dans le domaine de l'affichage ou comment remplacer les écrans à cristaux liquides (LCD) et plasma à moyen terme.


La nature même des OLED lui confère de nombreux avantages par rapport aux technologies existantes : l'usage de plastique ou de matières organiques (plutôt que cristalline ou de composés métalliques) permet de disposer d'un écran plus léger, plus mince et beaucoup plus souple.

Enfin, dernier élément - et pas des moindres - qui joue en la faveur de l'OLED, c'est sa "durabilité" : la technologie nécessite beaucoup moins d'énergie pour fonctionner.
..mais sa fabrication reste encore chère.





Si vous n'êtes pas dans l'éclairage, la démarche reste identique en termes de questionnement : imaginez...le futur de la chaussure sans chaussure, le futur de l'ordinateur sans souris (ça existe déjà, il s'agit des écrans tactiles), le futur de l'automobile sans essence, ou encore le futur de l'économie sans crédit etc...

Pour en savoir plus :
Un clic vers le site d'études Nanomarkets et vers le site de GE Global Research.

10 oct. 2008

L'innovation vue du Quebec

Le RIN est un Réseau de veille des pratiques ingénieuses d'innovation...made in Quebec !

C'est ce que les chercheurs, à l'origine de ce site, disent pour être modestes car les sources balayent bien plus larges : rapports innovation, explication de tendances innovation émergentes, politiques locales et régionales...


Un clic ici :
RIN et n'oubliez pas de consulter le Bulletin Innov !

8 oct. 2008

Le développement responsable vu par les consommateurs

"La Gnomenclature du Développement Responsable de A à Z" nous est offert par l'agence Hartman.

Il s'agit Un livre-grimoire-recueil d'insights clients et d'études quantitatives que l'agence a menées sur le sujet .

L'objectif : montrer l'écart entre la vision entreprises et la perception des clients (et introduire le prochain rapport Hartman à venir sur le sujet !).

On aime le côté Contes de Grimm, elfes et chromos, l'humour, l'humilité, la simplicité et l'efficacité !

Il n'y a rien à dire de plus, il vous reste juste à feuilleter (ci-dessous).



7 oct. 2008

Dernières études sur les (bonnes) pratiques innovation

Le Boston Consulting Group vient de publier les deux dernières mises à jour de ces études phares en innovation : Innovation 2008: Is the Tide Turning? et Measuring Innovation 2008: Squandered Opportunities.

Ces deux rapports, élaborés en partenariat avec Business Week, couvrent un panel de 3000 chefs d'entreprise, issus de 70 pays différents et de toute industrie.

Qu'y apprend-on ? Les titres choisis laissent suposer qu'il reste beaucoup à faire :

  • Les entreprises sont frustrées par le retour sur investissement de leur innovation.

  • Les 2 indicateurs-clés utilisés sont : la satisfaction client et le poids des ventes attribué aux nouveaux produits. Et la génération d'idées en interne ?

  • Elles placent l'innovation dans leurs 3 premières priorités mais sont pourtant moins nombreuses (au global) à vouloir augmenter leurs budgets innovation.

  • Elles cherchent plutôt à proposer de nouveaux produits/services à leurs clients actuels. En deuxième place, elles optent pour les nouveaux produits ou services qui permettent d'attaquer de nouvelles cibles/marchés (une approche plébiscitée dans l'agroalimentaire).

  • En matière d'exécution, le BCG révèle deux grandes faiblesses : la rapidité et la discipline/organisation. Les deux points forts qui émergent relèvent, quant à eux, de la connaissance clients et d'une posture plus encline à soutenir l'innovation dans l'entreprise.
Ce qu'il faut faire ? A découvrir p. 20 "Setting the pace" puis p.23. Personnellement, j'aurais commencé par proposer de faire évoluer les indicateurs de ROI (au risque de me répéter...).

N'oubliez pas de regarder la p. 22 de l'étude qui vous donnera le classement des entreprises jugées les plus innovantes par les 3000 interviewés.

Pendant ce temps, AT Kearney nous indique que les entreprises les plus innovantes sont celles qui investissent trois plus dans la phase amont (stratégie innovation, génération d'idées et développement de concept) et dans les collaborations extérieures. Mais elles prennent aussi le temps de définir en interne ce qu'elles entendent par innovation. Le visuel concernant le développement de nouveaux produits chimiques est très éclairant (p.5).

Le problème avec ce genre d'études c'est qu'elles vous confortent dans votre zone de certitude ou d'incertitude.

L'avantage, c'est qu'elles obligent à se poser quelques questions. Alors, autant s'interroger...avec pertinence. Redécouvrez la métaphore de la chenille et du papillon : "on ne devient pas papillon en restant chenille, mais c'est en cessant d'être une chenille que l'on devient papillon".

2 oct. 2008

Innover sous private label

Beyond Beauty Mag éditait un article passionnant sur la redistribution des cartes actuelles entre les "marques nationales" et les "private labels/sous-traitants".

Comme l'explique le journaliste : "aux premiers, les lancements stratégiques ; aux seconds, une délégation de plus en plus large allant jusqu’à la gestion complète des projets. Un partenariat nécessairement gagnant. Principale difficulté pour les acteurs ainsi réunis, trouver le bon business model. "

Si l'article s'intéresse principalement à l'univers de la cosmétique, les parallèles avec les autres univers de consommation sont assez évidents et encore plus criants avec la Grande Distribution. En effet, peut-être faudrait-il désormais l'appeler la Grande Production ou les Hypers Producteurs ?

Il y a plus de 10 ans quand je travaillais chez FUJI et que les principales chaînes d'hypers avaient annoncé la réduction des référencements de marques nationales (à l'époque entre 8 et 10 pour passer à 3 ou 5), nous nous étions inquiétés d'une soviétisation de l'offre.

Aujourd'hui, si vous êtes récemment allé faire un petit tour dans un hyper, vous aurez compris que l'avenir des marques nationales ne passera plus par ce réseau (ou très peu) mais soit par la renforcement de leur présence dans le petit commerce de proximité, soit par internet ou par des réseaux en propres à inventer.

Si le changement de paradigme est réel en matière de tâches assignées aux sous-traitants des marques nationales, il va l'être sous peu pour les marques nationales en termes de distribution. Car comme dit l'adage mercantile "no show, no go" !

Source image : fotosearch

1 oct. 2008

Quelles leçons d'innovation avec le jeu de cartes Bella Sara ?

Bella Sara est un jeu de cartes de chevaux dédié aux enfants.

Les cartes de chevaux servent...à jouer mais peuvent aussi être collectionnées et/ou échangées.

Chaque carte présente un cheval différent, un message positif (voir image à gauche) et un code d'activation à entrer sur un site pour faire apparaître ses chevaux dans sa propre écurie sur internet.

Quand on rentre dans l'univers de Bella Sara, on découvre l'encyclopédie de toutes les races de chevaux, des jeux avec les chevaux, son écurie de chevaux dont il faut apprendre à s'occuper etc...

Jusque là, vous vous dites qu'il s'agit de la bonne vieille recette du jeu qui utilise tous les tableaux pour capter les enfants : la relation "physique" avec la marque (via les cartes) et la relation "virtuelle" pour maintenir le lien (via le site internet).

Pourtant, ce qui différencie ce jeu de bien d'autres tient à 3 principaux éléments :

  • L'approche complète : du jeu, en passant par les contes associés, l'apprentissage de la lecture et du soin des animaux : apprendre à donner de l'énergie à son animal en le nourrissant, le brossant, l'entraînant ; les liens commerciaux non agressifs vers les produits dérivés (magazine, figurines etc...).

  • L'unicité et la personnalisation.

  • Enfin, et c'est certainement le point le plus étonnant, l'atmosphère d'un monde très positif, plein de joie, d'imagination (à tel point que je me suis demandée si une secte n'oeuvrait pas dans l'ombre).
Voilà pour le descriptif résumé.

Quelles leçons tirer de ce jeu ? Si j'étais une enseigne proposant un programme de fidélité, j'y regarderai à deux fois.

Les points cumulés permettent de bénéficier de réductions ultérieures, voire de petits cadeaux ; le système s'est banalisé.

Qu'est-ce qui différencie aujourd'hui un programme de fidélité d'un autre programme de fidélité : le montant des remises ? la newsletter ? les petits conseils ? la financiarisation ?

Ces atouts sont non négligeables dans un contexte grisâtre. En revanche apporter une touche plus ludique et positive constituerait un "extra" inédit et vraisemblablement pertinent.

Comment ? Remettre au goût du jour une petite carte, délivrée à la caisse sur présentation de sa carte privilège, à collectionner avec les petites phrases ou un conseil positif. Puis télécharger son code et constuire son monde associé vraiment personnalisé.

Cela semble plus long comme "process" de fidélisation ? Qu'en dirait notre moral ? Qu'en dirait les concurrents : un premier pas vers la neuroéconomie comme l'appellent déjà les américains ?

La suite dans vos enseignes préférées....


Pour en savoir plus sur Bella Sara :
www.cartabella.fr