29 janv. 2009

Les emplois de demain

L'emploi demain, à quoi ressemblera-t-il ? C'est bien l'une des questions qui sous-tend la manifestation et les inquiétudes d'aujourd'hui : quel avenir dans le monde du travail ? à quel salaire ? etc...

Le discours inaugural de Christian Orofino pour le lancement de la 4ème Convention du Syndicat National des Agents de Voyage résume à lui seul ce qu'une myriade de secteurs connaissent actuellement en matière d'emplois :"2009 est une année charnière et demain, en 2010, le métier d'agent de voyages ne sera plus jamais comme avant. Une nouvelle loi, une nouvelle réglementation, la part de marché - le "gâteau" - n'aura pas changé mais, de nouveaux convives s'inviteront. Y en aura-t-il pour tout le monde ? "

En novembre 2008, Lucie Robequain (journaliste au quotidien Les Echos, en charge des questions d’emploi) et Fabrice Lacombe (notamment président pour la France du cabinet de conseil en recrutement Michael Page International) livraient leur état des lieux prospectif sur "Les Emplois de demain": quels seront-ils ? Quelles sont les tendances identifiées qui peuvent permettre d'anticiper les besoins du marché du travail des années 2015.

L'ouvrage se décompose en 3 parties : tout d'abord une analyse du marché de l'emploi et les métiers du recrutement en France, puis l'observation des avancées dans les pays étrangers et enfin la Prospective du marché du travail à l'horizon 2015.

Le livre est intéressant, factuel, synthétique, précis et s'appuie sur des sources d'experts. Tous les acteurs de la chaîne de valeur sont passés en revue (recrutés, recruteurs, recrutant et non recrutés) et mis dans une perspective dynamique : ce qui se passe aujourd'hui et ce qui va se passer demain.

En résumé, "les emplois de demain" pourrait servir de vision synthétique aux nouvellement promus : Martin Hirsch et Richard Descoings.

Il ne faudra cependant pas attendre de solutions...qui pourraient créer polémiques ?(parti pris ? contrepied du rapport Attali?), Certaines émergent ici et là. Je cite deux exemples :
  • Sur le temps partagé et le développement des multisalariés : "pour l'heure les quelque 400 groupements d'employeurs ne salarient que 8000 personnes, la plupart dans le secteur agricole". "une entreprise sur cinq pourraît être concernée précise Max Vallancourt, responsable de l'Observatoire du temps partagé (OTP). Celui-ci permet aux multisalairés d'avoir un contrat unique, un CDI, établi par une association loi 1901 à laquelle tous les employeurs sont adhérents.

  • Sur le télétravail : "le télétravail répond au souhait de mieux équilibrer vie privée et vie professionnelle, et contrairement aux idées reçues il est un facteur d'accroissement de la productivité estime le député Pierre Morel-A-Luissier (UMP) auteur d'un rapport sur ce sujet. Plus loin dans le livre on saura que ce mode de travail ne fait néanmoins pas baisser le stress. Mais que les entreprises françaises (anglosaxonnes) qui ont mis en place le système sur la Région Parisienne semble être très satisfaite des résultats obtenus.

De plus, certains titres ou passages résonnent comme des "insights" habituellement utilisés en innovation (que l'on retravaille ensuite sous forme de dilemmes à résoudre) pour construire de nouveaux concepts. J'en cite également quelques uns :
  • "Notre système d'orientation est le premier responsable du chômage des jeunes" - Dominique de Calan, spécialiste de la formation porfessionnelle qui occupait jusqu'en 2007, la fonciton de Délégué général adjoint de l'Union des Industries et métiers de la métallurgie.

  • "Pour conserver leur main d'oeuvre, certaines entreprises préfèrent laisser leurs salariés réaliser leur propre projet éthique".

  • "Les nouvelles technologies ne vont cependant pas faire que remplacer des machines par des robots, et des hommes par des ordinateurs. Elles engendrent une nouvelle organisation du travail dans laquelle la polyvalence des salariés est particulièrement prisée." etc...
Ce que l'on retrouve dans l'ouvrage : pas mal d'idées venues d'Europe et dont la France s'est déjà inspirée pour mettre en place de nouveaux axes de progrès (concept de flexicurité, suivi des chômeurs, CV anonyme contre la discrimination à l'embauche...).

Ce qui fait défaut :
  • Peut-être des exemples plus récents de politiques innovantes : si la Norvège fait aujourd'hui figure d'exception en matière d'innovation nationale, l'initiative lancée fin 2007 par l'Angleterre en instaurant un Ministère de l'Enseignement, Innovation et Compétences mérite d'être relevée et écoutée.
  • En matière d'innovation, les pays émergents ont beaucoup à nous apprendre et "les emplois de demain" n'y fait pas allusion. Si leur contexte semble diamètralement opposé au nôtre avec la pauvreté s'invitant comme toile de fond, les thématiques transverses restent intéressantes à suivre (capacité à former et faire évoluer, à attirer des talents, à gérer des disparités géographiques, à inclure les femmes dans le travail etc...).
    Pour se faire des idées neuves sur le sujet, suivre la revue "Standard Social Innovation Review" ou (re) lire les recherches menées par Linda A.Hill sur l'innovation de management dans les pays émergents. Cette chercheuse apporte un éclairage complémentaire en matière de compétences recherchées et talents développés "en local".
Quelques lectures recommandées en complément :
Le défi qui nous attend sonne un peu comme un glas et appelle à la réinvention : un pays qui ne semble pas particulièrement préparé à l'avenir et à ses mutations profondes. Face à cela, l'Etat ne pourra ni imposer, ni tout faire : il pourra être porteur du changement mais ce seront les acteurs qui le conduiront.
Les acteurs sont-ils prêts à changer ensemble... en cette année européenne de l'innovation et de la créativité ?

28 janv. 2009

Rapprocher les tables pour un Nouvel Ordre Economique

De Belem à Davos, on parlera de développement économique sur fond de crise aiguë comme le titre Le Monde.

D'un côté, les dirigeants de pays veulent "redessiner le monde de l'après-crise", de l'autre "définir les règles d'un monde nouveau".

En fait, il existe déjà dans les faits ce monde "entre-deux" qui réconcilie la confiance, la responsabilité, la solidarité, la communauté et l'activité économique (aspects positifs) mais aussi le repli sur soi, la peur de l'étranger et le grand retour du Village comme vision long terme (pour la face sombre).

Où ? Aux Etats-Unis notamment ! Le programme BerkShares, créé il y a deux ans pour la communauté de Berkshire (Massachussets), connaît un vif succès : cette organisation non commerciale a créé sa propre monnaie.

Cette monnaie a rapidement intéressé d'autres communautés. Comme le dit elle-même la fondatrice Susan Witt "nous recevons 3 appels par jour de la part de communautés qui souhaitent créer leur propre monnaie". Il y aurait l'équivalent de 2 millions de dollars (en Bershares) qui circuleraient et le nombre d'entreprises impliquées dans le programme s'élèverait à 350.

Mais pourquoi cette monnaie et à quoi ça sert ? L'argent bénéficie à toute la communauté et n'est pas réservé à certains : les clients bénéficient d'une remise automatique de 10% sur leurs achats. Les entreprises reçoivent en soutien une forme de parrainage et de soutien. Les organisations à but non lucratif peuvent devenir lucratives en toute bonne conscience en achetant des Berkshares à 90% de leur valeur et en les échangeant à taux plein à leurs adhérents, qui vont eux-mêmes alors bénéficier de remises sur leurs achats
etc...

En résumé, le programme BerkShares a tout simplément créé une nouvelle approche systémique des flux financiers pour soutenir les pratiques responsables, partager les richesses et faire du chiffre d'affaires. N'est-ce pas ce que l'on attend du Nouvel Ordre Economique à venir ?

La constitution américaine interdit normalement les Etats de créer leur propre monnaie, mais il semblerait qu'elle ferme les yeux sur ces monnaies locales (des micro-monnaies ?).

La morale de l'histoire ?

C'est que la refondation du monde financier ne viendra pas des financiers (tout comme les innovations de rupture proviennent très rarement des acteurs en place sur un marché). Surtout, elle ne pourra certainement se faite tant que les conversations se feront en deux points du monde.

Ce modèle est-il généralisable, cela ne semble pas souhaitable mais le principe oui.

La notion de "communauté", glorifiée quand elle porte le sigle "2.0" et montrée du doigt quand elle s'affiche réellement, mérite d'être repensée. La communauté c'est l'anti "Terre plate" comme Friedman l'avait repris. Les communautés, ce sont des sortes de petites tables ici et là (pour reprendre la représentation métaphorique du monde de Pablo Neruda dans son Ode à la table), des petites tables qu'il est grand temps de rapprocher pour engager le débat de fond !

Sur les quatre pattes de la table
j’éparpille mes poèmes
étale le pain, le vin, le rôti
(navire noir des rêves)
j’y pose ciseaux, tasses, clous
oeillets, marteaux.

table fidèle
porte-rêve, porte-vie
titan quadrupède.

C’est la table du riche
imposante et caracolante
telle un paquebot fabuleux
chargé d’abondance.
C’est la table du gourmet
belle et bien mise
dans son décor de langoustes gothiques

C’est la table solitaire
dans la salle à manger chez notre tante
quand s’ouvrent les rideaux
et pénètre un rayon de l’été
fin comme une épée
pour saluer sur la table sombre
la paix transparente des cerises.

C’est aussi la table lointaine, la table pauvre
où l’on prépare la couronne
pour un mineur mort,
et de cette table monte l’odeur froide
de la dernière douleur.

Tout près, il y a la petite table
dans cette alcôve sombre
où brûle l’amour et ses incendies
et sur la table
un gant de femme encore tremblant
comme l’écorce du feu.

Le monde est une table
entourée de miel et de fumée
couverte de pommes et de sang.
La table est dressée
elle attend les banquets ou la mort
et nous savons quand
elle nous appellera:
invités à la guerre ou au repas
il nous faut décider
savoir comment s’habiller
pour s’asseoir à la grande table
si nous mettrons les pantalons de la haine
ou la chemise d’amour fraîchement lavée
mais il faut faire vite
on nous appelle déjà:
les enfants, à table !

Pablo Neruda - Ode à la table - "Navigaciones y Regresos" (1959)

Autre billet sur le même thème :
La fin du gratuit et le nouveau contrat économique

21 janv. 2009

L'innovation est morte...Vive la Transformation ?

Tandis que depuis hier, nous ne connaissons plus qu'une seule lettre dans l'alphabet, le "O", et que nous allons l'épeler à l'envi jusqu'à ce qu'elle délivre ou non ses promesses, Bruce Nussbaum de Business Week nous annonce la triste fin du mot "innovation" qui résonnerait finalement creux depuis plusieurs années.

Il déroule ainsi la chronique d'une mort annoncée : overdose par abus de langage et d'utilisation, étroitesse de vue sur le sujet etc... La faute à qui ? Tout le monde en prend pour son grade : les PDG, consultants, marketeurs, publicitaires, journalistes économiques qui ont réduit et dénaturé l'acception du terme à "design", "nouveau", "tendance", "technologie"" ou "changement".


Nous avons besoin d'un concept plus profond et solide. Le terme “Transformation” traduit les changements-clés déjà en cours et peut nous guider vers un futur incertain. “Transformation” signifie que nous sommes dans une société de post-consommation, qui était jusqu'alors définie par deux groupes d'acteurs économiques : les industriels d'une part et les consommateuers de l'autre. Maintenant nous sommes entrés dans l'ère de la société Créative poussée, nourrie, construite par la génération Y.

Sur la terminologie et le fond, je suis complètement d'accord (relire Mythes et fantasmes autour de la créativité et de l'innovation), est-ce que le mot "transformation" changera vraiment la réalité opérationnelle des entreprises : s'adapter, croître et apporter de nouvelles solutions à valeur ajoutée partagée ? Je n'en suis pas si sûre.

"Transformation" ne fait que suivre une autre tendance de fond : l'émergence d'écosystèmes économiques dans lesquels l'entreprise devient un organisme vivant complexe. Et si l'on se place dans ce contexte-là, avec les turbulences connues et inconnues, autant parler directement de réinvention ou de capacité à se réinventer.

Enfin, au risque de ne pas me faire que des amis, Bruce Nussbaum nous fatigue aussi un peu avec sa théorie du "design thinking" à toutes les sauces. Il contribue autant que les autres à cette gargarisation autour de concepts qui restent abstraits pour beaucoup.


Pour reprendre la célèbre phrase d'une entreprise internationale sur le sujet, il n'existe qu'un seul moyen de redonner du sens à l'innovation : STOP TALKING - START DOING !

Un petit message d'encouragement de Jim Jarmusch :



Source Texte Jim Jarmusch : PFSK

20 janv. 2009

Le client sous toutes les coutures

Votre client qui est-il vraiment ? Comment le garder dans le temps ? Comment le fidéliser ? Comment faire pour qu'il recommande vos produits ou services à d'autres ? Comment lui proposer toujours plus pour qu'il soit non seulement satisfait mais surtout enchanté de votre produit ou service ?

Pour trouver des réponses, vous êtes déjà certainement abonné ou lecteur de RelationClientMag. Je vous propose de découvrir un site (en anglais) qui fait le tour du client sous toutes ses dimensions : relation, fidélisation, compréhension, expérience et service, communication.

Tout ça, ça se lit sur MyCustomer.com.
En plus des articles, vous pourrez télécharger des études sur les Centres d'Appels, les dernières tendances d'un bon service client, les 7 erreurs de l'analyse des données clients, un forum pour échanger, le blog de l'éditeur détaillant les innovations de pratiques par exemple.
(NDLR : les études sont issues de prestataires donc parfois "orientées", mais elles ont le mérite de donner des aperçus synthétiques des problématiques clients et de traiter les derniers sujets d'actualité).

Mais comme le client est également un être polymorphe qui se rend aussi dans des points de vente pour acheter ou regarder ou comparer, vous pouvez compléter votre compréhension soit en achetant les études Ipsos Shopper ou en traversant l'Atlantique en un clic pour vous rendre sur In-Store Marketing Institute.

Enfin, si vous avez déjà dépassé l'approche "orientée client" et que vous vous dirigez vers "l'empathie-clients", je vous recommande vivement Designingforhumans.

Il reste encore une solution... faites-vous inviter chez votre client et écoutez-le tout simplement.


19 janv. 2009

Le concept "3-en-1" totalement revisité

Jusqu'à récemment, le bénéfice "3-en-1" signifiait "3 produits ou 3 bénéfices en 1 seul produit". On soulignera que ces bénéfices étaient toujours liés à l'usage produit.

Par exemple le shampooing 3-en-1 lave mais apporte également volume et brillance (usage "soin des cheveux") ou encore un appareil domestique qui fait aromatiseur , purificateur et humidificateur d'air répond à un usage de "traitement de l'air" et enfin le service "Inkdrop 3-en-1" selon Staples.

Voici un nouveau concept qui devrait largement inspirer les industriels de tous bords : le "produit doté de 3 bénéfices : environnemental, humanitaire et éducationnel" et de plusieurs secondes vies. C'est ce que propose la nouvelle société Eco-Connect Bottle.


Quel est le principe ? Une bouteille d'eau PET complètement recyclable, thermoformée avec une sorte "de pas de vis" au fond de la bouteille". Le système ne se voit presque pas, ce qui ne dénature pas le style de la bouteille et permet de clipper les bouteilles les unes aux autres (le principe est donc
notamment similaire à celui des Lego où vous construisez en assemblant des briques en plastiques).

Quel est l'intérêt ?


Remplir sa fonction initiale de contenant de boissons, Servir l'imagination des enfants pour construire des jeux (voir la cage de but à droite ou le bureau ci-desous).
Etre également utilisé pour les constructions "low-cost" dans les pays avec des zones d'habitations précaires non isolées.

Ce qui change vraiment :


Les 3 dimensions en tant que telles et (presque) citées comme un tiercé gagnant + les différents karmas du produit : un usage originel et des usages dérivés mais déjà pensés en amont.

Ces bénéfices sont directement intégrés ensemble dans le produit et ses usages.
En effet, les industriels prônent souvent soit l'aspect recyclable du produit, soit l'aspect responsable du contenant (Labels eco...), voire les deux mais rarement les 3 en même temps. De même que la "deuxième vie" du produit après usage reste rarement mise en exergue par les fabricants ou plutôt sous l'aspect créatif : les pots de yaourts en verre avec des fiches créatives pour les réutiliser etc...


Des "secondes vies" vendues et affichées avec le produit (à noter que le discours s'adresse à des professionnels, à voir comment il sera traduit à des clients finaux): les notions d'expérience et d'usages produits souvent exploitées dans la génération de nouvelles idées selon la chronologie suivante "avant, pendant et après" deviennent contextuelles. Ainsi le produit s'adapte-t-il au contexte d'usage.
Serait-ce la naissance de produits de grande consommation empathiques et vraiment nomades ?

L'innovation mise au point par la société Eco-connect Bottle ne repose-t-elle que sur un rêve un peu trop grand pour elle ou sur un effet d'annonce ?

Elle préfigurerait néanmoins deux choses :

  1. Les produits ou services qui souhaitent devenir vraiment responsables vont devoir reconsidérer et élargir leur proposition de valeur : "on le dit, on le fabrique".

  2. Si les produits ou services de demain évoluent comme tels, les industriels vont inévitablement s'ouvrir de nouveaux champs d'opportunités et...de nouveaux concurrents ! C'est moins empathique que pragmatique comme conclusion mais n'oublions pas que la valeur ajoutée n'existe et ne dure que si elle est partagée par toutes les parties prenantes.

17 janv. 2009

Retour vers le futur

La grande messe internationale de l'électronique (le Consumer Electronic Show) a fermé ses portes il y a une semaine. La grande nouveauté venait surtout, cette année, d'une prise de conscience et d'un questionnement posé en guise de discours inaugural "comment la technologie peut venir en aide à la croissance mondiale" ou comment créer "l'écosystème technique mondial".

Voilà pour le poids des mots, en attendant le choc des actions concrètes. Cela démontre en tout cas que, quel que soit le domaine d'activité, il existe une prise de conscience d'un rééquilibrage nécessaire. On peut néanmoins s'interroger sur les fondements de cette prise de conscience : provient-elle d'une réelle empathie ou s'opère-t-elle par crainte de perdre les 3 prochains milliards de consommateurs ?


Mais le CES reste avant tout le lieu où l'on se projette chaque année dans le futur des technologies : jeter un coup d'oeil à la
liste des meilleures entreprises primées lors du salon, peut vous donner soit une longueur d'avance, soit des idées.

Sinon, il existe une autre façon de se rétro-projeter dans le futur qui nous est proposée par le Chicago Tribune. Quel est l'intérêt de se repasser les premiers pas d'une technologie ? Le questionnement entre autres : Comment faisait-on avant ? Se rafraîchir la mémoire et faire des parallèles...Un petit clic sur l'image de la première voiture électrique et vous pourrez dérouler le diaporama.



A vous de choisir votre espace temps !

14 janv. 2009

Quand la télé inspire les RH

Les émissions de télévision ou les séries ont souvent une seconde vie après l'audience, elles influent aussi depuis longtemps la façon d'animer des séminaires ou conventions façon talk show, en empruntant le style d'un animateur connu), des incentives et plus récemment les Ressources Humaines ou comment le phénomène de télé réalité mène a priori paradoxalement à un besoin de business réalité qui ne dit pas son nom.

L'une des émissions phares en la matière reste "Vis ma vie". Par expérience, dans le cadre de projets d'innovation RH faisant participer les collaborateurs, l'idée émerge très vite.

Un cas concret issu de l'actualité ? Marmara va inviter ses collaborateurs en agences pour prendre la place des agents de voyage en agence durant une journée et mieux appréhender leur métier (via le Quotidien du Tourisme).


"Se mettre à la place de" permet de comprendre et d'apprendre...un peu car l'immersion reste très courte et s'il existe un décalage métier, le contexte reste connu. Mais cela contribue à nourrir l'objectif "d'entreprise apprenante".


Pour aller un peu plus loin, regardez la nouvelle émission
Rendez-vous en terre inconnue. Le principe est similaire à celui de "Vis ma vie" mais déplacé dans un environnement inconnu dans tous les sens du terme : une célébrité (Edouard Baer, Muriel robin...) est invitée dans un lieu perdu de la Planète pour y passer une dizaine de jours avec des populations restées hors du temps et luttant pour garder leur singularité.

Qu'est-ce qui change ? L'invité s'intègre à la communauté et participe à toutes les tâches sans apporter un quelconque savoir-faire. Il se met "au mileu de" et ré-apprend.


Dans la mesure où les marchés de demain ne suivent aucune des règles connues, l
e futur de l'entreprise apprenante se ré-écrira sûrement sous cette inspiration-là.

13 janv. 2009

3 inspirations créatives

Ca commence comme un tableau de Pollock, à ceci près que ce sont des couleurs jetées sur l'assiette puis des plantes et des légumes. Comment une recette si simple peut-elle devenir si extraordinaire et magique ?
La leçon de Michel Bras en images (2mn) :



Ca continue avec quelqu'un d'un peu fou qui se met à danser tout seul aux quatre coins du monde, puis avec des gens qui passaient par là. Qu'est-ce qui fait qu'on est pris par le rythme, par la sympathie et la bonne humeur ? Comment une idée a priori absurde peut-elle produire ainsi tant de sens ? (4 min).



Ca finit en couleurs pour nos humeurs toujours changeantes selon l'idée à trouver. Il suffit de cliquer sur la palette pour se faire des idées neuves !

9 janv. 2009

Meet : les salles de réunion "à la demande" pour haute créativité

Le marché des espaces de travail "hors les murs" (de l'entreprise) a beaucoup évolué récemment : de la salle de réunion dans un hôtel, puis le centre d'affaires pour petites entreprises pour voir apparaître les lofts de travailleurs en solo "(voir Jelly à New York ou comment adapter la colocation à l'univers professionnel), en passant par l'appartement pour "casser" les codes formels de la réunion ou le lieu exceptionnel pour une réunion qui marquera autant les yeux que les esprits...

Capter le travailleur nomade sous toutes ses dimensions a bien été l'un des fers de lance de ce développement car le marché s'était banalisé sous la poussée des Web cafés qui permettent de travailler et d'échanger et des autres espaces publics (gares, aéroports, trains...) qui permettent de se connecter...donc de travailler seul ou à plusieurs.

Le Wifi et la réunion "à la demande" seraient-ils devenus de nouveaux droits ?


Toujours est-il qu'une nouvelle "ligne" d'espaces de travail voit le jour en réponse à trois tendances croisées : la volonté/nécessité d'innover de la part des entreprises, des bureaux d'entreprise en général peu propices à la génération d'idées et au décadrage et enfin l'envie de se sentir un peu "comme à la maison".


Sara et Marc Schiller viennent de lancer "
Meet at the Apartment" à New York après avoir constaté qu'il n'existait pas d'espaces de travail urbain dédié à la créativité. Je vous laisse visiter les lieux ici. Tout est prévu : la cuisine, la bibliothèque, la salle de négociation....

Via : Avantoure


Les autres billets sur les nouveaux espaces de travail :

L'espace de travail enfin pensé pour les utilisateurs.
Quand l'environnement de travail devient créatif

7 janv. 2009

Le comble pour un innovateur ?



La liste est longue. Pour ne citer que quelques réponses possibles :
  • Se rendre compte juste avant de lancer un nouveau produit qu'un brevet a déjà été déposé.

  • Ne parler que des dernières actions des concurrents.

  • Croiser les forces de son entreprises et les grandes tendances du marché pour générer de nouvelles idées de produits ou services.

  • Se considérer comme expert.

  • Imaginer qu'avec la force de sa marque il peut tout faire.

  • Penser d'abord concept puis concrétisation.

  • Se dire qu'il est le Google de tel marché.

  • Parler clients et raisonner en fonction des possibilités de ses lignes de production.

  • Chasser les idées uniquement via internet....

C'est ce dernier point que je souhaite étayer. Evidemment, le Web est devenu une mine d'or pour les chasseurs d'idées : un clic un peu expérimenté et le tour est joué, voilà l'idée pixellisée sur écran.

Pendant ce temps, le mot "expérience" clients (ou "effet whaouh*") hante de plus en plus les entreprises. * Comprenez une expérience qui dépasse largement la bonne vieille carte de fidélité et s'intéresse plutôt à la capacité de l'entreprise à retenir et faire revenir ses clients dans son monde merveilleux, de même qu'à inciter ceux-ci à recommander à d'autres les produits ou services qui les auront enchantés.

Pour vendre des expériences, faut-il les avoir vues et ressenties ou les imaginer suffit-il ?


Les deux sont possibles mais comme la tentation pourrait être grande de laisser le Web sélectionner pour nous les "meilleures" idées, j'ai trouvé cette histoire de David Strand, responsable innovation de la clinique de Cleveland (Etats-Unis) (Via SmartBusiness) :


Dans sa clinique, les dirigeants et les médecins font un voyage innovation tous les ans qui comprend 3 règles strictes :
  1. La destination doit être différente chaque année.
  2. L'objectif consiste à apprendre quelque chose de nouveau.
  3. Proposer comment appliquer concrètement ce qui a été jugé inspirant.
Strand livre ainsi quelques une de ses trouvailles : A Dubaï, il a noté l'importance portée aux lieux de soins pour favoriser la guérison. En Inde, il a appris comment la spiritualité améliorait les traitements médicaux.

Il résume ainsi ses expériences : "il suffit de sortir et d'écouter les gens pour trouver de nouvelles idées."



On peut aller au bout du monde mais commencer par le bout de la rue, cela reste accessible !

5 janv. 2009

L'année de...

C'est parti 2009 ! On vous a déjà brossé un portrait un peu "étroit" de cette nouvelle année qui déroulerait les pires mots commençant par "C".

Mais 2009, c'est aussi bien d'autres événements (étonnants, urgents, ...) qui porteront à l'action, voir la liste ci-dessous non exhaustive :


- l'année internationale des
fibres naturelles
- l'année mondiale de l'astronomie pour les Nations Unies
- l'année de la France au Brésil
- l'année du
Gorille
- l'année du boeuf selon l'astrologie chinoise, pour en savoir "plus" voir le
petit résumé du livre !
- l'
année de la BD à Bruxelles
- l'année de la créativité et de l'innovation pour
l'Union européenne...

Autant dire que cela peut aussi être votre année ou ce que vous en ferez.


Pour moi, le vocable à retenir sera plutôt celui de la
pertinence. Je vous confie les 10 secrets des marques pertinentes proposés par Tim Manners.

Ceux-ci m'ont semblé particulièrement inspirants pour commencer l'année :


  1. Les marques pertinentes se concentrent souvent sur un groupe démographique-clé mais ne laissent pas leurs stratégies reposer uniquement sur des questions d'âge, de sexe ou de revenus.

  2. Les marques pertinentes cherchent à aider leurs clients à vivre plus heureux mais le font en s'attachant à résoudre leurs problèmes de tous les jours et non en développant des aspirations à la mode.

  3. Les marques pertinentes pensent que le succès proviendra en priorité de leur capacité à délivrer des solutions qui font sens plutôt qu'aux médias à utiliser pour les communiquer.

  4. Les marques pertinentes savent qu'être connectées avec leurs consommateurs ne signifient plus uniquement leur envoyer des messages mais aussi savoir les écouter.

  5. Les marques pertinentes se voient comme leurs meilleurs clients.

  6. Les marques pertinentes connaissent la différence entre dépenser de l'argent et investir dans leurs clients.

  7. Les marques pertinentes s'intéressent moins au son des carillons qu'à l'élégance des idées simples qui marchent.

  8. Les marques pertinentes ont compris que les points de vente incarnent autre chose qu'un simple canal de distribution, là où les expériences se créent, se vivent et où les ventes se font.

  9. Les marques pertinentes ne définissent pas classiquement la valeur comme un ceratin rapport qualité/prix, elles créent une valeur qui ne se compare pas.

  10. Les marques pertinentes sont moins centrées sur les retours-sur-investissements court-terme que sur leurs investissements à long-terme.