29 oct. 2009

"Tout ce qui peut être imaginé est réel"

L'innovation se fabrique tout d'abord avec de l'imaginaire, des rêveurs, comme l'a formulé Dilts en PNL avec sa stratégie Walt Disney.

Revenons sur quelques unes de ces idées folles, piochées au hasard et tous azimuts.


Prenons le temps de les regarder, de les trouver surprenantes puis évidentes...pour oser l'impossible.


Commençons par
les photos d'Erick Johansson (à gauche), un jeune artiste suédois de 23 ans, illusionniste de talent.
Pour visionner son book, cliquer ici.


Corps conducteurs et technologie sensorielle :

Bare est une encre conductive qui s'applique directement sur le corps permettant la création de circuits électriques.

Cette encre haute technologie s'applique au pinceau, à l'éponge ou avec un spray. Elle est non toxique et temporaire.

Un pas de plus dans la technologie haptique où le corps sert directement de connecteur avec des objets électroniques en bougeant.


Cultiver pour produire :

Après le forage, la culture.
ExxonMobil a récemment lancé un des plans les plus ambitieux en matière de fabrication de biocarburants à base d'algues. Plus de 600 millions de dollars d'investissements avec Synthetic Genomics.

Pendant ce temps-là,
Toyota se met à la culture de fleurs dans ses usines pour réduire ses émissions de carbone sur les chaînes de production.


Vis-ma-vie, du virtuel à la réalité :

On connaissait l'émission, les différentes initiatives prises dans de grandes entreprises pour mieux comprendre le job de ses collègues.
S'immerger vraiment dans son futur métier c'est possible avec Viamétiers!
Avec cette initiative, naissent de nouveaux métiers comme les guides...métiers. Comme sur le modèle itératif de l'innovation, si on se trompe, ce n'est pas grave mais au moins vous aurez testé...et vous saurez si votre reconversion est telle que vous la rêviez !


"Tout ce qui peut être imaginé est réel" Pablo Picasso

L'innovation entre les murs

Vous ne connaissez pas le Lab ?

Voici trois bonnes raisons pour y aller faire un tour :

1/ Un lieu, une expérience vraiment pas comme les autres.

2/ On y parle de l'innovation (cuisine, art, design, technologie, matière, expériences inédites), on mélange comme des alchimistes, on s'amuse, on s'étonne, on découvre... Le début d'une définition de l'innovation.

3/ Une exposition à découvrir, "innovations dans l'air du temps" , met cette expérience de l'innovation en scène :

"L'innovation est une expérience vécue par le biais
de moments mémorables, de crises de conscience et de surprises qu'on appelle a posteriori "découvertes", et sur lesquelles on construit l'avenir. Souvent nous assistons aux découvertes mais, n'étant rarement admis dans les laboratoires où elles sont créées, nous comprenons mal l'innovation." David Edwards - Fondateur du Lab.

A découvrir, le MuseTrek, le Whif, le Whaf de Marc Brétillot.


Site : Le Laboratoire.

23 oct. 2009

Impressions rétiniennes de la semaine

Cette semaine, partageons quelques visions du futur parfois complémentaires, différentes, amusantes, déroutantes mais à avoir en tête !

Le futur des hypermachés ?

Mr. Olofsson, PDG de Carrefour, vient de partager récemment sa vision du futur pour les hypermarchés avec le magazine WSJ. La question à laquelle il a répondu ainsi était "Pensez-vous que le modèle des hypermarchés soit toujours pertinent aujourd'hui ?"

"Les hypermarchés doivent changer leur raison d'être. Dans les années 60, les hypermarchés étaient centrés sur l'alimentaire, ensuite ils ont élargi leur offre aux produits non alimentaires. Mais durant les 15 dernières années, le hard-discount est arrivé, donc nous devons trouver une autre raison d'être dans le non alimentaire. En France, environ un million de personnes viennent chaque jour dans nos magasins. Les gens sont toujours attirés par ce modèle."

Pendant ce temps-là, le premier supermarché 3D ouvrira ses portes en Croatie début novembre. Il permettra aux clients de faire leurs courses de chez eux en poussant un chariot virtuel, en parlant à des assistants virtuels, de regarder et même de tester certains produits.

Le déploiement européen est prévu pour 2010. Les prévisions établient tablent sur 30 000 clients par jour et 13 millions d'euros de chiffre d'affaires...une goutte d'eau qui pourrait faire basculer le vase du concept "en dur" des hypers ?


La voiture de demain ? Voiture servicielle ou Skytran ? Deux façons d'aborder le futur de "la voiture à la demande" et plus largement "la mobilité à la demande")

Louer les fonctions d'une voiture telle est l'approche proposée par Chronos (cabinet d'études sociologiques et de conseil en innovation qui observe, interroge et analyse l'évolution et les enjeux des mobilités - qui mérite un grand détour si vous ne connaissez pas).

Quant à Skytran, il s'agit d'un nouveau système de transport (entre voiture et tram), développé par la NASA Ames Research. Des "véhicules" légers et aériens (grâce à une ligne aérienne dotée d'aimants spéciaux). SkyTran ne pollue pas et fonctionne à l'électricité.
On se croirait dans Star Wars ? Rappelons que le GPS avait été initialement développé par l'armée. Vous connaissez la suite...


Le futur de tourisme ? Donner une nouvelle définition au nomadisme ? Mieux voyager ?

Le projet 2023 vise à aider les acteurs du tourisme au Royaume-Uni industrie à comprendre les défis auxquels ils sont confrontés et à planifier un avenir durable.

Le changement climatique, la croissance démographique, la pénurie de ressources en pétrole et d'autres auront des répercussions dramatiques sur comment, où, quand - et même si - les personnes voyageront, et vont transformer le secteur.

Nous avons exploré comment des facteurs comme ceux-ci pourraient conduire à des mondes très différents en 2023, cela mène à des explorations à terme très différentes pour l'industrie.

Nous avons travaillé avec des experts en tourisme afin de créer quatre scénarios vivants, conçus pour stimuler le débat, et puis nous avons généré des visions de l'avenir durable pour cette industrie.

De grandes entreprises et organisations ont déjà promis de collaborer pour créer une industrie durable dans le commerce du tourisme en l'an 2023 qui profite aux communautés dans les destinations touristiques et protège l'environnement.

Les quatre scénarios proposés sont :

  1. Est-ce que le tourisme de masse, gonflé par les classes moyennes indiennes et chinoises, va engendrer une surpopulation énorme dans les destinations populaires?

  2. Est-ce que la flambée des prix du pétrole, rendra un voyage tellement cher qu'il faudra épargner des années durant pour partir à l'étranger?

  3. Verrons-nous "le tourisme catastrophe" s'accentuer, avec les visiteurs se précipiter pour voir les glaciers et les récifs de corail avant qu'ils disparaissent définitivement?

  4. Ou bien les "quotas de carbone des ménages" (déjà en cours au Royaume Uni) accentueront-ils la tendance à passer ses vacances à la maison?

Les réponses argumentées et en image, ici.


Et pour finir (ou continuer), le futur de l'innovation. Un livre à venir en novembre reprenant les articles les plus importants sur le sujet. Certaines contributions sont très "langues de bois" (je ne donnerai pas de noms), d'autres rééllement pertinentes. Pour fouiner par mots clés, c'est ici.

Quelques titres extraits :

"The future of innovation is...

...simple, cheap, and beautiful : a mirror of our world."
...together"
...Re-connecting to life"
...depends on new ways of thinking"
...is our creation: dancing with dilemmas"

20 oct. 2009

Innovation, ouvre-toi !

Une nouvelle étude sur l'innovation (à télécharger), réalisée par l'Université de Cambridge, vient de paraître après deux ans de recherches.

J'avais cité, il y a quasiment un an, celle qui avait été menée par l'OCDE "Open Innovation in Global Networks".

La différence entre ces deux études tient au "quoi" et au "comment". Signe, s'il était nécessaire de le dire, que l'innovation "ouverte" n'est pas une mode mais une nécessité : rares sont les ressources en interne quand de nouvelles opportunités de développement apparaissent ou pour les anticiper.

Quand l'OCDE s'appliquait à poser les définitions et une approche intégrée de l'innovation ouverte, l'Université de Cambridge s'est plus intéressée aux leviers à prendre en compte pour faire évoluer une organisation vers ce nouveau modèle d'innovation.

"L'innovation ouverte est une stratégie qui consiste, pour une entreprise, à aller chercher à l'extérieur de nouvelles connaissances et savoir-faire pour accroître sa propre capacité à innover".

De fait, l'étude apporte une vision très exhaustive des moyens et méthodes pour mettre en oeuvre une stratégie d'innovation ouverte (comment construire une culture d'innovation ouverte, quelles procédures, quels savoir-faires promouvoir, comment motiver les employés...). L'étude fournit de nombreux exemples concrets issus de différentes industries. Je cite l'exemple de Kodak parmi une dizaine d'autres.



L'analogie entre la mise en place d'une nouvelle stratégie d'innovation et/ou culture innovation au sein d'une entreprise et l'innovation ouverte est évidente. Dans les deux cas, cela induit un changement et une transformation organisationnelle.

Qui dit "nouvelles façons de faire", questionne sur "quelles compétences détecter ou développer en interne". C'est l'un des chapîtres les plus intéressants à mon sens (même si l'ensemble mérite vraiment une lecture approfondie).

En effet, au syndrome du "nouveau" qui nécessite un accompagnement au changement dans les entreprises, s'ajoute le syndrome du "pas inventé ici" ("Not Invented Here" chez les anglo-saxons). Zapper une fois de plus cet élément psychologique constituerait une grosse erreur de mise en oeuvre.

Quelques éclairages RH pour vous donner envie d'aller plus loin. Les auteurs ont ainsi défini 4 compétences nécessaires :
  1. Les compétences introspectives : capacité à évaluer en interne les "manques" et opportunités de développement.

  2. Les compétences extrospectives : capacité à scanner des partenaires potentiels externes et saisir de nouvelles opportunités, capacité à écouter des points externes (et pas nécessairement en ligne avec la pensée dominante interne).

  3. Les compétences interpersonnelles : capacité à communiquer à la fois avec l'interne et l'externe.

  4. Les compétences techniques : à savoir toutes les compétences scientifiques, marketing, commerciales, management ... qui vont soutenir les trois précédentes compétences.
En complément, les auteurs de l'étude croisent ces profils avec le modèle WFGM (Want, Find, Get, Manage) développé par Strategic Alliance et désormais utilisé par la plupart des structures "ouvertes".
  • Want = Définir ce que nous cherchons et comment nous pouvons innover
  • Find = Trouver des partenaires et les comprendre
  • Get = Négocier l'accord avec le partenaire externe
  • Manage = Suivre et gérer la relation tout au long de la collaboration
Ce qui donne le tableau suivant des compétences (clic sur l'image pour zoomer), selon chaque étape du processus.

Dernière raison pour lire cette étude ? Une façon simple d'élargir son point de vue : la co-création n'est pas uniquement bidirectionnelle, entre les clients et l'entreprise!


16 oct. 2009

Impressions rétiniennes de la semaine

Qu'est-ce qui reste ou surnage après avoir ingurgité, vu et lu des tonnes d'informations ? Les impressions rétiniennes ! Rien d'exhaustif, que du subjectif et peut-être un début de sens.

Pour cette semaine, ce sera la réalité augmentée et revisitée...

Enlever pour faire émerger un nouveau sens :
L'image à gauche représente un tableau de Jochen Gerner que j'ai découvert lors de l'exposition "Vraoum" à la Maison Rouge sur la Bande Dessinée.

A la façon d'un Pérec dans son livre La Disparition, Gerner s'est "amusé" avec les planches de "Tintin en Amérique" : il fait disparaître les images jusqu'à recouvrir les planches en noir pour ne laisser que certaines bulles de texte. Il en ressort alors une violence incroyable.
"Je tente de trouver de nouvelles pistes de lecture. Je déstructure une matière première pour la reconstruire autrement."
Pour une autre approche de la bande dessinée pas dessinée, c'est par là.


Le banal augmenté en deux images :


Asian Paints "Chaque couleur raconte une histoire" [Via : We love New]


Evian Eaute-couture.


A changement de réalité, changement de produits stars. Ne pas oublier de changer de perception...de marché :
Exit les Kleenex, voici venu le monde des lingettes et gels hydroalcooliques...un geste qui va durer.


Augmenter la réalité en mettant plus d'humour dans nos vies :
Quelques bénéfices qu'il est bon de rappeler.


Bon week-end !

15 oct. 2009

L'innovation par la preuve

Saluons le guide lancé par le GIFAM (Groupement Interprofessionnel des Fabricants d'Appareils d'Equipement Ménager) : "L'innovation, un choix gagnant !"

"Les appareils électroménagers ont connu au cours des 10 dernières années, de nombreuses évolutions technologiques qui font bénéficier le consommateur de gains importants en termes de consommations d'énergie et d'eau, de sécurité, de gain de temps et de confort d'utilisation.

S'appuyant sur des études chiffrées et validées par nos experts, un guide référence les principaux bénéfices que tire un particulier qui s'équipe d'appareils récents et performants.
Il présente également une estimation chiffrée des gains financiers annuels par famille de produit et pour un équipement complet. Dans ce dernier cas, le résultat est impressionnant : en 2008, le total des consommations annuelles est inférieur de 44% à celui de 1998 !

Le marché des appareils ménagers est en progression constante. Au cours des 10 dernières années le chiffre d’affaires exprimé en millions d’euros courants a augmenté de 25% pour atteindre les 4,5 milliards d’euros en 2006 (prix de cession hors taxes) soit 9 milliards d'euros en prix publics."



Certaines des informations contenues dans ce petit guide mériteraient aussi d'être visibles en magasins pour informer les clients ! Comme le sèche-linge qui fait économiser 78 heures de loisirs par an...juste assez pour faire de la Wii !

Et, plus sérieusement, le fait que renouveler les 25 millions d'équipement électroménager de plus de 10 ans permettrait d'économiser l'équivalent de la consommation électrique annuelle des parisiens.

Alors c'est pour quand la prime à la casse ?




14 oct. 2009

Le retour de la taille intermédiaire

Le monde de l'entreprise n'avait pas échappé à la vision dichotomique ambiante, oscillant principalement entre le nano et le giga.

A force de vanter les mérites des grosses entreprises et des petites structures made in le garage, on en aurait presque oublié qu'il existait des entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui croissaient, innovaient et (attention gros mot) se portaient bien.


Le premier Ministre français vient de confier une mission qui va dans le sens de la revalorisation et de l'augmentation du nombre de ces ETI (l'acronyme n'est pas très heureux en termes de phonétique) au sénateur Bruno Retailleau (communiqué disponible via
Comité Richelieu).

A quoi tient ce nouvel engouement ? Peut-être à certaines lectures bien éclairées, comme celles de
Hermann Simon, qui étudie depuis 20 ans ces structures de taille moyenne.

Celui-ci vient de sortir récemment : "
Hidden champions of the 21st century", son troisième opus sur le sujet.

Quelle légitimité porter à cet ouvrage ? Une observation et des recherches approfondies depuis de nombreuses années. Plus de mille entreprises sur les différents continents ont été "disséquées". Enfin, pour celles ou ceux qui restent sensibles à la notoriété, Hermann Simon serait, selon une étude réalisée en Allemagne, le deuxième penseur manageurial après Drucker.


Mais qui sont ces fameux champions cachés et que font-ils donc d'extraordinaire ? Quelles pratiques partagent les aquariums Tetra, Bobcat spécialisé dans l'agri équipement, Hamamatsu Photonics et Petzl pour n'en citer que quelques uns.

1. Ils sont n°1, 2 ou 3 dans le marché mondial ou n° 1 en Europe
2. Leur chiffre d'affaires avoisinent moins de 3 milliards d'euros
3. Ils sont peu connus du grand public.

Les facteurs clés de succès reposent sur :

  • Leur approche quasi holistique des clients : leur compréhension clients et leur proximité avec ceux-ci, en les associant notamment fortement aux développements de nouvelles offres ou solutions, avec la mise en place d'équipes interdisciplinaires dédiés à chaque typologie clients, pour leur offrir une expérience unique. Ils privilégient le déploiement horizontal plutôt qu'horizontal.


  • Un vrai leadership de la part de leurs dirigeants avec un souci de continuité, de gestion et d'orientation à long terme malgré les turbulences économiques. Dans son livre, Simon décrit en détail pourquoi les champions cachés sont de véritables modèles de leadership et de gestion au-delà de la crise.


  • La "force durable" de ces ETI s'inscrit dans une vision claire, un engagement et une endurance inébranlables, faire les choses (paradoxalement) tranquillement mais avec détermination.

Pour plus de détails sur les principes de vie de ces entreprises, voir le diaporama de Hermann Simon ci-dessous. En contrepoint, se dessine fortement une "nouvelle" approche des marchés : le design thinking où le principe ne consiste pas à laisser les designers prendre les rênes d'une entreprise mais à développer une pensée plus systémique, permettant ainsi de développer des offres ouvrant de nouveaux espaces de marchés.

Ces deux visions restent des éclairages très intéressants, gardez-les en mémoire et suivez votre voie !

9 oct. 2009

La curiosité, un vilain défaut ?

Le Dr. Sonia Cavigelli, professeur assistant en santé biocomportementale à l'université de Pennsylvania State (États-Unis), a réalisé une étude sur 80 rats dotés d'une tumeur et a démontré que ceux qui étaient les plus curieux vivaient 25% plus longtemps que les autres.
La curiosité a été mesurée au travers d'expériences visant à identifier la volonté des rats à explorer leur environnement.

"Il est difficile d'extrapoler cette expérience des rats aux humains" explique la scientifique.Cependant, certaines études montrent que les personnes âgées introverties développent plus de maladies que leurs homologues. Nos résultats sur les rats sont cohérents avec ces recherches sur les hommes: les traits de caractère peuvent avoir un impact sur la santé et la résistance aux maladies."

Même si ces premiers résultats méritent d'être approfondis, ce qui n'est pas dit, c'est si un rat entraîné à développer sa curiosité vivrait également plus longtemps.

En attendant de le savoir, et par mesure de précaution, réveillons nos sens et notre curiosité...qui reste l'une des clés pour développer de nouvelles idées originales !

Quelques liens (non exhaustifs) ci-dessous pour commencer à constituer votre propre Cabinet de Curiosités :

Via Toxel

Via BeenSeen

Via Oomark, le sens caché


Via CuriosphèreTV, plutôt réservé aux enfants...mais la curiosité n'est-elle pas l'apanage des enfants...à redécouvrir ?

Bon week-end !

Source : Innovation reports
Image : Flick'r


7 oct. 2009

Un nouveau contrat social plus transparent ?

Des titres, encore des titres "l'industrie après la crise", "les entreprises après la crise", "les marques après la crise"...Qu'est-ce qui sera différent après cette crise ? Une perte de confiance généralisée qui appelle de ses voeux "Le triomphe de la transparence", comme le titrait récemment le site de tendances internationales Trendwatching.

A lire les exemples donnés, on pourrait penser qu'il s'agit désormais pour les entreprises d'être plus vertueuses, plus rapides, plus empathiques...plus près/proches de leurs clients et d'en proposer toujours plus.

Cela peut vous sembler étrange venant d'une consultante en innovation de ne pas s'ébahir devant tant d'innovations. Sauf qu'on est déjà dans le toujours "plus", la fameuse course en avant alors qu'il faudrait déjà penser au "faire autrement" pour innover vraiment.

A y regarder d'un peu plus loin donc, nous sommes entrés dans l'effet inverse : c'est la revanche du client, du consommateur longtemps floué et pris pour un imbécile. Il reprend ses droits longtemps bafoués...droit de réponse, droit de savoir, droit de choisir la meilleure offre, droit de faire ou d'acheter en temps réel ou quand il le souhaite, droit d'encenser ou de "dauber", droit de payer ou non.
Sommes-nous dans l'ère du client-vraiment-roi ou de la caricature du client ?

Exit donc le contrat de confiance, voici le pacte tel que vient de le proposer une jeune start-up à ses clients :
Get statisfaction, une plateforme qui héberge les communautés de marques, où les clients de celles-ci donnent leur avis, échangent leurs idées...

Get satisfaction vient de lancer le pacte "entreprise-clients" (cliquer sur l'image ci-dessous):

Ce document serait-il annonciateur d'une (re)prise de conscience : chacun a des droits et...des devoirs. La dernière phrase de ce contrat est éléquente "by working together in these ways, people build long-term relationships that lead to trust, strong communities, and sustainable businesses".

L'enfer est (souvent) pavé de bonnes intentions, le piège se referme...c'est l'avènement du client-employé (sujet plusieurs fois abordés sur ce blog).

Voilà donc le renouveau du contrat social entre l'entreprise et ses clients, "travaillons ensemble". Ce même crédo sera-t-il adopté comme nouveau pacte entre l'entreprise et ses salariés.

On aurait pu penser que le développement de marques employeurs avaient justement pour objectif d'incarner ce nouveau contrat social : ne plus uniquement être rentable, mais aussi créer de la valeur ensemble. Un voeu pieux adressé à des clients, à des actionnaires ? I
Il est sûr que les choses vont devoir s'inverser.

Plus que la transparence, il s'agit de repenser les paradigmes et excès existants : ne nous précipitons pas sur les solutions les plus simples qui risquent de nous conduire à de nouvelles formes de caricatures et de dérèglements. Pour faire pire en quelque sorte.

Tel est le défi "innovation" qui nous est posé à tous. La Renaissance avait fait de l'aphorisme de Protagoras son emblême: "l'homme est la mesure de toutes choses", en replaçant l'homme au centre des préoccupations. Développons désormais une vision de l'homme plus systémique, en phase avec le contexte de ce nouveau siècle.

Image: Dreamstime.
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1 oct. 2009

Comment lutter contre la grosse fatigue de la créativité et de l'innovation ?

Quand et pourquoi commence-t-on à éprouver une grosse fatigue de la créativité et de l'innovation? Les raisons sont variées, cela peut tenir :

  • au fait de lire pages après pages dans la presse les exploits innovation de telle ou telle entreprise et de ne toujours pas réussir, en interne, à déloger Dupont de ses positions néanderthaliennes sur un nouveau développement qui assurerait de nouveaux marchés à votre entreprise.

  • à la répétition de séminaires pour développer le potentiel créatif de vos équipes quand, en rentrant, ils doivent suivre un process qui ne souffre pas le moindre questionnement.

  • au dernier consultant croisé qui vous a parlé de design thinking, de web 2.0, de storytelling ou d'éco-développement et que vous, vous demandez comment atteindre le budget que vous avez communiqué à vos actionnaires. Mais si cela peut aider, pourquoi pas ?

  • aux brainstormings internes, qui ne sont pas préparés (ah, ça se prépare ?) durant lesquels on a plein d'idées qui ne sont jamais appliquées...euh pourquoi au fait ? parce que la moitié des idées existent déjà ailleurs (on ne va copier quand même!) ou parce qu'il ne restait plus assez de temps pour élaborer le plan d'actions ou parce qu'on est passés trop vite aux solutions...connues.
    Enfin, peut-être parce que c'est Gégé, le Gentil Animateur, qui s'y colle à chaque fois à l'animation du remue-méninges dans la salle de réunion du fond aux posters défraîchis...Gégé est bien sûr très dynamique et empathique mais ne souffre-t-il pas lui-aussi d'un peu d'usure?

  • Vous avez déposé x brevets qui protègent vos derniers développements produits mais vous êtes en train de vous rendre compte que votre supply chain est une référence dans son domaine...comment protéger, capitaliser ce savoir-faire ?

  • Ou vous tombez par hasard sur le site de Vanity Fair et vous avez envie de vous abonner à leur flux d'informations...et vous êtes pris d'un indicible vertige (image via weather pattern)


    J'aurais pu continuer la liste, mais je laisse libre cours à votre imagination !

Vous allez commencer à penser que je n'ai qu'une envie : vous plombez le moral ! Eh bien pas du tout au contraire. Cela va vous demander un petit effort car il faudra lire en anglais mais vous ne le regretterez pas. Les deux livres intelligents (déjà cités dans Une Rentrée sous le signe de l'innovation réalité), intéressants, "pas écrits comme les autres" et à lire sont :

"Conquering innovation fatigue" de Jeffrey Dean Lindsay, Cheryl Perkins, and Mukund Karanjikar. Le parti-pris du livre ne consiste pas à développer une nouvelle théorie et à chercher les exemples qui viendront émailler de façon pertinente leur raisonnement.
Ils relatent leur expérience réelle, de la-vraie-vie-de-l'innovation avec des exemples frais d'entreprises ayant réussi à relever tous ces petites fatigues qui empêchent d'innover vraiment.
Ils ont regroupé ces petits tracas de l'innovation quotidienne en 3 grands domaines illustrés ci-dessous (les gens, l'organisation et les relations avec le périmètre externe de l'entreprise), soit 9 grandes causes en tout :



Le second livre qui s'attaque à la question de la créativité est Borrowing Brilliance de David Murray (sinon lire ou relire les livres de Luc de Brabandère).

Pourquoi j'ai aimé ce livre ? Parce qu'il se lit comme une histoire (nous y revoilà!), reprend certains exemples bien connus mais nous transporte dans la vie courante : comment je fais pour avoir une idée ?
Le style est à la fois très simple, mais le fond est très inspirant et très inspiré. Si Murray ne réinvente pas les étapes de la créativité (voir ci-dessous les 6 étapes), il y a de fortes chances qu'en ayant refermé son livre vous ayez compris comment chercher de nouvelles idées, vous ayez envie d'appliquer immédiatement le principe et que vous ne vous disiez plus "elle est trop simple mon idée".

Etape 1: Définir le problème que vous êtes en train d'essayer de résoudre (l'un des chapîtres les plus intéressants car l'auteur souligne bien tout l'art et la finesse de cette étape).
Etape 2: Emprunter des idées de domaiens connaissant le même problème que le vôtre.
Etape 3: Connecter et combiner les idées "empruntées"
Etape 4:
Incuber pour laisser ces idées se développer.
Etape 5:
Juger (à la fin seulement !) en identifiant les forces et faiblesses de votre solution.

Etape 6
: Améliorer en éliminant les points faibles et en renforçant les bénéfices de votre solution.

Enfin, pour vous inciter à mettre en pratique, je vous propose deux petites balades inspirantes complètement différentes l'une de l'autre :

  1. Pour ceux qui sont plutôt inspirés par d'autres marchés, faire un petit tour du côté de "France Destination Business" ou comment la marque "France" se vend aux investisseurs étrangers.
    Vous y trouverez certainement quelques idées à piocher sur les secteurs porteurs et segments de marché dynamiques...à attaquer ?

  2. Pour ceux qui sont plus sensibles aux stimuli visuels et à l'analyse du signifiant/signifié, partez directement faire le Tour du monde des recettes de Hot Dogs !

Image titre: High Resolution Photostock

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