26 févr. 2010

L'innovation des services est elle l'avenir de l'innovation produit ?

En innovation, il existe bien des dichotomies : innovation incrémentale, innovation de rupture, innovation amont, management de l'innovation, innovation en aval, innovation produit, innovation service.... Cette habitude, à mon sens, nuit fortement à l'approche de l'innovation.

S'il est nécessaire de savoir à quoi correspond chaque vocable, cela concentre en général la réflexion à un domaine sans tenir compte d'un contexte. Ainsi, beaucoup d'entreprises souhaitent-elles se positionner du jour au lendemain avec des produits de rupture sur un marché en oubliant d'analyser leur portefeuille produits. Très concrètement (et par expérience), ces fameuses innovations de rupture naissent souvent (dans les entreprises d'une certaine taille) d'une double mise en perspective de l'existant et de questionnements très structurés sur ce qui pourrait être.

Autre exemple, réflechir uniquement sur l'aval ("comment améliorer mes ventes" par exemple), revient souvent à reposer :
  • les questions de l'amont ("quelle proposition de valeur différenciante sur ce nouveau concept"), 
  • ou du management du portefeuille produits ("mon portefeuille produits a-t-il une segmentation usages comprise et valorisée par mes clients plutôt que technologie" ...). 
Il est néanmoins toujours possible de développer des solutions créatives et innovantes pour résoudre le problème sans changer le produit en tant que tel (une campagne de pub géniale...) mais, pour que la solution soit pérenne, il y a de fortes chances pour que vous soyez repassé par la case "proposition de valeur".

La dichotomie qui m'intéresse aujourd'hui est celle qui oppose innovation produit / innovation service. Il est vrai que l'une tient du domaine du tangible tandis que l'autre de l'intangible.

L'innovation produit s'est longtemps peu souciée du service qu'elle apportait à ses clients au travers du produit, tandis que les services convoitaient la capacité des industriels à proposer une valeur ajoutée qui se voit et à posséder des centres de R&D, des brevets (tandis que la recherche dans les services était souvent jaugée à l'aune de ses capacités IT).

Et pourtant. Que s'est-il passé ? Les produits qui réussissent le mieux sur un marché repose sur l'unicité de leur proposition de valeur et leur définition: des "provices" ou "produits-systèmes". Ce sont des offres qui combinent habilement les deux mondes et sont plus difficiles à copier. Les exemples types sont L'Ipod (équipement + plateforme de téléchargement) , l'Iphone (même modèle), Machines Nespresso (équipement + café haut de gamme délivré via réseau haut de gamme en dur ou par interne) etc...

Tandis que les services proposaient toujours plus...de services tout en essayant de les matérialiser, de les réifier, notamment grâce aux cartes de paiement ou de fidélité, à l'apparition du pack (assurance par exemple), du contrat (de confiance) etc...

Ces provices appartiennent-ils vraiment au domaine de l'innovation des services ? Pourquoi tant d'engouement autour de cette notion, de cette nouvelle science des services avec ses méthodologies propres ?

La synthèse réalisée par l'agence 31Volts (spécialisée dans le design de services) "L'innovation est servie" / "Innovation is served" et amendée par le ministère de l'économie hollandais est censée donner les clés : une économie de services (70% de l'économie seraient tirés par ce secteur) qui nécessite de nouvelles approches et méthodes :
The reason why service innovation is getting more and more attention lately is the fact that business is changing as never before. The growth of the service economy has been accelerated by the profound changes in capability brought to us in the current information age. This has led to new customer demands and expectations that organizations have to deliver upon. Customers are becoming the main reference point for your strategy, not your direct competition. Delivering successful service innovations requires going beyond traditional innovation methods and mindsets. Organizations need to reallocate resources from pure science-based technology innovations to include more social research in order to understand user contexts and motivations. They need to employ more design thinking and design methods that already have proven to deliver valuable solutions in many other fields. It’s crucial to invest in change management as part of every service development program because unlike in manufacturing businesses, the collection of people, processes, and systems [...]
Cette étude définit le service, voir page 8, comme ce qui est vraiment intangible : services publics, santé etc....
L'intérêt du document réside principalement dans la description des étapes concrètes de l'élaboration d'un nouveau service (voir résumé des étapes ci-dessous) :



Là où je ne suis pas d'accord c'est quand, après avoir présenté la bataille d'experts pour définir ce qu'est l'innovation de services, l'auteur finit par nous en donner une par défaut :  "l'innovation de services s'intéresse aux gens, tandis que les produits améliorent...les produits" [page 13].
There is a fundamental difference between services and products.For products profitable innovation happens on the production side. But a service takes place at the time it is offered. This is challenging for a business or organization to handle. Several entries describe precisely this challenge as a great opportunity to distinguish yourself, a chance to compete. People! That is the difference that makes innovation in services so exciting. Product innovations improve a product, but service innovation is about people.
Effectivement un produit n'est pas un service mais ce qui fait converger l'innovation dans ces deux domaines aujourd'hui, ce sont la notion de clients, d'expérience client et de nouvelles compétences à développer.

  1. la prise en compte du client et sa définition :
    Un client, c'est un usager, externe ou interne à l'entreprise, une personne qui est en contact avec votre entreprise. En interne quand elle utilise le système informatique, en externe quand elle se connecte sur votre site pour chercher de l'information.

  2. la chaîne de valeur
    Un client, les clients portent différents "masques" ou changent de posture selon la relation d'intimité qu'ils ont avec votre entreprise ou une administration : celui qui veut connaître votre offre, celui qui l'utilise, celui qui l'achète, celui qui le recommande, celui qui réclame...

  3. L'architecture de l'offre à déployer en fonction des différents clients.
    Comment penser à la fois le service rendu et les différentes occasions d'usages ? Sans parler des autres dimensions à intégrer comme les notions durables, la rentabilité etc...

Certains appellent cette convergence le "design thinking", selon moi il s'agit surtout d'accepter de nouveaux requestionnements, qui eux-mêmes produiront de nouvelles analyses puis de nouvelles solutions plus intelligentes et pertinentes.

En conclusion, le débat sur l'innovation des services a selon moi l'intérêt d'obliger les secteurs industriels à se remettre en question sur leurs approches, d'inciter à repenser des formations essentiellement conçues dans des contextes d'économie de produits et, enfin, à faire avancer les méthodes pour innover.

Alors vive le débat et vive le changement !

Pour aller plus loin sur l'innovation de service :

"Succeeding through service innovation : A service perspective for education, research, business and government" - University of Cambridge.

Chaire Essec - ISIS : Institute for Service Innovation & strategy

Pôle Nékoé - Pôle d'Innovation par les services

Les 1ères rencontres de l'innovation dans les services
le 12 mars à Grenoble organisées par l'itSMF.

Pour aller plus loin sur les requestionnemments, je vous conseille vivement la lecture de Switch. Ce livre parle surtout de changement et comment faire changer les gens. Mais son analyse des questionnements existants est tout simplement excellente. C'est d'une intelligence éblouissante.

Bon week-end !

Image : rapport Innovation is served

25 févr. 2010

L'avenir en clics et tweets

Beaucoup d'entre nous se souviennent d'une vidéo qui a fait son petit buzz sur le Net l'an passé "Le saviez-vous 3.0?" (ou Did you know 3.0?). Pourquoi cette vidéo avait-elle tellement attiré les clics ? Tout simplement parce que Karl Fish, son auteur et Directeur Technologie à l'Arapaho High School dans le Colorado, s'était amusé à compiler quelques chiffres sur l'évolution du Net et à faire sa prospective sur l'usage d'internet, des réseaux sociaux  et leur impact : une vision jugée alarmiste pour les pourfendeurs du Net et enthousiasmantes pour les clicomanes.

Pour celles et ceux qui chercheraient des explications et un décryptage plus nuancés et approfondis sur le phénomène des réseaux sociaux, la dernière étude réalisée par The Economist "A world of connections" apporte un éclairage intéressant (et synthétique).

La parti pris de cette étude est résolument positif : la possibilité de connexion que nous apporte les réseaux sociaux permet plus que jamais échanges d'idées et innovations.

Les thèmes abordés sont dans l'ordre : 
  1. Pourquoi les réseaux sociaux ont-ils connu un tel essor et comment Facebook s'est-il imposé ?
    Extraits :

    - Les français sont presque lanterne rouge dans l'usage des réseaux sociaux, avec en tête l'Australie et en dernier le Japon.

    - Nielsen (l'institut d'études) passe plus de temps sur les réseaux sociaux depuis un an que sur les e-mails (d'information).

    - Les réseaux sociaux gagnent aussi grâce aux applications dédiées. Il s'agit d'un business modèle désormais incontournable pour tout acteur en lien avec internet. Au-delà du design produit, cela a fait le succès de l'Iphone et fera aussi ou non le succès de l'Ipad.

    - Facebook dévoile l'usage de hackathons ou comment passer des nuits entières pour générer de nouvelles idées, à coups d'excitants.

  2. Le cas Twitter ou la vie écrite en 140 caractères.
    Vous y apprendrez que 10% des usagers contribuent à 90% . Alors beaucoup de bruits pour rien ? Ce n'est qu'un début.

    Pour les non twitternautes et non convaincus, sachez que le réseau permet aussi de développer de nouvelles formes de (micro) créativité comme les Twaikus, version Twitter des Haikus japonais. Hemingway a bien inventé l'histoire qui se raconte en 6 mots, alors ?

    Et si vous n'avez pas le temps de parler à tout va, dites-vous que les "nègres" twitteriens feront certainement bientôt leur apparition.

  3. Les réseaux sociaux permettront de faire de l'argent contrairement à ce que disent leurs détracteurs.
    Encore balbutiante, la publicité sur les réseaux sociaux est loin d'avoir dit son dernier mot. S'il existe encore beaucoup de freins,  clairement exprimés dans l'étude, n'en doutez pas, les petits génies de l'informatique sauront bientôt "cracker" le code !

  4. Les petites entreprises à l'assaut des réseaux sociaux pour devenir grandes.

  5. Utiliser les réseaux sociaux en entreprise, distraction ? chute de la productivité ou avantage concurrentiel ?
    Les chiffres semblent contradictoires entre les instituts qui valorisent le temps passé sur les réseaux sociaux en autant de manque à gagner pour une entreprise et ceux qui annoncent des corrélations entre usage des réseaux sociaux en entreprise et productivité augmentée (effet de mauvaise conscience ?).
    Chez Intel, on reconnaît que l'usage "officiel" d'un réseau comme LinkedIn pour recruter leur a fait gagner un million de dollars l'an passé.
    Le système permettrait de détecter plus rapidement des experts sur certains sujets au sein d'une entreprise. Adieu silos, bienvenues aux idées de tous bords ?

  6. Vie privée 2.0.
    C'est le sujet qui attire le plus de questions peut-être car la vie privée n'a évidemment plus rien de privée avec les réseaux sociaux. Certains ont déjà été pris au piège de ce jeu.

    Après l'engouement, les usagers adopteront de nouveaux comportements : en commençant à cibler l'information communiquée, en se défaisant de certains "amis" ("defriend").
    L'adage "il faut que jeunesse sa fasse" reste bien d'actualité.


  7. La joie de la communication illimitée et le futur des réseaux sociaux.
    L'etude prévoit notamment la géo-socialisation mais surtout un vrai changement de paradigme dans notre façon de communiquer et d'interagir avec les autres.

    On s'en doutait un peu : restez collé devant un écran à longueur de temps cela peut changer nos comportements...ne disait-on pas la même chose quand la télévision a envahi nos salons ?

Pour suivre le fil, connectez-vous à  la revue "Digital communities" , Pew research ou abonnez-vous à la lettre de l'atelier BNP Paribas.
 

C'est pas tout ça mais il faut que j'aille travailler maintenant !


22 févr. 2010

La participation des clients décryptée

Impliquer en amont (fournisseurs...) et en aval (distributeurs, clients...) les parties prenantes du développement d'un produit, service, concept permet de réduire considérablement les coûts, d'identifier plus rapidement les meilleures solutions, de pré-vendre la solution, sans parler des effets plus intangibles, comme le renforcement des relations avec ces différents "partenaires". Mais il nécessite la mise en place d'une vraie stratégie d'entreprise.

De l'autre côté, celui du consommateur, différents chercheurs dont Thierry Maillet nous ont expliqué comment nous étions passés de la société de consommation  à la participation.

De nouvelles pistes de réflexion sur la motivation de vos clients à co-participer viennent d'être ouvertes par un chercheur de Berkeley dans la California Review Management, Refining virtual co-creation from a consumer perspective".

Qu'est-ce qui poussent vos clients à  innover avec vous virtuellement et à quoi ça sert de connaître leurs différentes motivations ?

Dans l'industrie des logiciels, les motivations des développeurs ont depuis toujours été connues : bénéficier directement et rapidement des avancées qu'ils avaient pu proposer. Dans le cas de la co-création liée aux produits grand public avec des durées de développement plus longues et des idées qui sont réétudiées, complétées... quels sont alors les leviers personnels de chacun ? Comment mieux cibler ces co-clients ? Tel est le début de réponse que nous apporte Johann Füller.
Il a analysé 10 projets d'innovation "ouverte" différents  (détaillés dans l'article) et interviewé 727 participants pour nous proposer quatre profils de co-clients, cartographiés selon l'usage plus ou moins intense qu'ils font d'internet et  leur "appétence" pour  l'innovation.


  1. Reward : Ceux qui cherchent clairement une récompense.
  2. Intrinsic : Ceux qui sont intrinsèquement intéressé par le fait de contribuer à un projet innovation
  3. Curiosity : Ceux qui sont animés par la curiosité
  4. Need : Ceux qui souhaitent voir développer une solution à un de leurs besoins non satisfaits
Qu'est-ce que cela peut changer demain en matière de co-création car les entreprises savent déjà qui impliquer et à quelle étape de leur process ?

L'expérience, l'interaction proposée aux co-clients peut en être améliorée : Johann Füller explique que si les entreprises placent les récompenses financières comme première motivation de participation de leurs clients, ces derniers semblent plutôt privilégier l'aspect ludique du process de co-création (hormis ceux qui attendent clairement une compensation financière "Reward"). En complément, Füller donne des premières pistes pour designer les éléments de la co-relation.

Enfin, et cela n'est pas cité dans l'article, cela donne à réfléchir aussi à la motivation interne de vos collaborateurs et au management participatif des idées ! Faire participer tous vos collaborateurs c'est bien : il est peut-être temps, soit de les segmenter selon leur style innovateur ou selon leur profil co-créateur !

Après l'engouement pour la co-création, la maturité ?

Image : Crestock


19 févr. 2010

Après le matériel professionnel, l'usine investit nos intérieurs

Après avoir fait rentrer dans nos intérieurs la machine à café "comme au comptoir", le bar à bière, le fourneau "comme les grands chefs et tout autre équipement qui vous fait immédiatement sortir du lot aux yeux de vos invités.

Vous pourriez néanmoins déjà donner plus de relief à votre statut d'expert (à la maison) et, ce, en transformant votre maison en petite usine.


J'avais déjà évoqué ce mouvement avec le matériel informatique permettant à tout un chacun de produire sa gamme de produits (cf "
De l'art mobile à l'usine mobile" avec quelques sites référents en la matière :Desktop factory mais aussi plus récent Shapeways).

Depuis, la protection de la planète s'est invitée dans l'arène pour réveiller nos consciences. Mais réveiller les consciences suffit-il à agir concrètement au quotidien surtout quand il s'agit d'adopter de nouveaux comportements "passifs" ?


C'est toute l'ambition de la Kuisine (le "K" est de rigueur en ce moment) EkoKook, la cuisine idéale de demain (voir visuel ci-dessus et vidéo ci-dessous).


Pensé par les designers Victor Massip et Laurent Lebot de l'agence
Faltazi, le Koncept nous propose 3 micro-cuisines intégrés en une : une micro-usine pour les déchets solides, une pour les déchets organiques et enfin une pour les déchets liquides parce que les déchets, ça nous parle comme le rappelle le site d'Ekokook.







Le projet a déjà fait la une des éko-gazettes, mais pour toutes celles et tous ceux qui veulent comprendre de façon simple ce qu'est l'éko-conception ou plus simplement la démarche de réflexion autour d'un projet "ce serait quoi le produit ou service idéal" demain, je vous recommande fortement la lecture du projet détaillé ici, très pédagogique.

Le système envisagé intègre autant l'architecture, que l'usage, l'ergonomie, la technologie et la nature avec le lombricomposteur.

Un Koncept qui peut grandement vous aider à kuisiner vos idées et à penser écoist !


18 févr. 2010

C'est quoi le problème ?

Le problème, ce n'est plus de trouver la solution mais c'est d'abord de trouver la bonne question. Un détail ? A vous de juger avec un exemple rencontré récemment dans la vie de tous les jours ...

Imaginons que vous vous demandiez comment augmenter votre rentabilité. A priori, le domaine d'investigation semble clair. Maintenant examinons ensemble les possibilités d'améliorer sa rentabilité (au sens large) et les questions associées :
  1. Augmenter sa marge en réduisant ses coûts :
    - Comment réduire les coûts de fabrication ou d'achat de matières premières ?
    - Comment réduire les coûts de vente ?
    - Comment réduire les frais généraux ?
    - etc...

  2. Augmenter sa marge sans réduire la demande :
    - Pouvons-nous augmenter nos prix ?
    - Comment ajouter de la valeur ajoutée à nos produits ou services ?
    - Comment renforcer l'attrait de nos produits ou services ?

  3. Vendre plus de produits ou services :
    - Comment vendre plus à nos clients actuels ?
    - Comment vendre des produits, services additionnels à nos clients actuels ?
    - Comment élargir notre base de clients avec la même offre de produits ou services ?
    - Comment conquérir les clients de la concurrence ?
    - Etc..
Un bon diagnostic conduit toujours au bon traitement, un bon questionnement préalable conduit toujours aux bonnes solutions !

En lire plus ?

Voir : le problème avec les racccourcis, "Brainwashed : seven ways to reinvent yourself"

Image : fotosearch

15 févr. 2010

3 idées pour la route

Voici quelques vidéos glanées sur le site IdeaConnection, l'une des nombreuses places de marché à idées.

Ma première sélection s'appelle "Road train", tout simplement parce que la dernière fois que j'ai pris l'autoroute, je me suis dit qu'on avait tous l'air un peu bêtes à regarder la route à ne rien faire, après avoir enclenché le limitateur de vitesse à 130 km/h.


Je me demandais si le concept du tapis roulant (comme cela a déjà été adapté dans certaines stations de ski), voire le concept du camion-transporteur de voitures remplies (au lieu des voitures fraîchement sorties d'usine) ne serait pas à réexaminer sous un angle nouveau...




Puisque nous sommes sur la route, continuons avec les clignotants pour cyclistes. Le gilet réfléchissant c'est bien, mais le clignotant c'est encore mieux !



Enfin, ce modèle de vélo s'adresse plutôt au VTTistes chevronnés... mais avec un peu d'imagination et surtout la volonté d'accroître l'usage des vélos en milieu urbain, le vélo-à-dos pourrait faire de nouveaux adeptes.



Pour les curieux, toutes les vidéos sont consultables ici.

La leçon de ces petites vidéo tient en une phrase : quand vous avez une idée, n'oubliez pas de regarder qui aurait déjà pu y penser (brevets, place de marchés etc...).



11 févr. 2010

Faites grandir vos idées !

"Je crois que le nouveau paradigme en entreprise ne se résumera pas à "faire plus vite, mieux et moins cher" mais plutôt à "qui a les meilleures idées et qui peut réellement les concrétiser."

Ainsi s'exprimait Robert Richman, interrogé dans la
Newsletter InnovationTools, chef produit chez Zappos Insights, la "nouvelle" division du groupe Zappos chargée de diffuser les bonnes pratiques aux autres entreprises en matière de service et culture clients.

Qu'est-ce qui justifie notre attention ? Fondée en 1999,
Zappos a été est le premier chausseur en ligne a créer une vraie expérience de marque : 20% des nouveaux clients seraient recrutés par bouche à oreille, livraison rapide (72H maximum), service client ouvert 24H/24 et 7jours/7 (numéro vert), retour des chaussures gratuit.
D'après le site, l'entreprise emploie plus de 1.300 personnes, possède un stock de plus de trois millions de chaussures, sacs, vêtements et accessoires représentant plus de 1.100 marques.


Les 10 mots d'ordre de
leur culture en disent long :
  1. Offrir un service exceptionnel (effet « Waouh »)
  2. Adopter et conduire le changement
  3. Créer du fun et un peu d’inattendu
  4. Oser, être créatif et ouvert d'esprit
  5. Chercher à se développer et à apprendre
  6. Construire des relations ouvertes et honnêtes
  7. Construire un esprit d'équipe positif et familial
  8. Faire plus avec moins
  9. Etre passionné et déterminé
  10. Etre humble
Tout comme la lettre adressée par le PDG ,Tony Hsieh, à ses collaborateurs lors du rachat de Zappos par Amazon en juillet dernier...Et la bibliothèque de Zappos, un espace sur leur site dédié aux ouvrages qui inspirent Zappos au quotidien.

Que retenir des éléments précédents ?
  • Prendre le temps d'examiner le modèle Zappos peut s'avérer pertinent si vous réfléchissez : sur votre service client, votre expérience de marque ou comment valoriser l'un de vos savoir-faire (cf le site Zappos Insights qui mérite plus qu'un détour).

  • Enfin, pour revenir à notre point de départ : "avoir de bonnes idées et les concrétiser", je vous suggère l'étape suivante après avoir trouver la "bonne idée".
    Cette étape s'appelle également "mini business case" et permet d'étoffer une idée , de la partager et de l'améliorer plus facilement.

    Cela n'a rien de nouveau mais cette étape est souvent rarement appliquée en tant que telle : soit les idées sont rentrées dans un modèle Excel (cohérence avec la stratégie, part de marché estimées etc...), soit on reste sur le "qualitatif" un certain temps avant de consolider l'idée. Pour une idée en rupture, il est souvent difficile d'estimer des volumes ou autres, il faut souvent pousser plus loin l'interaction avec la cible (prototypage, immersions...).

    Cela étant, la grille de lecture ci-dessous reste un bon marqueur pour partager votre idée et la faire grandir. Voici quelques éléments pour mémoire (à adapter en version courte ou selon les process internes) :
  1. Quel est le nom et le slogan de votre idée ?
  2. La petite histoire en images (si possible)
  3. Quel dilemme client résout-elle ?
  4. Qu'est-ce qu'il y a d'unique dans cette idée (par rapport à la concurrence existante actuels et aux comportements de consommation..)?
  5. Quelle est la cible ?
  6. En quoi cette idée valorise-t-elle votre marque, portefeuille d'activités ?
  7. Pourquoi lancer l'idée maintenant ? (du point de vue de vos clients, du marché et de votre entreprise)
  8. Taille marché estimée ?
  9. En quoi sommes-nous les mieux placés pour lancer cette idée ? (savoir-faire, production, investissement...)
  10. Comment la lancer ?
  11. Quels sont les investissements estimés ?
  12. Quels facteurs clés pour réussir ?
  13. Quels critères pour mesurer notre réussite ?

9 févr. 2010

La technologie, une condition nécessaire mais non suffisante

Les derniers résultats de l'étude présentée par l'INPI sur les éco-brevets (adressent les secteurs touchés par les émissions de CO2) démontre une vraie dynamique française. On découvre en même temps que, pour certains segments, le mouvement ne date pas d'hier et que, pour d'autres comme la production d'énergies renouvelables et les transports, le Grenelle de l'environnement a été un véritable aiguillon.

De belles opportunités de business semblent se profiler de façon assez évidente...si l'on garde en mémoire que les technologies (qui font l'objet de la majorité des brevets) ne font pas les nouveaux marchés. C'est ce que rappelait récemment dans sa Newsletter Marc W. Johnson (Auteur de "Seizing the White Space" et associé de l'agence Innosight) en ressuscitant Edison et son ampoule électrique :

"
Thomas Edison a saisi la nature systémique de la transformation technologique il y a un siècle lorsqu'il a introduit l'ampoule électrique. Il s'est rendu compte que la technologie qu'il envisageait ne pouvait pas, à elle seule, balayer toute une industrie de l'éclairage basée sur le kérosène.

L'approche d'Edison a consisté à se demander comment il pouvait amener les consommateurs à passer du kérosène à l'électricité.
Il a compris que, malgré les nombreux avantages de la lumière électrique, il pourrait remplacer le kérosène que s'il existait un système alternatif.


Il a ainsi développé un "système opérationnel autour de l'électricité" : générateurs, compteurs...et comment ces éléments pouvaient interagir entre eux, de façon rentable.


Mais ce nouveau business modèle/modèle d'affaires s'il était nécessaire ne constituait pas une condition suffisante. Il a également effectué des tests
grâce à l'appui du gouvernement de l'époque pour obtenir les autorisations nécessaires et surmonter l'opposition du syndicat des "allumeurs de réverbères". Il avait également ciblé très justement les entreprises de Wall Street, souhaitant être à la pointe de la technologie...et qui pourraient financer son expansion par la suite.


Elle n'était pas une coïncidence que ce sont les personnes mêmes qui pourrait financer son expansion.
Et il a utilisé sa position publique d'achat de soutien à la réglementation, par exemple, pour obtenir les autorisations nécessaires, malgré l'opposition du syndicat des allumeurs de réverbères."


Les technologies propres nécessitent certainement
des approches similaires et, de façon plus générale, toute nouvelle technologie de rupture.

5 févr. 2010

Métaphore alternative

Si vous êtes à la recherche d'une métaphore pour:

  • illustrer l'intérêt de la diversité...des points de vues,

  • ouvrir le sujet "ça veut dire quoi se sentir protéger"

  • développer des produits pour enfants,

  • réfléchir sur le processus créatif, les volumes, un matériau...

  • ou tout simplement pour être inspiré autrement, alors courez visiter l'exposition "Carton plein! 13 architectes à l'exercice de la cabane" à la Cité de l'architecture et du patrimoine jusqu'au 28 mars.


A voir aussi pour les grands curieux, le musée de la micro-architecture, le concours minimaousse (dont fait partie l'exposition).