21 déc. 2010

[Re]sourcez vos [ré]solutions 2011 !

Bientôt la fin de cette année...avant les voeux, voici ma petite liste (non exhaustive) pour inspirer vos [ré]solutions 2011 :

Livres à venir :

"The new capitalist manifesto"
"Open services innovation"
"Wiki brands"
"The network is your customer"

"Vision in product design"
"Breaking away : how great leaders create innovation that drives sustainable growth"
"The new rules of green marketing"
"Green Growth, Green Profit: How Green Transformation Boosts Business"
"Leadershift: Reinventing Leadership for the Age of Mass Collaboration"
"Scenario Thinking: New Approaches to the Future"
"The future of Lean sigma in a changing business environment"
"An optimist's tour of the future"

14 déc. 2010

La carte n'est pas le territoire

"La PNL a emprunté au comte polonais Alfred KORZYBSKI cette phrase célèbre " la carte n'est pas le territoire".  Pendant la première guerre mondiale, A. KORZYBSKI était officier d'état-major dans l'armée russo-polonaise. La tradition rapporte que KORZYBSKI avait soigneusement préparé son plan d'attaque par une étude détaillée des cartes d'état-major. Ces cartes ne signalaient pas un profond fossé, derrière lequel les mitralleuses prusiennes étaient postées. Son bataillon fut exterminé comme le fut également la Deuxième armée russo-polonaise... Cet événement serait à l'origine du fameux slogan  " La carte n'est pas le territoire".[Source: PNL Info, institut Repère].


En résumé, nous ne percevons pas directement notre environnement, mais une image que nous formons au travers de nos filtres cognitifs et préjugés (liés à l'éducation, à la formation, aux rencontres...).


Ce qui est valable pour l'humain, l'est encore plus pour une entreprise, évoluant aujourd'hui dans un monde de mutations fortes et faisant partie intégrante de l'écosystème. Etes-vous sûrs de ne pas inventer votre réalité (de marché) ?

Comment une entreprise en arrive-t-elle à inventer sa réalité de marché ? Selon trois mécanismes (que je transpose de l'analyse de Philippe Bazin*, centrée sur l'homme) :

  1. en supprimant l'information "inutile" : si une information du monde extérieur ne rentre pas dans notre cadre de pensée ou contredit une conclusion, une attente, un apprentissage antérieur, celle-ci est bien souvent supprimée (non vue, entendue, ou sentie).

  2. en distordant l'information qui nous parvient : notre système cognitif va "distordre" les éléments saisis dans l'environnement pour nous en apporter une perception plus "utile" ou plus conforme à nos attentes.

  3. Enfin, en généralisant, surtout quand il s'agit d'un apprentissage ou d'un problème résolu dans un contexte presque pareil. Cette capacité à généraliser est à la fois un formidable atout, qui évite de réapprendre à faire les choses tous les matins et un gros handicap car "généralisation" devient souvent synonyme de "vérité établie" qui permet de lire une réalité...ou un marché.
    Or cette généralisation nous fait souvent construire le futur en fonction du passé. Dans des contextes de marchés mutants, cela pose problème.
Alors comment faire pour réinventer...son cadre de marché ? J'observe plusieurs phénomènes au contact des entreprises (ce qui n'a pas valeur de preuves mais de ressenti ou comme diraient les Anglo-saxons d'approche "insight-driven") et ce qui me conduit à penser à trois impératifs pour innover aujourd'hui : 

  1. la nécessité d'élargir grandement le champ de vision d'une entreprise (sa vision de la réalité) pour ouvrir de nouvelles possibilités. Différents exemples pourraient aisément illustrer cette idée, je m'en tiens au visuel "cognitif" présenté par John Winsor dans son dernier livre "Flipped" (que je recommande chaudement).


  2.  la nécessité de réapprofondir et réinternaliser un certain nombre de pratiques (oubliées ou outsourcées) : requestionner de façon plus sytématique et radicale, réapprendre à observer vraiment (pas uniquement regarder sans voir), et à interviewer directement ses clients.
    Perte de temps ? Oui mais une perte de temps utile car la réinvention d'un cadre de pensée ou de marché se fait en "temps lent" pour une action accélérée ensuite.

  3. Enfin la nécessité de rendre la veille "hors champ" systématique et intelligente car cela reviendrait à tout surveiller, ce qui n'est pas possible. En revanche, après avoir défini des thématiques innovations ou axes innovation, écouter de façon prospective ce qui se passe et va se passer sur cette thématique est devenu vital.

* Pourquoi parler du livre de Philippe Bazin "petit manuel de self-leadership" qui n'a rien à voir (a priori) avec l'innovation et se positionne comme un ouvrage de vulgarisation d'une approche de leadership ?
Pour être transparente, je l'ai acheté (et lu) à cause ou grâce à la" baseline" (même si je suis déjà bien au fait de l'Appreciative Inquiry et du Solution-Focus comme approches génératives de coaching) : "Comment voir et créer une réalité stimulante pour soi et pour les autres ?"
Si tout n'est pas transposable dans ce livre, cette petite phrase a immédiatement raisonné avec les impressions accumulées au cours de cette année 2010.

"Développer une réalité stimulante (positive) pour soi et les autres", n'est-ce pas ce que les entreprises innovantes ne cessent de faire ? N'est-ce pas ce qui leur permet d'être différentes et de faire la différence ?


7 déc. 2010

Le marketing a changé...et vous ?

Le pape du marketing, alias Kotler, vient de sortir sa dernière mise au point sur le marketing "Marketing 3.0". Il s'agit d'une bonne synthèse qui rafraîchira bien les idées sur le sujet.

Le marketing 1.0 était centré produit/fonctionnalités, puis le marketing 2.0 a été orienté clients/émotions, aujourd'hui le marketing 3.0 est centré humain/spirituel (une chronologie fortement inspirée de la pyramide de Maslow).

Kotler met donc en exergue la nécessité d'intégrer, dans toute réflexion marketing, ces valeurs clients. Quelles sont-elles exactement ? Le souhait de voir les entreprises s'impliquer et s'engager sur les grands enjeux de mutations économiques et sociétaux : problématiques d'environnement, de pauvreté, de santé...

Le marketing 3.0, c'est le "vrai" marketing responsable (?) capable de développer des solutions transformationnelles, qui répondent aussi aux profondes mutations sociétales actuelles.

Kotler surfe-t-il sur la nouvelle vague du "transformationnel" ? Les justifications sont parfois peu étayées même si le sens proposé fait...sens !

Voici des extrait des ces grilles de lecture transformationnelles :

L'histoire du marketing :

La nouvelle matrice marketing orienté valeurs :


Pour les marketeurs qui venaient de se mettre au "community management", voilà du "nouveau pain sur la planche" !
Le marketing, comme l'innovation, est un voyage pas une destination !

2 déc. 2010

une question de perspective

Dans son livre "The Art of Possibility", Benjamin Zander relate l'histoire suivante au sujet de notre vision des possibles:
"Deux vendeurs de chaussures furent envoyés en Afrique dans les années 1900 pour estimer le potentiel du marché.
Après observation in situ, l'un télégraphia: "Situation désespérée. Stop. Personne ne porte de chaussures ici."

Le second télégraphia quant à lui :"Opportunité de business. Stop. Ils ne portent pas de chaussures."



Crédit photo: Istockphoto

1 déc. 2010

C'est quoi une solution innovante ?

Après les questions, les cartographies, l'identification de dilemmes et de zones "blanches", vient le moment de générer des idées/solutions innovantes.

Selon les contextes d'entreprise, les projets ou les équipes la définition diffère largement, cela va de "on est au pied du mur, trouvons l'idée miracle", en passant par "il nous faut des concepts plus rupturistes", à  "il faut améliorer telle offre...".



Ce qui est essentiel, c'est que chaque entreprise sache ce qu'elle met derrière le vocable "solution innovante", pour éviter soit de réfléchir dans la mauvaise direction, soit les déceptions.

Pour ma part, une solution innovante est une solution à la fois évidente (simple et claire), imaginée par des hommes et pour des hommes et qui fait la différence en 3D :


  • elle est unique,
  • elle fait sens pour la cible, pour l'entreprise et son écosystème, 
  • elle transforme positivement les façons de faire.
Dans tous les cas de figure, on en revient alors à un nouveau type de questions. Nous avons vu précédemment (cf "Des questions pour poser le "bon" problème") les questions pour définir le défi innovation, viennent alors les questions pour ouvrir les possibles.

Je détaille ci-dessous une des techniques les plus utilisées avec un exemple concret et accessible à tous
, même si le texte est en anglais, puisqu'il s'agit de trouver des solutions innovantes pour l'éducation (source : FutureLab, innovation in education).

Il s'agit d'un guide de réflexion avec des questions "et si ?" (j'ai extrait quelques questions uniquement).
Ce guide démontre comment le contenu d'une question peut ouvrir de nouveaux horizons et surtout combien il est essentiel de préparer les questions avant la session de réflexion !
(Cliquez sur chaque image pour affichage plein écran)











Vous avez trouvez de nouvelles solutions ? Sélectionnez les meilleures sur la base des critères 3D ci-dessus, puis rajoutez le plan d'actions pour la faisabilité et n'oubliez pas d'imaginer votre slogan pour vendre votre idée !