29 nov. 2011

I comme...Ikéa

Rendons la place que mérite Ikéa dans le paysage de l'innovation.

Une des marques qui arrive rarement dans le top 10 des marques les plus innovantes et pourtant....pourtant, si elle n'est pas indemne d'erreurs de parcours, rappelons quelques faits :


  • Comment Ikéa a inventé un nouveau concept (modèle d'affaires), copié et recopié depuis : faire faire le travail au client.
    Ikéa, précurseur du kit, de l'implication du consommateur et de la co-création ?
  • Comment Ikéa a investi les différents espaces de la maison : la cuisine, les enfants...tout en proposant des magasins qu'on parcourt comme une exposition.
    Que celles ou ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans un magasin Ikéa lèvent le doigt ?
  • Comment Ikéa observe, décrypte ses clients (Ikéa est la marque qui a lancé la plus grosse étude internationale sur les enfants et le jeu en 2009 avec PlayReport) pour proposer de nouveaux services : Manland (les-"crèches"-pour-papa-qui-préfèrent-regarder-le-foot-pendant-que-maman-fait-les-courses),les Smaland pour enfants,  Ikea Family Live (guide d'inspiration des intérieurs ikeaïens du monde entier).
  • Comment Ikéa a innové sur le fond et la forme pour nous sortir de la crisitude avec le retailnight, les canapés dans le métro, puis la Njut Attitude (profiter, désirer, découvrir, vibrer, s'éclater, délirer, rêver, découvrir, jubiler, vivre).



Pour celles ou ceux qui ont besoin de Njut intensif, votre coach Njut vous attend ci-dessous :


Quelques questions restent en suspens : durable, responsable Ikéa (encore moins qu'Apple) ? Peut mieux faire comme beaucoup d'autres !

Ce qui est sûr, c'est que la marque joue avec virtuosité sur toutes les dimensions du mix-innovation (produits, services, expériences, émotions, communication, distribution...) pour devenir une marque-à-vivre. Ca valait bien un billet de rappel.

23 nov. 2011

H comme...Histoires

De nombreuses histoires autour de l'innovation ont déjà été relatées tout au long de ce blog, mais aussi l'art de raconter des histoires.


L'innovation nécessite de plus en plus l'utilisation d'histoires et de métaphores : des histoires pour distancier et prendre le temps de réfléchir autrement, des histoires pour engager et mobiliser, des histoires pour se "retrouver" au sein des organisations.« L’esprit c’est comme un parachute : il ne fonctionne que lorsqu’il est  ouvert.”
Anthony J. D’Angelo



Le storytelling a déjà fait une bonne partie du travail. Cette méthode n'incarne qu'un aspect de la nouvelle façon de réfléchir autour de l'innovation pour interpeller plus profondément notre capacité à imaginer.
Toutes les entreprises ont développé "le faire" : processus, management de projets, revues d'activités etc... Cette capacité à imaginer a engendré de nouvelles techniques de créativité très puissantes comme l'empathie, l'utilisation de personas, ou le design d'expériences, mais elles restent l'apanage des cellules de développement dédiées dans les entreprises. 



Les histoires ont été cantonnées en entreprise au bénéfice de la (re)construction de mythes fondateurs ou au (re)lifting de campagnes de communication. Utilisons maintenant les histoires pour innover. Quelles histoires et pour quels objectifs ?

Place à l'imagination ! ou si vous souhaitez un coup de pouce pour construire votre livre d'histoires, parlons-en ! 

17 nov. 2011

G comme...Green

J'ai mis un peu de temps avant de m'attaquer à cette fameuse lettre "G" comme "Green". De toutes les lettres, c'est celle qui relève de la plus grande gajeure : résumer en 30 lignes ce qui reste à construire !


N'en déplaise à Michel Pastoureau pour qui le vert est LA couleur, l'innovation verte a souffert et souffre encore de sa couleur : mettez du vert dans votre logo d'agence ou sur votre produit et l'on vous identifiera comme "acteur/produit responsable".

Cela a donné beaucoup de Greenwashing (se revendiquer des valeurs/vertus écologiques avec peu de fondements).

Cela a aussi lancé
la course aux chiffres selon le bon adage "ce qui ne se mesure pas, n'existe pas". Je rappelle que les entreprises ont comparé pendant des années leurs budgets de dépenses R&D pour évaluer leur capacité à innover...jusqu'à se rendre compte qu'il n'y avait pas de corrélation entre montant des investissements et croissance du chiffre d'affaires.

La nouvelle couleur "verte" a aussi permis à de nouvelles approches "vertes" de l'innovation d'émerger : analyse du cycle de vie des produits, Cradle to Cradle, Economie de fonctionnalité, biomimétisme, Stratégie rupturiste Océan Bleu à laquelle on intègre le cadre de l'ISO 26000 pour la verdir etc...

C'est mieux que rien. En innovation, il est toujours préférable de faire un premier pas pour avancer ou réajuster plutôt que d'attendre d'être coincé en face du mur.


Pourtant, aucune (sauf dans le cas du biomimétisme avec ses 3 éléments fondateurs : Ethos/(Re)connect/Emulate), n'intègre la nécessaire prise de conscience pour transformer cette innovation "verte" en "innovation intentionnelle" ("purpose-driven").
Pour exemple (parmi beaucoup d'autres), je vous invite à lire le billet d'Aurélie Barbaux, journaliste à l'Usine Nouvelle, intitulé "Quelqu'un a-t-il l'AVC d'une ampoule basse conso?"



Est-ce que j'ai la solution ? Oui et non...les deux approches les plus intéressantes (déjà citées dans ce blog) sont celles menées par :

  •  ForumFortheFuture parce qu'ils ont inversé le raisonnement autour de l'innovation responsable : ils proposent une liste d'avantages concurrentiels classiques que peut rechercher une entreprise (être plus rentable, conquérir de nouveaux clients...) et ils proposent les méthodologies d'innovation "intentionnelles" adéquates.
  • GOLDEN (Global Organizational Learning and Devlopment Network). Je vous recommande vivement le dernier numéro de Journal of Management Development sur les nouveaux modèles d'affaires verts.
    L'intérêt des recherches menées par ce "Think Tank" provient de leur analyse de l'innovation aujourd'hui dans des contextes rapides : seule une réflexion autour du business modèle peut permettre d'engager durablement l'entreprise sur la voie de l'innovation intentionnelle tout en garantissant la différenciation (petit détail que l'on finirait presque par oublier à force de parler des couleurs, un peu comme le client également qu'on essaie de convaincre ensuite du bien-fondé d'un produit responsable!).
    Selon moi, les recherches de GOLDEN remettent l'innovation au coeur de la réflexion et cela me semble-clé pour sortir des "guerres" de méthodes.
  • Le biomimétisme pourra s'orienter dans la même direction que GOLDEN dès que l'axe de réflexion sera appliqué plus largement à la création de nouveaux écosystèmes et plus uniquement aux nouveaux produits ou services (pour l'instant, les résultats obtenus par l'approche biomimétique rejoignent les autres méthodes "vertes").Néanmoins, les principes du biomimétisme sont ceux qui se rapprochent le plus d'une réflexion stratégique créative "classique" en invitant "naturellement" à s'éloigner de son défi innovation pour aller chercher des solutions, à les affiner, les compléter pour arriver à un résultat novateur, tout en bénéficiant d'une plateforme d'inspiration inépuisable. De plus, la méthode "oblige" la fameuse réflexion pluridisciplinaire, si vitale en matière d'innovation, entre business, designers, ingénieurs, ventes etc...
  • Enfin, la dernière piste, et non des moindres, qui reste à déployer au plus vite c'est celle de "l'état d'esprit" ou l'intention en tant que telle au sein des organisations.
    Il s'agit d'opérer un vrai travail sur la culture, la posture car la notion de responsabilité "embarquée" ne peut plus être uniquement synonyme de chiffre d'affaires ou de marge.
    Pour que l'impact "vert" recherché soit durable, il doit être aligné avec une intention cohérente. Cette intention repose sur trois aspects-clés à développer : la présence, l'authenticité et la capacité de synthèse.
    La présence fait référence à la conscience de soi, des autres, des parties prenantes, de l'écosystème mais aussi la capacité à s'engager et à accepter l'imprévu (l'agilité).
    L'authenticité consiste à savoir synchroniser son intention en fonction des circonstances, des personnes.
    Enfin, la capacité à synthétiser fait appel à l'ouverture d'esprit pour écouter les points de vues différents, pour raisonner à partir de sensations et de réflexions et voir les connections cachées dans des éléments d'informations disparates ou dissonants.
    Pour comprendre les transformations de fond de cette posture, je vous invite à prendre le temps de lire : "the map of meaning".   

Alors l'innovation intentionnelle, c'est pour quand ? Au risque d'être un peu redondante....Ca commence avec vous !